À moins de vivre sous une roche, vous êtes tous probablement au fait de « l’Affaire Fabi ». L’animateur s’en tire plutôt bien, n’ayant reçu qu’une suspension sans solde de trente jours.

Mais je veux vous parler des auditeurs de Jacques Fabi, qui ont été nombreux dans la nuit de lundi à mardi à minimiser l’affaire, à dire qu’ils étaient tristes de perdre un animateur qu’ils aimaient et appréciaient.  Pour certains, les propos entendus n’étaient que de la banale « quincaillerie », ou encore on comparait le tout au langage châtié des humoristes, certains allant même jusqu’à dire que la seule faute de Jacques Fabi était de ne pas s’être exprimé de la bonne façon…

À croire que ces gens n’ont qu’une vision très abstraite et très approximative des horreurs de l’holocauste; qu’ils ne sont pas tout à fait conscients des abominations perpétrées durant cette période de notre histoire…  Et je me suis dit que pour éduquer les gens, on devrait peut-être diffuser « Nuit et brouillard », un documentaire réalisé par le légendaire Alain Resnais en 1955 et qui traite de la déportation et des camps de concentration nazis.  Trente-deux minutes qui glacent le sang…

À voir, revoir et partager pour que jamais on n’oublie…

Nuit et Brouillard

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« Le crématoire est hors d’usage. Les ruses nazies sont démodées. Neuf millions de morts hantent ce paysage. Qui de nous veille dans cet étrange observatoire pour nous avertir de la venue de nouveaux bourreaux ? Ont-ils vraiment un autre visage que le nôtre ? Quelque part, parmi nous, il y a des Kapos chanceux, des chefs récupérés, des dénonciateurs inconnus. Il y a tous ceux qui n’y croyaient pas, ou seulement de temps en temps. Et il y a nous qui regardons sincèrement ces ruines comme si le vieux monstre concentrationnaire était mort sous les décombres, qui feignons de reprendre espoir devant cette image qui s’éloigne, comme si on guérissait de la peste concentrationnaire, nous qui feignons de croire que tout cela est d’un seul temps et d’un seul pays, et qui ne pensons pas à regarder autour de nous, et qui n’entendons pas qu’on crie sans fin. »