Il y a quelque chose de gênant à voir que seul le Québec, appuyer par ses syndicats, se mobilise pour contrer la réforme de l’assurance-emploi des conservateurs. Il y a bien quelques initiatives au Nouveau-Brunswick, mais c’est essentiellement au Québec que l’on chiale…

De voir principalement des politiciens et des syndicalleux québécois protester contre la réforme de l’assurance-emploi, constitue la plus belle preuve de l’échec du modèle québécois.   Si le modèle québécois nous avait donné une économie dynamique et prospère, comme c’est le cas dans la majorité des autres provinces, personne au Québec ne dénoncerait cette réforme, au contraire, elle serait saluée.  Pour le moment, la seule réalisation du modèle québécois aura été de faire du chômage une…  valeur québécoise… Un constat affligeant…

Pour prendre mesure de ce phénomène de dépendance vis-à-vis l’assurance-emploi, il suffit de regarder l’évolution de la durée moyenne du chômage depuis 1976:

Assurance-Emploi
Avant l’introduction du nouveau questionnaire de l’Enquête sur la population active, les données sur la durée du chômage étaient codées selon une limite supérieure de 99 semaines, étant donné que les valeurs ayant plus de deux chiffres ne pouvaient être traitées. Cependant, cette restriction ne s’applique plus avec le nouveau questionnaire. En conséquence, deux séries sont fournies pour la durée moyenne du chômage : a) une sans limite supérieure pour la durée du chômage qui débute en 1997 et b) une autre ayant une limite supérieure de 99 semaines pour les années 1976 à la plus récente.

La moyenne québécoise a toujours été au-dessus de la moyenne canadienne.  Les deux courbes se sont rapprochées lors de la dernière récession, mais maintenant que l’économie repart, on peut voir la même tendance se profiler.

Voici ce qu’on obtient pour dans chaque province:

Assurance-Emploi

Le Québec est bon dernier…  À titre indicatif, 22,2 semaines c’est presque 6 mois…  L’assurance-emploi est devenue un mode de vie !

L’Ontario talonne le Québec, mais rappelons qu’en 2008, avant la récession, la durée moyenne était de 14,6 semaines.

Jean Chrétien a déjà dit que si le Québec ne changeait rien, la province finirait par devenir un gros Nouveau-Brunswick.  Au début des années 80, la durée moyenne du chômage au Nouveau-Brunswick était de 17,7 semaines contre 16,9 au Québec.  Aujourd’hui, force est de constater que le Québec est devenu quelque chose d’encore pire qu’un gros Nouveau-Brunswick…

Voilà le résultat de cinquante ans de révolution tranquille et de modèle québécois…  Il serait temps de passer à autre chose…

Source:
Statistique Canada
Tableau 282-0048