CorruptionPour enrayer la corruption dans le monde municipal, le PQ a proposé de limiter à 3 le nombre de mandats des maires à la tête des municipalités de plus de 5 000 habitants de la province. On pourrait débattre longtemps de l’utilité d’une pareille mesure, mais je vais m’en tenir aux aspects pratico-pratiques de cette loi.

En 2005, le Ministère des Affaires municipales a publié une étude sur le nombre de candidats élus sans opposition lors des élections municipales qui se sont tenues à la grandeur du territoire.  Cette année-là, dans les municipalités de 5 000 habitants et plus, 48 des 189 maires ont été élus sans opposition, soit 30,2%.  Si on étend l’analyse à l’ensemble des municipalités, c’est 52,5% des maires dans 1 106 municipalités qui ont été élus sans opposition.

Bien que la loi ne spécifie rien au niveau des conseillers municipaux, précisions tout de même que dans les municipalités de 5 000 habitants et plus, 319 des 1 327 conseillers ont été élus sans opposition; une proportion de 24,0%.  Sur l’ensemble du territoire, c’est 58,4% des 7 010 conseillers qui ont été élus sans opposition.

En théorie, ce n’est pas une mauvaise idée de vouloir limiter le nombre de mandats des élus, mais dans la pratique, quand on voit le désintéressement des citoyens à briguer les votes des électeurs, on se rend compte que le malaise est beaucoup plus large que la corruption, sans compter qu’en limitant le nombre de mandats, on se demande si certaines municipalités ne se retrouveront pas sans maire…

Source:
Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire
Profil des élus sans opposition aux élections municipales 2005