Gauche = ViolenceQue nous réserve le sommet sur l’éducation supérieure du PQ qui se déroulera la semaine prochaine ?

Selon moi, tout ce qui touche la question des frais de scolarité est déjà réglé et des promesses ont déjà été faites en retour des bons services rendus.  Les ententes sont déjà écrites et elles ont déjà été signées par la FEUQ et la FECQ si bien que lorsque le sommet débutera l’encre sera sèche depuis belle lurette.  Il y aura une indexation des frais de scolarité et en retour Martine Desjardins et Éliane Laberge vont obtenir un gel des frais afférents ou un machin du genre…  Le tout sera sans importance, car l’objectif du sommet ne sera pas de discuter du financement des universités.  Pour le PQ, la seule fonction de ce sommet sera de sauver la face au ministre Duchesne et pour la FEUQ/FECQ de consolider leur position comme fédérations étudiantes crédibles et légitimes.  Autrement dit, ce sommet aura comme principal objectif de casser l’ASSÉ.

Le PQ veut se débarrasser de l’ASSÉ, car il est impossible de négocier avec un chien enragé; la FEUQ et la FECQ veulent se débarrasser de l’ASSÉ pour éviter de voir leur membership être grevé par des communistes de salon.  Qui dit membership dit cotisation…

Le sommet sera donc une occasion en or pour le PQ et ses alliés politiques de casser l’ASSÉ.  Ce travail de sabotage sera subtil, les adultes autour de la table ne parleront pas de Jérémie Bédard-Wien et de ses carrés rouges.  On verra plutôt Martine Desjardins, Éliane Laberge, Pierre Duchesne et les syndicats s’échanger des sourires, se retourner des politesses, et dialoguer sur un ton bon enfant.  Le but de cette pièce de théâtre sera de montrer que la FEUQ et la FECQ sont responsables, capables d’influencer le gouvernement et de parvenir à une solution pouvant satisfaire leurs membres.  Autrement dit, d’un côté une aura des gens souriant avec un ministre et de l’autre des gens enragés avec qui il est impossible de négocier.

Au moment où le sommet prendra fin et que Martine Desjardins, Éliane Laberge, les syndicats et Pierre Duchesne s’échangeront des poignées de main, l’ASSÉ se retrouvera coincée.  Sans l’appui de la FEUQ et la FECQ, elle sera incapable de mobiliser une quantité significative d’étudiants pour déclancher un mouvement de grève, elle se retrouvera marginalisée et on pourrait même voir des étudiants délaisser l’ASSÉ au profit de la FEUQ et la FECQ, sachant que ces deux fédérations, bien qu’imparfaites, peuvent néanmoins obtenir des résultats concrets.

En se retirant du sommet sur l’éducation, l’ASSÉ s’est autopeluredebananisé…  L’ASSÉ a probablement sur-estimer sa capacité à mobiliser les étudiants, elle a sur-estimé sa capacité à s’attirer la sympathie du public et elle a surtout sous-estimé les conséquences de voir les deux autres fédérations à signer une entente dont elle serait exclue…  Ces trois erreurs pourraient reléguer cette association que l’on voyait toute puissante le printemps dernier au rang de quantité négligeable…

Et pendant que cette pièce de théâtre se déroulera sous nos yeux, aucune solution ne sera trouvée pour sortir les universités québécoises de leur marasme… Pour faire avancer leur cause, les politiciens s’assureront que le Québec continue de tourner en rond…