C’est devenu une tradition à chaque début d’année, le « Centre canadien des politiques alternatives », un think tank socialiste, publie une dépêche larmoyante sur les cent PDG les mieux payés pour nous convaincre qu’ils sont trop payés, laissant ainsi faussement sous-entendre que sans ces méchants PDG, il n’y aurait pas de pauvres au Canada… Un bel exercice de populisme et de démagogie.

Pour s’en convaincre, adoptons le point de vue des marxistes et supposons que le gouvernement décide de prendre des mesures extrêmes pour redistribuer la richesse en confisquant la totalité des revenus des cent PDG les mieux rémunérés pour ensuite redistribuer cet argent vivant sous le seuil de faible revenu. En 2011, avec cette mesure, le gouvernement pourrait mettre la main sur 875,5 millions de dollars pour ensuite envoyer des chèques de 266$ aux gens vivant sous le seul de la pauvreté, ce qui représente 73¢/jour. En bref, en détruisant tout un pan de l’économie canadienne, on pourrait augmenter pendant un an le salaire des plus pauvres de… 1,8% !

Quoi qu’il en soit, cette année selon le « Centre canadien des politiques alternatives », les cent chefs d’entreprises les mieux rémunérés en 2011 ont empoché un traitement moyen qui représentait 235 fois le salaire moyen.  Je présume donc que pour nos penseurs socialistes, ce ratio est trop élevé i.e. quand celui-ci diminue, la société s’en porte mieux.

Vraiment ?

Allons voir comment cet indice a évolué dans le temps:

Inégalité Richesse

En 2006-2007 et 2010-2011, les ratios ont augmenté durant ce qui a été des périodes de croissance économique. Le seul moment où le ratio a diminué, c’est en 2008-2009, quand la récession a frappé.  Les socialistes du « Centre canadien des politiques alternatives » sont-ils en train de nous dire que durant la dernière récession les conditions de vie des gens ordinaires se sont améliorées, car les PDG ont été moins bien payés ?

Si la récession a permis une répartition plus équitable de la richesse, je connais bien peu de personnes qui sont assez bêtes pour dire que cette répartition, découlant de la récession, a contribué à améliorer le sort des gens ordinaires. Qui ici est assez bête pour prétendre que les récessions améliorent le sort des gens ?  C’est plutôt lors des périodes de croissance économique, caractérisées par une augmentation des écarts de richesses, que les petits travailleurs s’en tirent le mieux.

Voilà qui prouve qu’il est préférable de vivre inéquitablement dans la richesse que de vivre équitablement dans la pauvreté. Mais voyez-vous, l’idéologie des socialistes c’est l’idéologie de la jalousie. Par conséquent, la gauche se fiche pas mal du sort des pauvres, ce qui compte c’est de punir les riches.

La seule chose que les socialistes ont véritablement fait pour les pauvres est de leur donner beaucoup de compagnies…

Le tout merveilleusement bien résumé par Margaret Thatcher:

Imaginons le scénario suivant…

  • Dans la société “A”, le revenu annuel par habitant des plus pauvres est de 10 000$ et celui des plus riches est de 100 000$. Autrement dit, les plus riches gagnent 10 fois plus que des pauvres.
  • Dans la société “B”, le revenu annuel par habitant des plus pauvres est de 100$ et celui des plus riches est de 500$. Autrement dit, les plus riches gagnent 5 fois plus que des pauvres.

Il ne fait aucun doute que la société “A” est plus inégalitaire que la société “B”. Mais dites-moi, dans laquelle de ces deux sociétés les pauvres s’en tirent-ils le mieux ? Dans la très inégale société “A” où les plus pauvres gagnent 10 000$/an, ou encore dans la très égale société “B” où les plus pauvres gagnent de 100$/an ?

Sources:
Canadian Centre for Policy Alternatives
The Great CEO Pay Race (2006)
BANNER YEAR FOR CANADA’S CEOs Record High Pay Increase (2007)
A Soft Landing Recession and Canada’s 100 Highest Paid CEOs (2008)
RECESSION-PROOF Canada’s 100 best paid CEOs (2009)
Canada’s CEO Elite 100 The 0.01% (2010)
Overcompensating (2011)