Antagoniste


27 août 2012

Diviser pour régner Élection 2012 Québec

Wedge issue: un « wedge issue » est un enjeu social, souvent controversé, qui divise et polarise la population. Les « wedge issue » ont pour but d’affaiblir l’unité d’une population avec pour objectif d’inciter les individus polarisés à se choisir un camp et à devenir des militants actifs. Les campagnes électorales qui utilisent ces questions litigieuses le font pour exploiter et exacerber des tensions au sein de la population et se préoccupent seulement de l’attitude des gens qui peuvent voter pour eux.

Wedge IssueLe Parti Québécois est dangereux, intolérant et liberticide, mais le 4 septembre prochain Pauline Marois sera à la tête d’un gouvernement qui, s’il n’est pas majoritaire, pourra probablement compter sur l’appui de Québec Solidaire. En bref, ce sera la deuxième grande noirceur.

Comment le PQ aura-t-il réussi ce tout de force alors qu’il y a un an à peine on prédisait la fin de ce parti ?

La réponse à mon sens est plutôt simple: dans cette campagne, le PQ aura été le seul parti à utiliser efficacement des « wedge issue ».  Dans le cas présent, les « wedges » utilisés furent ceux de la langue et du référendum.

Ce qui ressort de la campagne péquiste ce sont leurs positions radicales en matière de langue (fermeture des CÉGEPs anglophones, faire des immigrants ne parlant pas français des citoyens de seconde classe, rendre la loi 101 encore plus liberticide) et leur obstination à vouloir un référendum…  Des enjeux qui ne laissent personne indifférent et qui divisent profondément la population.  On oblige chaque personne à prendre position dans un camp ou dans l’autre, impossible de rester sur la ligne de touche.

Dans une lutte à trois, la « wedge politics » est particulièrement efficace.  Non seulement elle permet de motiver la base électorale du parti, que ce soit pour avoir des bénévoles, recueillir des dons ou tout simplement pour s’assurer de faire sortir le vote, mais en plus cette polarisation de l’électorat fait en sorte que ceux qui sont contre la position adoptée vont diviser leur vote chez les deux autres partis restants.  Quand on fait de la « wedge politics » nul besoin d’avoir un enjeu populaire, une position qui peut polariser efficacement la population n’a besoin que d’être partagée par seulement 30% de l’électorat pour donner une victoire électorale.

Avec la langue et la souveraineté, le PQ a fait plaisir à ses caribous qui ne représentent 30-35% de l’électorat québécois.  La majorité qui n’est pas d’accord s’est éparpillée à la CAQ et au PLQ.

Le « wedge issue » du PQ a été d’autant plus efficace que ni le PLQ ou la CAQ n’ont joué efficacement cette carte.

Du côté du PLQ, on espérait sans doute faire des carrés rouges un « wedge issue », mais Jean Charest a été victime de l’efficacité de la Loi 78 qui a brisé la nuque du mouvement étudiant.  Sans leur « wedge », la campagne libérale est devenue fade, sans saveur, sans éclat et complètement inintéressante.  On n’excite pas les passions de l’électorat en annonçant un programme pour avoir des taxis écologiques ou pour ouvrir un site web sur l’information locale

Pourtant, même sans les carrés rouges, le PLQ aurait pu faire des syndicats et de la fin de la culture de la gratuité au profit d’un système utilisateur-payeur des « wedge issue » tout aussi redoutables que ceux utilisés par le PQ.  Mais Jean Charest a plutôt opté pour une campagne beige qui n’a intéressé personne, chaque annonce ayant rapidement sombré dans l’oubli vu leur nature convenue…

Le thème des syndicats a été repris par François Legault quand il a accusé, lors du débat, Pauline Marois d’être la reine du statu quo et des syndicats.  Cette réponse a immédiatement polarisé l’électorat et, l’espace d’un instant, changée la dynamique de la campagne en interpellant la population sur un enjeu qui, à mon avis, est encore plus puissant que celui de la langue et du référendum.

En parlant des syndicats, Legault a lancé un gros steak bien juteux à sa base électorale tout en obligeant l’ensemble de la population à se choisir un camp: vous êtes avec les syndicats ou vous êtes avec ceux qui veulent faire le ménage. Au Québec, tout le monde a une opinion sur les syndicats et en plus ils sont peu populaires suite à leurs frasques dans le monde de la construction et de l’éducation.  Mais depuis, la CAQ a malheureusement modéré ses ardeurs

Diviser, polariser et mobiliser; voilà comment une élection se gagne et pour le moment, le PQ est celui qui a eu le plus de succès sur ce terrain.  D’autant plus que le PQ a ouvert un nouveau « wedge » depuis hier: conservateurs contre progressifs.


27 août 2012

Le monstre syndical Économie Élection 2012 En Chiffres Gauchistan Québec

François Legault sera-t-il celui qui va enfin remettre à sa place les syndicats québécois ?

Une chose est sûre, faire un grand ménage dans le Code du travail pour rétablir un rapport de force plus juste entre le patronat et les syndicats s’impose si l’on veut remettre le Québec sur le chemin de la prospérité.

État de la situation depuis l’arrivée au pouvoir de Jean Charest:

Syndicats

Certains diront que tout va bien au Québec, car nous sommes avant-derniers et non pas derniers. De mon côté, j’ai des attentes plus élevées pour le Québec.

Sources:
Statistique Canada
Tableau 278-0009
Tableau 282-0077


27 août 2012

Les péquistes: des bluenecks Coup de gueule Élection 2012 Québec Revue de presse

National Post

Marois outdoes her predecessors with the most discriminatory platform Canada’s seen in years
National Post

[Marois] has, by common consent, run on the most frankly discriminatory platform of any party leader in this country’s recent history: from forbidding public servants to wear any religious symbol but the crucifix, to barring non-French speakers from running for public office, to the platform’s precisely worded anguish at the numbers of those living in Montreal whose “mother tongue” is something other than French. Add to that the promise of further restrictions on the use of English in the schools and in the workplace, and in a sense we are already in another country: it is hard to believe we are discussing life in 21st century Canada.

But make no mistake. The ethnocentric positions that have appalled so many commentators, at least outside Quebec, did not spring new-born from Marois’ fevered brow. The particular position of the province’s francophones, a majority within the province that nevertheless sees itself as an imperilled minority within North America, has given licence to a majoritarianism that would be repugnant anywhere else. Every province has its share of rednecks, but in no other province are they given the leadership of major political parties.

Si le parti républicain aux États-Unis faisait la promotion des mêmes mesures identitaires que celles proposées par le PQ, l’ensemble de la société américaine aurait, avec raison, accusé les républicains de racisme.

Mais au Québec, ça passe…