Le Conseil Des Ministres du PQ

Lors de la présentation de ses ministres, Pauline Marois a promis d’être « intraitable » sur les questions d’éthique.  Je me suis donc amusé à fouiller dans le passé de certains ministres péquistes pour savoir s’ils étaient tous « intraitables »…

Bernard Drainville: Ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne Président du Comité ministériel de l’identité.  Voici ce qu’on pouvait lire sur Bernard Drainville dans Le Devoir (9 février 2007):

Le journaliste Bernard Drainville a lui-même sollicité le Parti québécois afin d’en porter les couleurs lors des prochaines élections générales, a appris Le Devoir d’une source péquiste sûre.

Or l’aspirant candidat, qui est en congé sans solde de la télévision de Radio-Canada, a affirmé en conférence de presse hier que les premiers pas ont été faits par l’ancien premier ministre Jacques Parizeau.

Faire son entrée dans l’arène politique sur ce qui semble être un mensonge…  Pas très éthique, surtout quand on sait que quelques jours avant de faire le saut avec le PQ, Drainville utilisait son temps d’antenne à Radio-Canada pour critiquer l’ADQ et interviewer André Boisclair, le chef du PQ…

Marie Malavoy: Ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport. Voici ce qu’on pouvait lire sur Marie Malavoy dans La Presse (26 novembre 1994):

Une étoile montante au sein du gouvernement Parizeau s’est transformée hier en étoile filante. Ministre de la Culture, des Communications et ministre responsable de la Charte de la langue française, Marie Malavoy a démissionné deux mois seulement après avoir été nommée au cabinet.

Mme Malavoy quitte ses fonctions parce qu’elle a, jusqu’à l’an dernier, voté illégalement à plusieurs scrutins, y compris au référendum de 1980. Ce n’est que le 6 octobre 1993 que la démissionnaire, née à Berlin en 1948, mais de nationalité française, a obtenu la citoyenneté canadienne.

Elle a admis connaître les lois électorales et se savait en état de «désobéissance civile».

Voter illégalement et ensuite plaider la « désobéissance civile »…  Éthique intraitable ?

Pierre Duchesne: Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie. Voici ce qu’on pouvait lire sur Pierre Duchesne dans La Presse (5 juin 2012):

Des rumeurs l’envoyaient en politique active, du côté du Parti québécois, «ce n’est pas fondé» tranche-t-il, soulignant n’avoir aucun projet de faire le saut en politique active. «Je ne suis pas dans un scénario de politique, j’ai été bâti à l’école du journalisme, avec des règles d’éthique. Là je suis plutôt dans le deuil de Radio-Canada», a-t-il conclu.

Pierre Duchesne a nié vouloir faire le saut en politique active, car il avait « des règles d’éthique bâties à l’école du journalisme »…  Un autre journaliste de Radio-Canada qui s’est joint au PQ dans des circonstances plus ou moins éthiques…

Diane De Courcy: Ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles Ministre responsable de la Charte de la langue française. Voici ce qu’on pouvait lire sur Diane De Courcy dans le Journal de Montréal (15 avril 2012):

Alors que la Commission scolaire de Montréal fait face à un déficit de plus de 19 M$, les dépenses de sa présidente, Diane de Courcy, ont augmenté de plus de 60% au cours des derniers mois.

Alors de Mme De Courcy a réclamé une somme de 10 070$ en 2010-2011, la note pour ses comptes de dépense s’élève déjà à 16 207$ pour l’année en cours, révèle une compilation effectuée par la Coalition avenir Québec (CAQ).

Et là je ne parle même pas des nombreux cas de moisissure et du taux de décrochage catastrophique dans les écoles de la Commission scolaire de Montréal. Intraitable vous dites ?

Élaine Zakaïb: Ministre déléguée à la Politique industrielle et à la Banque de développement économique du Québec. Voici ce qu’on pouvait lire sur Élaine Zakaïb dans L’Actualité (23 mai 2002):

Originalement, le montage financier du projet [relance de la Gaspésia] devait être complété à hauteur de près de 100 M$ par du financement bancaire. C’est à ce sujet qu’il y a entre autres des changements. En effet, le financement bancaire a été réduit à environ 70 M$, explique Hélène Zakaib, une responsable de la relance de l’usine Gaspésia au Fonds de solidarité.

Selon elle, cela ne veut pas dire que les institutions financières ne sont pas intéressées par le projet de relance de la Gaspésia. «Les grands projets sont toujours difficiles à financer», affirme Mme Zakaib. Trois institutions financières auraient été approchées, dont une du Québec. «Mais il n’y aura pas de syndicat financier. On va choisir l’une des trois institutions», dit-elle, tout en précisant qu’une annonce sera faite sous peu.

La réouverture de la Gaspésia est prévue pour 2004. Seulement la moitié des 560 travailleurs en poste en 1998 retrouveront leur emploi.

La ministre déléguée à la Politique industrielle et à la Banque de développement économique du Québec, une ex de la FTQ qui a participé au financement de la relance de la Gaspésia, l’un des plus gros gouffres financiers de l’histoire du Québec… Voilà qui me rend « intraitablement »  rassuré !

Pour terminé, une petite anecdote sur Nicolas Marceau, le ministre des Finances, publié dans Le Devoir (11 avril 2011):

Au PQ, les députés Nicolas Marceau (Rousseau), Marie Malavoy (Taillon) et Sylvain Simard (Richelieu), notamment, voudraient aller dans le même sens que leur ancien collègue. Selon plusieurs sources, ils plaident pour une indexation, voire une hausse des droits de scolarité. «Notre position, c’est que nous sommes favorables à l’indexation, nous croyons que l’indexation au rythme de l’inflation, c’est raisonnable», a déclaré M. Marceau à la mi-mars, à RDI et à TVA.

Espérons que le nouveau ministre des finance aura le courage de de défendre la même position dans les mois à venir !