Le Monde

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« La France consacre trop d’argent à sauver des secteurs en déclin »
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La France a consacré beaucoup trop d’énergie, de temps et de subventions à sauver des secteurs en déclin, en perdant de vue les autres voies qui passent par le renouvellement ou la conquête de nouveaux secteurs industriels. Notre économie ne peut pas être tirée par une industrie qui a été conçue soit après la seconde guerre mondiale pour l’automobile, soit dans les années 1970 pour Airbus, le TGV ou le nucléaire. Les dirigeants de l’industrie automobile disent eux-mêmes que pour qu’elle survive, il faut supprimer des postes.

Beaucoup de monde y trouve son intérêt. Le patronat et les syndicats sont enclins à défendre les industries vieillissantes. Le patronat semble n’avoir qu’une obsession : assouplir le droit du travail pour réduire toujours plus le coût de la main-d’oeuvre, et sauver ce qui peut l’être. Les syndicats sont surtout présents dans la vieille industrie et le secteur public. Ils défendent donc la survie de ces secteurs, sans suffisamment se préoccuper du sort de ceux qui sont précarisés, pour sauver l’industrie. Cependant, quand la demande de flexibilisation est trop forte, ils finissent généralement par céder, pas sur les droits de ceux qu’ils représentent, mais sur ceux des gens peu syndiqués, à savoir les non-diplômés, les femmes, les jeunes ou les migrants qui travaillent dans les services et pour qui les emplois atypiques se multiplient.

Deux observations.

Premièrement, en France, tout comme au Québec, on semble disposé à sacrifier les emplois du futur pour sauver les emplois du passé.

Deuxièmement, en France comme au Québec, les syndicats ont développé la fâcheuse tendance à sacrifier certains groupes de la population pour sauver leurs fesses… Libérez-nous des syndicats !