Si vous êtes comme Jean-François Lisée, vous pensez probablement que la corruption au Québec a débuté il y a 9 ans, avec l’arrivée de Jean Charest. Les gens un peu plus intelligents auront sans doute déjà compris que la corruption est aussi vieille que le Québec… Voici une série de billets sur des histoires de corruption qui ont été oubliées… et qui aident à comprendre les événements actuels…

CorruptionSi je vous dis « Oxygène 9″, à quoi pensez-vous ?

Probablement rien…  « Oxygène 9″ c’est une grosse histoire de corruption québécoise qui s’est déroulée au début des années 2000, à l’époque le PQ était au pouvoir.

Oxygène 9 était une firme de lobbyiste qui se spécialisait dans « la consultation en gestion stratégique, en financement de projets et en développement de marché ».  Autrement dit, un machin qui servait surtout à obtenir des subventions du gouvernement.

Oxygène 9 était dirigée par Raymond Bréard, directeur général du PQ et ami de longue date de Bernard Landry de même qu’André Desroches, un membre de la famille péquiste qui fut l’organisateur politique et ami de Gilles Baril, un influent ministre péquiste à l’époque.   Chez Oxygène 9, André Desroches et Raymond Bréard utilisaient leurs contacts auprès du PQ, notamment Gilles Baril, pour aider des entreprises à obtenir des subventions, se prélevant au passage de généreuses commissions (10-15% du montant de la subvention).  À l’époque, les liens étaient si étroits entre le PQ et Oxygène 9 que de nombreux membres influents du gouvernement péquiste ont assisté au party de Noël organisé par Oxygène 9.

Par exemple, André Desroches a reçu un salaire de 20 000$ par mois de la part de la STM pour obtenir une subvention du ministère de Gilles Baril pour moderniser des autobus. Oxygène 9 a aussi été grassement payé pour servir d’intermédiaire lors de l’octroi de subventions pour le Festival de Jazz, le Festival Juste pour Rire, le Carnaval de Québec et le Grand Prix de Trois-Rivières, etc.  À l’époque Oxygène 9 a reçu 400 000$ de commission pour des subventions obtenus pour le milieu culturel.

Dans la foulée du scandale Oxygène 9, on a aussi appris à l’époque que le Groupe Vaugeois, dirigé par Sylvain Vaugeois, un proche du premier ministre Bernard Landry, a reçu plusieurs millions de dollars en ristourne pour l’obtention de crédit d’impôt lors de la création de la Cité du multimédia…

L’histoire retiendra aussi que le ministre Gilles Baril aura du démissionné dans la foulée du scandale Oxygène 9. Il était alors ministre responsable du développement du Nord québécois (plan nord péquiste…). Un mois plus tard, il sera nommé directeur du bureau d’Hydro-Québec International à Santiago, au Chili…

Dans une société, plus le gouvernement distribue de subventions, de permis et d’autorisations, plus les gens auront un incitatif à recourir aux pots-de-vin pour obtenir un permis, une subvention ou une autorisation. Dans une société, plus l’État est gros et omniprésent, plus il y a de possibilités de corruption.

Ceci n’est qu’un très bref survol de l’affaire, désormais oublié, Oxygène 9.  Pour en savoir plus et réaliser que la corruption n’est pas une invention du parti libéral, je vous invite à consulter le lien donné à la fin de ce billet.

P.-S. Je me demande combien de reportages Pierre Duchesne et Bernard Drainville ont consacrés au scandale Oxygène 9… Si les médias avaient été aussi durs avec le PQ qu’avec le PLQ sur la corruption, personne n’aurait oublié ce que veut dire Oxygène 9 et peut-être qu’on aurait pu enrayer ce cancer plus rapidement. Mais ce faisant les journalistes auraient pu asséner un coup mortel à leurs amis péquistes…

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Source:
ENAP
Le cas Oxygène 9