Si vous êtes comme Jean-François Lisée, vous pensez probablement que la corruption au Québec a débuté il y a 9 ans, avec l’arrivée de Jean Charest. Les gens un peu plus intelligents auront sans doute déjà compris que la corruption est aussi vieille que le Québec… Voici une série de billets sur des histoires de corruption qui ont été oubliées… et qui aident à comprendre les événements actuels…

CorruptionJean Charest a un peu « scoopé » mon billet dans le débat d’hier soir en parlant du rapport Moisan, mais puisque je le prépare depuis le 10 août, parlons-en maintenant !

Dans mon premier billet sur Tony Accurso, j’ai présenté les liens qui existaient entre cet homme d’affaires et Louis Laberge, qui a été président de la FTQ de 1964 à 1991, de même que le président fondateur du Fonds de solidarité FTQ.  J’ai conclu ce billet en disant « Qui dit FTQ dit aussi…  PQ » !

Voici donc une vérité qui dérangera sans doute les péquistes…

La compagnie Construction Marton qui est la copropriété de Marcel Mélançon et de Tony Accurso, a vu le jour dans les années 90; « Mar » pour Marcel et « Ton » pour Tony. Retenez le nom de Marcel Mélançon, nous y reviendrons plus tard.

Construction Marton est mentionné pour la première fois dans nos médias dans un reportage du magazine L’actualité, publié en novembre 1996. Dans cet article on y raconte que c’est Construction Marton qui a construit le siège social de la FTQ.

Construction Marton  a aussi défrayé la manchette en février 2000, dans un article publié dans La Presse.  Dans cet article, on apprend qu’en 1997, le consortium J.E. Verreault et Construction Marton a été choisi, sur invitation, pour la construction de 12 centres hospitaliers de soins de longue durée, un contrat de 110 millions de dollars.  À l’époque, il avait fallu un décret du Conseil des ministres pour que les règles normales d’attribution de contrats gouvernementaux soient suspendues.  Ce décret avait été justifié sous prétexte qu’il fallait agir rapidement dans ce dossier.

Toujours dans La Presse, dans un article publié en mars 2000 et ayant pour titre « Une odeur de patronage à Québec », on apprend qu’en plus de la construction, la gérance des projets avait été accordée au consortium J.E. Verreault et Construction Marton.  Voici ce que disait l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec:

Les ingénieurs du gouvernement du Québec réclament une enquête sur les importants dépassements de coûts survenus dans un contrat accordé par la Corporation d’hébergement du Québec, il y a deux ans, pour la gestion de la construction de 12 centres de soins de longue durée au même consortium. Le groupe Verreault-Marton, qui avait obtenu le contrat à l’automne 1997 et qui prévoyait 2,7 millions de dollars pour la gestion de la construction, se retrouve trois ans plus tard, au fil des ajouts suivant l’appel d’offres initial, avec un mandat atteignant 15 millions de dollars.

En passant, à cette époque c’est Pauline Marois qui était la ministre de la Santé…Un journaliste pour la questionner là-dessus ?

Finalement, Construction Marton se retrouvera une nouvelle fois dans l’actualité en juin 2006 lors de la publication du fameux rapport Moisan…  Dans cet article intitulé « Les acteurs du rapport Moisan », on revient sur l’implication d’un certain Marcel Mélançon, j’espère que vous n’avez pas oublié ce nom…  Voici un extrait de cet article:

Ami de Guy Chevrette et de Bernard Landry, Marcel Mélançon est un entrepreneur. Sa compagnie, Marton Construction, a obtenu d’importants contrats pour la construction de centres de soins de longue durée, des mandats relevant du réseau de la Santé, peu après l’arrivée au pouvoir du Parti québécois, en 1994. Proche de la FTQ, il a déjà été l’associé d’un autre entrepreneur de Laval, Tony Accurso. Sous Jacques Parizeau et sous Lucien Bouchard, M. Mélançon a joué un rôle central dans les opérations de financement du PQ auprès des entreprises.

J’ai besoin d’en dire plus ?

Force est de constater que ce n’est pas le PLQ qui a corrompu le gouvernement, mais le gouvernement qui a corrompu le PLQ.  Quand Charest est devenu premier ministre, l’empire Accurso existait déjà et il avait fait de très bonnes affaires avec le PQ.

Si les journalistes ont été très durs avec le PLQ sur les questions de corruption, force est de constater qu’ils ont été plutôt complaisants avec le PQ, pour preuve, plus personne ne se rappelle des liens unissant Accurso au PQ.  Voulait-on protéger des amis ?

Une question se pose: si les médias avaient été aussi durs avec le PQ qu’avec le PLQ sur la corruption, aurait-on pu enrayer ce cancer plus rapidement et ainsi faire économiser aux contribuables des milliards de dollars ? Probablement que oui, mais ce faisant les journalistes auraient pu asséner un coup mortel à leurs amis péquistes…

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Prochain billet: Quand le PQ a eu besoin…  d’Oxygène !