Québec NationalismeEn fin de semaine avait lieu le conseil général de la CAQ qui a culminé avec le dévoilement du « Projet Saint-Laurent », un machin qui va engloutir des fonds publics en subventions et travaux d’infrastructure.  Autrement dit, rien de bien nouveau sous le soleil…

Question de m’amuser un peu, j’ai imaginé qu’elles auraient pu être les discussions qui ont mené à l’élaboration de ce « Projet Saint-Laurent ».  J’ai l’impression que mon scénario est assez proche de la réalité…

Conseiller politique #1: La prochaine élection arrive à grands pas, nous devons absolument nous trouver un thème pour nous démarquer.

Conseiller politique #2: Nous pourrions parler d’économie, c’est gagnant de parler d’économie en ce moment !

Conseiller politique #1: Bonne idée, nous pourrions annoncer un vaste plan de réduction des impôts, des taxes, de la paperasse et de la réglementation pour les entreprises !

Conseiller politique #2: Mauvaises idées.  Baisser les impôts ça ne permet pas de couper des rubans ou de faire de bons photo-ops, c’est trop impersonnel, trop vague, trop abstrait et difficile à vendre à la population, pas assez émotif.  Les gens ne verront pas l’utilité.  En plus, ce n’est jamais vendeur au Québec de rendre la vie trop facile aux entrepreneurs.

Conseiller politique #1: Ouais, tu as raison…  Que devons-nous faire alors ?

Conseiller politique #2: Nous ferons ce qu’on fait toujours au Québec quand on veut parler d’économie, nous allons annoncer un programme de subventions et de dépenses publiques !  On ne change pas une formule gagnante.  C’est simple, direct et facile à comprendre pour les électeurs.

Conseiller politique #1: Génial, si c’est l’État qui subventionne et qui paye, nous pourrons décider quel type d’entreprises nous voulons et où nous les voulons.  Si on ne fait que baisser les impôts, les entreprises pourront faire ce qu’elles veulent.  Non seulement nous ne pourrons pas en prendre tout le crédit, mais en plus on ne peut pas faire confiance aux entrepreneurs pour choisir des projets économiques structurants qui sont porteurs d’avenir et profitables au bien commun.  La classe politique doit garder le contrôle sur tout ça, contrairement aux entrepreneurs nous sommes élus, donc nous savons ce qui est bon pour la société.

Conseiller politique #2: Oui, il est plus facile de vendre un projet avec un plan quinquennal, cela impressionne et rassure les gens de savoir que nous pouvons planifier le développement économique en tirant sur les bons leviers.  Les Québécois aiment quand le gouvernement fait des projets de société. Par contre, juste donner des subventions et dépenser de l’argent ce n’est pas sexy, il faut trouver un slogan accrocheur.  Que dis-tu de « Projet St-Laurent » ?

Conseiller politique #1: Fantastique.  Tout le monde sait ce qu’est le St-Laurent, tout le monde aime le St-Laurent, en plus on peut y ajouter un spin nationaliste en disant que les Québécois vont se réapproprier leur fleuve.

Conseiller politique #2: Tu as tout compris.  On a un slogan accrocheur qu’on pourra vendre avec de belles images du fleuve qui s’adresseront aux émotions des électeurs.  Voilà comment on fait du développement économique au Québec.