Depuis le début de la campagne, le PQ et la CAQ ont abondamment parlé de nationalisme économique…
Cet enjeu électoral nous rappelle, comme le disait Wilfrid Laurier, que les Canadiens-français n’ont pas d’opinion, ils sont des émotions…
Mise en situation. Vous êtes un entrepreneur montérégien à la tête d’une petite PME. Un homme d’affaires du Saguenay vous contacte pour vous dire qu’il serait très intéressé à investir dans votre compagnie. Qu’elle serait votre réaction ?
A) Cette offre vous emballe, elle va vous permettre de prendre de l’expansion et de mieux faire connaître votre produit. Pour vous, c’est un signe que votre entreprise est bien gérée, car elle inspire assez confiance pour attirer de nouveaux investisseurs.
B) Vous informez l’homme d’affaires qu’il n’est pas question d’accepter de l’argent qui provient du Saguenay. Votre entreprise étant montérégienne, vous acceptez uniquement les investissements des gens de votre région. Pour vous, il n’est pas question de voir un Saguenayen venir en Montérégie pour exploiter des travailleurs.
Toute personne la moindrement raisonnée choisira la première réaction. Pourtant, au Québec, quand on apprend que des « étrangers » veulent venir investir leur argent dans notre province, la réaction des gens a plus tendance à être celle du deuxième scénario…
C’est spécialement le cas quand on apprend que des « étrangers » veulent investir dans « nos » ressources naturelles. Au lieu de voir que de l’argent neuf sera investi pour créer des emplois et faire rouler l’économie, les gens s’imaginent plutôt que les « étrangers » viennent ici pour nous voler. Ce réflexe nationaliste est aussi très présent dans la coalition de François Legault.
Pourtant, cette réaction qui est tout aussi rationnelle que celle de notre entrepreneur montérégien qui refuserait l’argent d’un investisseur saguenayen.
Au Canada, voici les provinces où les « étrangers » investissent le plus:


Le Québec représente 23,2% de la population canadienne, mais la province n’attire que 12,3% des investissements étrangers faits au Canada… C’est l’un des pires ratios !
Les nationalistes vont peut-être se réjouir de la position médiocre du Québec, mais les gens rationnels vont plutôt y voir une tragédie. Le peu d’investissements étrangers au Québec prive la province d’argent frais qui pourrait créer des emplois. C’est aussi le reflet du manque de confiances des « étrangers » à l’égard de notre économie.
Et qu’en est-il de l’argument voulant que les investissements étrangers ne soient bons qu’à voler la population ? Je suis sûr que les Albertains ont une opinion très différente sur cette question… Voici les chiffres:

Sauf pour Terre-Neuve, on voit une belle corrélation entre les investissements étrangers et le revenu médian: plus les investissements sont hauts, plus les gens ont de bons revenus. Et pour Terre-Neuve, les investissements étrangers associés à l’exploitation de leurs ressources pétrolières sont encore très récents. Si l’on regarde l’évolution du revenu personnel disponible depuis 2001, celui-ci a crû de 35,4%. Au Québec (2e pire performance au Canada). Durant la même période, la croissance a été de 56,9% à Terre-Neuve.
Les gens qui affirment que les investissements étrangers spolient les gens de leurs ressources basent leur jugement sur des émotions et non pas sur la raison. Mais le nationalisme se définit précisément par le triomphe des émotions sur la raison…
Je conclus en paraphrasant un sketch de l’humoriste français Fernand Raynaud:
« J’aime pas les étrangers, ils viennent manger le pain des Français.
Un jour, l’étranger a quitté le village avec sa femme et ses enfants.
Et depuis ce jour, on ne mange plus de pain…
Il était boulanger ! »
Sources:

Investissements étrangers et nationaux au Canada
Tableau 029-0005
Tableau 051-0001





















Notez que notre ami M. Charest se vantait de la progression du revenu disponible par habitant. Legault avait bien raison, on est médiocre!!!
Sans compter que le secteur énergétique est un secteur à haut risque. De voir les nationaleux vouloir nationaliser le secteur des ressources naturelles et d’y investir l’argent de la caisse me laise pantois.
Je fais suivre un commentaire du blogue lesaffaires, comme quoi les politicailleux n’y connaissent rien à rien.:
@pbrasseur Ce fût un plaisir, surtout si vous avez appris des choses sur l’industrie minière en lisant ces commentaires. Il circule énormément de désinformation sur cette industrie à Mourial, particulièrement dans et autour de l’UQAM et de Radio-Canada. C’est vrai que quelques multinationales font d’énormes profits dans les secteurs du fer et du nickel, mais contrairement à ce que les gens pensent, le reste de l’industrie québécoise est composé de petites entreprises, souvent québécoises, qui opèrent de petites mines, souvent souterraines, dont les coûts d’exploitation sont très élevés. Le régime fiscal actuel reconnait ce fait et ces mines continuent de créer des emplois et de la richesse collective, même si elle sont peu ou pas profitable. L’imposition d’une redevance « ad valorem » (sur les revenus et non les profits)les forcera à fermer leurs opérations puisque les actionnaires, qui supportent déjà les pertes, n’investiront pas leur $$$ dans une entreprise pour payer un gouvernement qui a des problèmes financiers. Ils vont simplement vendre leurs actions pour investir ailleurs. Les petites entreprises auront alors un sérieux problème de liquidités et fermeront, comme deux l’ont fait récemment (Géant Dormant et Sigma/Lamaque). Je suis certain qu’on a pas parlé de ces fermetures à Mourial!! Le plus étonnant dans tout ça, c’est que toutes les informations/données de ces entreprises sont disponibles sur le web et peuvent facilement être vérifiées. Mais le « mine bashing » est payant électoralement. J’espère que Charest (qui a déjà considérablement augmenté les redevances) va coincer Pauline Marois ce soir à ce sujet. Elle dont le parti annonce haut et fort ici en Abitibi que sa politique minière n’aura aucun effet sur l’industrie, mais rapportera des milliards au Gouvernement. Ben sur, ben sur!! Et ils viendront d’où ces milliards. De l’UQAM???
Rédigé par pbrasseur le 20-08-2012
@jpthoma1 – Très intéressant, merci…
Rédigé par jpthoma1 le 19-08-2012
Je viens de prendre connaissance des déclarations du co-cheuf de Québec-Solidaire lors de sa visite en Abitibi. La redevance de 5% du PQ, c’est pas assez. Eux, c’est 10% qu’ils vont charger, rien de moins. Pis, ils vont évidemment augmenter les impôts à payer et abolir toutes les déductions dont abusent les capitalissssses. De plus, ils vont ralentir la cadence d’exploitation des mines. Ainsi, si une mine qui prend 15 ans à être minée, ils vont exiger que ça prenne 25, 50 ou même 100 ans. Pourquoi? Pour faire du développement durable. Oui, oui, DURABLE!!! Alors, ceux qui investissent dans les mines, oubliez la productivité et la compétitivité, vendez vos actions et achetez des actions du fabricant des camions-jouets TONKA. On va miner à la petite cuillère sous un régime solidariste. Pis si les compagnies sont pas contentes, QS va les nationaliser. Alors, les mineurs abitibiens qui gagnez 75 mille, 100 mille et peut-être plus par année, vous deviendrez fonctionnaires. Selon les classes d’emploi de la fonction publique, votre salaire passera à environ 30 à 35 milles (allez vérifier sur le site du Conseil du Trésor, ça dépend de votre formation et votre expérience et de toute façon, vous pouvez quand même pas gagner plus qu’un député QS!!!! Pis pensez pas aller travailler en Ontario. On va vous attacher à votre camion TONKA!!!!! Faut-il en rire ou en pleurer???
Rédigé par jpthoma1 le 18-08-2012
@StockMarket GPS Votre commentaire sur le contrôle des coûts d’opérations est très pertinent. Mais encore faut-il pouvoir avoir un contrôle de ces coûts! Les simulations utilisées par les auteurs de ce blogue en oublient plusieurs. Par exemple, saviez-vous que depuis 2011, les mines situées sur le territoire de la CBJNQ doivent payer des « redevances » aux Cris? ( http://www.mrnf.gouv.qc.ca/mines/quebec-mines/2011-03/1juin/05-cree_mining_policies.pdf ) Et si plusieurs personnalités du milieu municipal se présentent comme candidats du PQ, c’est parce que les villes et les MRC veulent aussi avoir « leur cote »! D’ailleurs, la ville de Rouyn-Noranda a déjà demandé à une compagnie minière de paver le chemin public utilisé par ses employés et contractants, « believe it or not »!! Pourtant, le IGA, le Jean Coutu et les autres entreprises de cette ville ne sont pas soumis à cette! Saviez-vous que si, lors d’une étude d’impacts environnementaux en vertu des règles du MDDEP, vous découvrez l’existence de poissons dans un cours d’eau ou un lac, alors là il faut faire de nouvelles études pour satisfaire les exigences de Pêches et Océans Canada. Et si malheureusement, votre projet se trouve sur le 135% du territoire québécois réclamé par les différentes nations autochtones, alors vous risquez de devoir faire comme une compagnie a dû faire récemment: payer encore une fois, mais pour des études d’impacts faites par les autochtones cette fois. Tous ces exemples de coûts supplémentaires diminuent la compétitivité du Québec et font en sorte que plusieurs entreprises n’obtiennent pas les rendements « simulés » par les auteurs. Et c’est sans compter les variations dans les prix des métaux. C’est ça la réalité de cette industrie. On est loin des simulations faites sur Excel!
Rédigé par jpthoma1 le 17-08-2012
@StockMarket GPS Vous avez raison de dire que les projets miniers qui sont à pertes actuellement sont très risqués. Mais les actionnaires de ces compagnies aiment le risque et souhaite investir pour trouver de nouvelles réserves qui aideraient à éventuellement rentabiliser les opérations et offrir le rendement espéré. C’est cet espoir qui attire les investisseurs. Heureusement, le régime fiscal actuel permet de déduire ces dépenses, mais le nouveau régime proposé par le PQ ne le permettra plus et il faudra payer « le propriétaire » dès que nous sortons la première once du sol, même si ça nous a coûté des milliards pour la trouver! Et comme les propriétaires de ces réserves (les québécois y parait!!) ne font pas de gros efforts en ne nous disant pas où elles se trouvent, ben il faut investir des milliards pour les trouver. Personnellement, ça me tentera vraiment plus d’investir en premier et d’être payé en dernier avec le régime proposé. Je vais donc laisser les propriétaires faire eux-mêmes ces investissements car c’est à eux qu’appartiennent ces ressources, non?
Rédigé par jpthoma1 le 17-08-2012
Bon, on roule toujours trop vite sur la 117 et j’ai oublié une mine. Station 1.5: la mine du lac Herbin(QMX). Cette mine ne fait toujours pas de profits, malgré une étude de faisabilité positive. Les « cash costs » s’élevaient à $1,424/oz au dernier trimestre. Mais c’est une amélioration car avant ils avaient dépassé les 2 mille dollars avant!! Quels actionnaires patients qui vont sûrement la perdre lorsqu’ils recevront la facture de redevances du PQ!! Souriez la vie est belle!
Rédigé par jpthoma1 le 17-08-2012
Pour aider les lecteurs à « sortir de l’université » et à visualiser les mines d’or québécoises, voici une petite visite « virtuelle » des mines d’or québécoises le long de la 117 en arrivant en Abitibi. Première station : la mine Beaufor. Cette petite mine fait des pertes actuellement puisque ses « coûts comptants » d’opération étaient de 1,638/oz au deuxième trimestre. La compagnie tente de rentabiliser tout ça, mais elle a perdu $30,9 millions au dernier trimestre et les actionnaires de RIC ont vu fondre leur investissement. Ce n’est pas le temps de leur demander de payer des redevances. Deuxième station : la mine Sigma/Lamaque. Vous arrivez trop tard, les créanciers ont saisi cette mine d’or qui a cessé ses opérations récemment. Passez GO et perdez plusieurs dizaines de millions de dollars. Troisième station : la mine Goldex. Quel beau chevalement! Vous voyez l’affaissement du terrain à gauche du chemin d’accès. La mine est fermée. La compagnie a du prendre presque un quart de milliard de dollars de pertes suite à cet accident imprévisible ! Pis c,est pas les propriétaires de la ressource qui ont payé! Quatrième station : la mine Kiena. Exploitation sous le lac. Ben oui, sous l’eau. Pis elle aussi est très coûteuse à exploiter et ne fait pas ses frais. Une chance que la compagnie a une autre mine en Ontario pour compenser ! Cinquième station : La monstrueuse, épouvantable et détestée mine Canadian Malartic d’Osisko. Enfin une mine qui fait des profits. $13,3 millions de profits nets au dernier trimestre sur un investissement de plus d’un milliard de dollars ! Je vous laisse calculer le rendement. On repassera ! Mais que la ville de Malartic s’est modernisée depuis l’arrivée de cette compagnie!! Sixième station : la mine Lapa. Ben oui, une mine sous la route. Paraît qu’elle fait ses frais, cette petite opération. Mais il faut travailler fort pour y arriver. Pis elle n’a pas les moyens d’avoir son propre moulin. Faut « trucker » le minerai ailleurs !! Septième station : la mine La Ronde. WOW ! Ça c’est une mine, une vraie !!! Mais que ça coûte cher d’exploiter quand on est rendu à 3,5 Km de profondeur ! La mine fait de l’argent et paye des redevances. Ouf ! Huitième station : la mine Mouska. Une tite-tite-tite mine qui produit tellement peu qu’elle n’a pas les moyens d’approvisionner un moulin à temps plein ! Neuvième station : le projet Joanna. Malheureusement, la dernière étude de faisabilité ne démontre pas la rentabilité. Désolé, on repassera. Dixième station : la mine Francoeur. Ah ben, les chiffres de l’étude de faisabilité n’ont pas été rencontrés, comme quoi faut pas trop s’y fier. La compagnie a pris une perte de $33,2 millions sur les actifs de cette mine. Parlez-en pas aux actionnaires, ils sont encore en furie.
Le petit peuple ne s interresse pas a ca. …… Le petit peuple est indécis…C est trop dur d essayer de comprendre….
Les Québecois sont des ignares en économie incluant les politiciens.( Je pense qu`ils sont encore pire)
Aujourd`hui à l`émission de Tommy Shumacher à CJAD, j`ai appris une chose désastreuse. J`ai appris que nous payeurs de taxes, nous payons 24 $ pour chaque 1$ que les palabreux du fédéral mettent dans le régime de leur fond de pension. Et dire que les conservateurs augmentent leur nombre à 338. Ça se peut pas se faire fourrer de même. Ostie je tanné.
Réduire le poids du québec dans la confédération n’a pas de prix. Si on les réduit à 50 ils vont faire un reférendum. En réduisant le rapport de force du québec le fédéral va faire des milliards Jackwood.
Voilà un excellent article, David, mais le deuxième graphique m’as donné un de ces mal de tête à comprendre. Une petite correction du titre et des « 0$ » ferait sans doute un peu de bien pour améliorer sa lisibilité. Une coquille visuelle, en quelque sorte.
C’est corrigé, erreur lors de l’édition du graphique.