Si l’Alberta est riche grâce au pétrole, pourquoi cette province est maintenant obligée de faire des coupures ?  Telle est la question sur les lèvres de la gauche depuis quelques semaines…

Pour répondre à cette question, allons voir ce que disent les chiffres, le résultat risque d’en surprendre plus d’un…

Pétro-Socialisme

Dans un premier temps, j’attire votre attention sur les programmes d’austérité mis en place par Lucien Bouchard, Mike Harris et Ralph Klein.  L’ampleur varie d’une province à l’autre, mais on peut voir un effort évident pour réduire les dépenses publiques, spécialement en Alberta et en Ontario.

Mais revenons sur le cas particulier de l’Alberta.  Cela peut étonner, mais au début des années 80, cette province dépensait plus que le Québec et beaucoup plus que la frugale Ontario.  Au début des années 90, l’arrivée de Ralph Klein, conjuguée à une baisse spectaculaire des prix du pétrole, engage la province sur le chemin de l’austérité.  Coupure soutenue des dépenses publiques au point où l’Alberta rejoint presque l’Ontario.  Mais, à partir des années 2000, la machine s’emballe et les dépenses explosent.  Cette période coïncide aussi avec l’augmentation du prix du pétrole et l’exploitation à grande échelle des sables bitumineux.

Les chiffres de Statistique Canada, qui s’arrêtent à 2009, montrent que l’Alberta avait presque rejoint le Québec !  Il est fort probable que dans les années qui ont suivi l’Alberta a rejoint sinon dépassé le Québec puisque l’arrivée du Wild Rose a poussé le parti conservateur au centre-gauche de l’échiquier politique.  Lors de la dernière campagne, Alison Redford avait une plate-forme électorale très généreuse.

La question de départ était la suivante: si l’Alberta est riche grâce au pétrole, pourquoi cette province est maintenant obligée de faire des coupures ? La réponse est assez simple: l’Alberta a été aveuglée par ses revenus pétroliers et la province s’est mise à trop dépenser.  L’Alberta n’a pas un problème de revenus, elle a un problème de dépenses.  Le pétrole a tendance à rendre les politiciens fous.  L’euphorie créée par l’exploitation de cette ressource fait en sorte que chaque nouveau dollar qui entre dans les coffres du gouvernement grâce à cette ressource sert de prétexte pour en dépenser 2…

C’est peut-être un aspect positif des moratoires péquiste sur le gaz de schiste.  La journée où le Québec exploitera cette ressource, chaque nouveau dollar qui va entrer dans les coffres du gouvernement sera dépensé plusieurs fois dans une multitude de programmes sociaux inutiles.  Comme pour l’Alberta, la manne des ressources naturelles pourrait se traduire par une détérioration des finances publiques.  Pour un politicien, le pétrole représente l’excrément du diable

Source:
Statistique Canada
Comptes économiques provinciaux et territoriaux : tableaux de données