Antagoniste


20 août 2012

Pauvreté & nationalisme économique Canada Économie Élection 2012 En Chiffres Mondialisation Québec

Depuis le début de la campagne, le PQ et la CAQ ont abondamment parlé de nationalisme économique…

Cet enjeu électoral nous rappelle, comme le disait Wilfrid Laurier, que les Canadiens-français n’ont pas d’opinion, ils sont des émotions…

Mise en situation. Vous êtes un entrepreneur montérégien à la tête d’une petite PME. Un homme d’affaires du Saguenay vous contacte pour vous dire qu’il serait très intéressé à investir dans votre compagnie. Qu’elle serait votre réaction ?

A) Cette offre vous emballe, elle va vous permettre de prendre de l’expansion et de mieux faire connaître votre produit. Pour vous, c’est un signe que votre entreprise est bien gérée, car elle inspire assez confiance pour attirer de nouveaux investisseurs.

B) Vous informez l’homme d’affaires qu’il n’est pas question d’accepter de l’argent qui provient du Saguenay. Votre entreprise étant montérégienne, vous acceptez uniquement les investissements des gens de votre région. Pour vous, il n’est pas question de voir un Saguenayen venir en Montérégie pour exploiter des travailleurs.

Toute personne la moindrement raisonnée choisira la première réaction. Pourtant, au Québec, quand on apprend que des « étrangers » veulent venir investir leur argent dans notre province, la réaction des gens a plus tendance à être celle du deuxième scénario…

C’est spécialement le cas quand on apprend que des « étrangers » veulent investir dans « nos » ressources naturelles. Au lieu de voir que de l’argent neuf sera investi pour créer des emplois et faire rouler l’économie, les gens s’imaginent plutôt que les « étrangers » viennent ici pour nous voler. Ce réflexe nationaliste est aussi très présent dans la coalition de François Legault.

Pourtant, cette réaction qui est tout aussi rationnelle que celle de notre entrepreneur montérégien qui refuserait l’argent d’un investisseur saguenayen.

Au Canada, voici les provinces où les « étrangers » investissent le plus:

Investissements Étrangers

Investissements Étrangers

Le Québec représente 23,2% de la population canadienne, mais la province n’attire que 12,3% des investissements étrangers faits au Canada…  C’est l’un des pires ratios !

Les nationalistes vont peut-être se réjouir de la position médiocre du Québec, mais les gens rationnels vont plutôt y voir une tragédie. Le peu d’investissements étrangers au Québec prive la province d’argent frais qui pourrait créer des emplois. C’est aussi le reflet du manque de confiances des « étrangers » à l’égard de notre économie.

Et qu’en est-il de l’argument voulant que les investissements étrangers ne soient bons qu’à voler la population ? Je suis sûr que les Albertains ont une opinion très différente sur cette question… Voici les chiffres:

Investissements Étrangers

Sauf pour Terre-Neuve, on voit une belle corrélation entre les investissements étrangers et le revenu médian: plus les investissements sont hauts, plus les gens ont de bons revenus. Et pour Terre-Neuve, les investissements étrangers associés à l’exploitation de leurs ressources pétrolières sont encore très récents. Si l’on regarde l’évolution du revenu personnel disponible depuis 2001, celui-ci a crû de 35,4%. Au Québec (2e pire performance au Canada).  Durant la même période, la croissance a été  de 56,9% à Terre-Neuve.

Les gens qui affirment que les investissements étrangers spolient les gens de leurs ressources basent leur jugement sur des émotions et non pas sur la raison. Mais le nationalisme se définit précisément par le triomphe des émotions sur la raison…

Je conclus en paraphrasant un sketch de l’humoriste français Fernand Raynaud:

« J’aime pas les étrangers, ils viennent manger le pain des Français.
Un jour, l’étranger a quitté le village avec sa femme et ses enfants.
Et depuis ce jour, on ne mange plus de pain…
Il était boulanger ! »

Sources:
Statistique Canada
Investissements étrangers et nationaux au Canada
Tableau 029-0005
Tableau 051-0001

Institut de la statistiques du Québec
Revenu personnel disponible par habitant


20 août 2012

La corruption, je me souviens (partie II)… Élection 2012 Québec

Si vous êtes comme Jean-François Lisée, vous pensez probablement que la corruption au Québec a débuté il y a 9 ans, avec l’arrivée de Jean Charest. Les gens un peu plus intelligents auront sans doute déjà compris que la corruption est aussi vieille que le Québec… Voici une série de billets sur des histoires de corruption qui ont été oubliées… et qui aident à comprendre les événements actuels…

CorruptionJean Charest a un peu « scoopé » mon billet dans le débat d’hier soir en parlant du rapport Moisan, mais puisque je le prépare depuis le 10 août, parlons-en maintenant !

Dans mon premier billet sur Tony Accurso, j’ai présenté les liens qui existaient entre cet homme d’affaires et Louis Laberge, qui a été président de la FTQ de 1964 à 1991, de même que le président fondateur du Fonds de solidarité FTQ.  J’ai conclu ce billet en disant « Qui dit FTQ dit aussi…  PQ » !

Voici donc une vérité qui dérangera sans doute les péquistes…

La compagnie Construction Marton qui est la copropriété de Marcel Mélançon et de Tony Accurso, a vu le jour dans les années 90; « Mar » pour Marcel et « Ton » pour Tony. Retenez le nom de Marcel Mélançon, nous y reviendrons plus tard.

Construction Marton est mentionné pour la première fois dans nos médias dans un reportage du magazine L’actualité, publié en novembre 1996. Dans cet article on y raconte que c’est Construction Marton qui a construit le siège social de la FTQ.

Construction Marton  a aussi défrayé la manchette en février 2000, dans un article publié dans La Presse.  Dans cet article, on apprend qu’en 1997, le consortium J.E. Verreault et Construction Marton a été choisi, sur invitation, pour la construction de 12 centres hospitaliers de soins de longue durée, un contrat de 110 millions de dollars.  À l’époque, il avait fallu un décret du Conseil des ministres pour que les règles normales d’attribution de contrats gouvernementaux soient suspendues.  Ce décret avait été justifié sous prétexte qu’il fallait agir rapidement dans ce dossier.

Toujours dans La Presse, dans un article publié en mars 2000 et ayant pour titre « Une odeur de patronage à Québec », on apprend qu’en plus de la construction, la gérance des projets avait été accordée au consortium J.E. Verreault et Construction Marton.  Voici ce que disait l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec:

Les ingénieurs du gouvernement du Québec réclament une enquête sur les importants dépassements de coûts survenus dans un contrat accordé par la Corporation d’hébergement du Québec, il y a deux ans, pour la gestion de la construction de 12 centres de soins de longue durée au même consortium. Le groupe Verreault-Marton, qui avait obtenu le contrat à l’automne 1997 et qui prévoyait 2,7 millions de dollars pour la gestion de la construction, se retrouve trois ans plus tard, au fil des ajouts suivant l’appel d’offres initial, avec un mandat atteignant 15 millions de dollars.

En passant, à cette époque c’est Pauline Marois qui était la ministre de la Santé…Un journaliste pour la questionner là-dessus ?

Finalement, Construction Marton se retrouvera une nouvelle fois dans l’actualité en juin 2006 lors de la publication du fameux rapport Moisan…  Dans cet article intitulé « Les acteurs du rapport Moisan », on revient sur l’implication d’un certain Marcel Mélançon, j’espère que vous n’avez pas oublié ce nom…  Voici un extrait de cet article:

Ami de Guy Chevrette et de Bernard Landry, Marcel Mélançon est un entrepreneur. Sa compagnie, Marton Construction, a obtenu d’importants contrats pour la construction de centres de soins de longue durée, des mandats relevant du réseau de la Santé, peu après l’arrivée au pouvoir du Parti québécois, en 1994. Proche de la FTQ, il a déjà été l’associé d’un autre entrepreneur de Laval, Tony Accurso. Sous Jacques Parizeau et sous Lucien Bouchard, M. Mélançon a joué un rôle central dans les opérations de financement du PQ auprès des entreprises.

J’ai besoin d’en dire plus ?

Force est de constater que ce n’est pas le PLQ qui a corrompu le gouvernement, mais le gouvernement qui a corrompu le PLQ.  Quand Charest est devenu premier ministre, l’empire Accurso existait déjà et il avait fait de très bonnes affaires avec le PQ.

Si les journalistes ont été très durs avec le PLQ sur les questions de corruption, force est de constater qu’ils ont été plutôt complaisants avec le PQ, pour preuve, plus personne ne se rappelle des liens unissant Accurso au PQ.  Voulait-on protéger des amis ?

Une question se pose: si les médias avaient été aussi durs avec le PQ qu’avec le PLQ sur la corruption, aurait-on pu enrayer ce cancer plus rapidement et ainsi faire économiser aux contribuables des milliards de dollars ? Probablement que oui, mais ce faisant les journalistes auraient pu asséner un coup mortel à leurs amis péquistes…

À lire aussi:

Prochain billet: Quand le PQ a eu besoin…  d’Oxygène !


20 août 2012

La social-démocratie en action Économie États-Unis Gauchistan Revue de presse

The Sun

More Calif. cities at risk of bankruptcy, says one of nation’s top credit rating agencies
The Sun

One of the nation’s top credit rating agencies said Friday that it expects more municipal bankruptcies and defaults in California, the nation’s largest issuer of municipal bonds. Moody’s Investors Service said in a report that the growing fiscal distress in many California cities was putting bondholders at risk.

The service announced that it will undertake a wide-ranging review of municipal finances in the nation’s most populous state because of what it sees as a growing threat of insolvency. The report has both investors and government leaders worried. Three California cities – Stockton, San Bernardino and Mammoth Lakes – have filed for bankruptcy so far this year. They are not likely to be the last, Moody’s said.

Moody’s reports that some cities are turning bankruptcy as a new strategy to take on budget deficits and avoid obligations to bondholders, an emerging dynamic that could have ripple effects throughout the investment community.

Investors have historically assumed that cities are willing to pay their debts because they want continued access to the bond market, Rosenstiel said. Now, some are not so sure.

En passant, le Québec et la Californie sont les deux seuls endroits en Amérique qui ont décidé de mettre en place une bourse du carbone. Qui se ressemble s’assemble…