CorruptionLors de son passage devant la commission Charbonneau, le loquace Lino Zambito a affirmé qu’on l’avait forcé à utiliser des tuyaux de béton armé fabriqués par la firme Tremca dans le cadre de travaux réalisés pour la ville de Montréal.  Ces tuyaux représentaient une dépense supplémentaire de 300 000$ et on l’aurait informé que cette somme était remise à Robert Abdallah, directeur général de la Ville de Montréal à cette époque.

Mais à ceux qui pensent que la corruption a été inventée par le maire Gérald Tremblay, je vous rappelle que cette occupation est vieille comme le monde…

M’étant rappelé que j’avais déjà vu le nom « Tremca » passer dans l’actualité, j’ai décidé de faire quelques recherches…  De fil en aiguille, j’ai fait quelques découvertes intéressantes…

Tout d’abord, j’ai été aiguillé par cet article publié dans Le Devoir, le 20 septembre 1993 et ayant pour titre « Les contribuables pourraient devoir payer un million de plus »:

Québec et les contribuables de la région de Saint-Jean-sur-Richelieu risquent de perdre un million $ parce que l’appel d’offres destiné à l’achat d’une conduite de refoulement de 900 mm dans le système d’interception des eaux usées municipales a exclu de la liste des soumissionnaires les fabricants de conduites en PVC, ce qui a réservé l’exercice aux seuls fournisseurs de conduites en béton.

Des deux sociétés, qui ont proposé des conduites en béton, c’est la société , qui a soumis la plus basse avec un prix supérieur à 2,7 millions $. Son concurrent, Tremca, a soumis une offre à 3,1 millions $ pour cette conduite d’une longueur de 5,5 km.

La semaine dernière, M. Gaétan Lefebvre, le président de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ), alertait les médias en affirmant que «certaines influences ont fait en sorte que l’analyse d’une conduite en PVC soit écartée du revers de la main» de façon à limiter cet appel d’offres aux seuls fournisseurs de matériel en béton.

Quelques détails intéressants au sujet de la société Hyprescon, qui a remporté l’appel d’offres…

Voici ce qu’on pouvait lire dans La Presse, le 14 septembre 1993, dans un texte ayant pour titre « Le ministère de l’Environnement accusé de lancer un appel d’offres manigancé »:

Le cabinet du ministre de l’Environnement, Pierre Paradis, a autorisé le choix d’un tuyau en béton-acier sans consulter les ingénieurs du ministère, ajoute M. Lefebvre.

Selon lui, ce choix favorise la compagnie Hyprescon Inc., présidée par Antonio Accurso à Saint-Eustache. «Seule cette compagnie a déjà fabriqué des tuyaux de béton-acier d’un diamètre de 900 millimètres, tel que demandé par l’appel d’offres», indique M. Lefebvre.

Pierre Desjardins, l’ancien président de l’Ordre des ingénieurs du Québec, siège au conseil d’administration de Hyprescon en tant que représentant du Fonds de solidarité des travailleurs du Québec.

Le monde est vraiment petit…