Si vous êtes comme Jean-François Lisée, vous pensez probablement que la corruption au Québec a débuté il y a 9 ans, avec l’arrivée de Jean Charest. Les gens un peu plus intelligents auront sans doute déjà compris que la corruption est aussi vieille que le Québec… Voici une série de billets sur des histoires de corruption qui ont été oubliées… et qui aident à comprendre les événements actuels…

CorruptionSelon vous, à quand remonte la toute première mention de Tony Accurso dans les médias ?  N’en déplaise à Jean-François Lisée, Tony Accurso a construit son empire bien avant que Jean Charest ne devienne premier ministre…

La toute première mention de Tony Accurso que j’ai pu retrouver dans un quotidien québécois remonte au 11 octobre 1992. Un texte publié dans La Presse et ayant pour titre…  « le syndicalisme, c’est ma vie » !  Ce texte était un extrait de la biographie de Louis Laberge qui a été président de la FTQ de 1964 à 1991, de même que le président fondateur du Fonds de solidarité FTQ.

Et Accurso dans tout ça ?  On apprend dans ce texte qu’il est un partenaire de carte de Louis Laberge de qui il dira:

« Louis sait comment jouer au jeu de la vie, qui inclut les cartes… Il a du caractère: si tu lui passes un bluff, il va t’en passer un. C’est un bon comédien: ses airs, ses mimiques… L’ambiance est décontractée, on discute en jouant et Louis est plein d’esprit. On a beaucoup de plaisir. Ça finit normalement quand il commence à faire clair… »

Le deuxième texte mentionnant Accurso, le 23 octobre 1992, fait état d’un contrat obtenu sans appel d’offres. Le troisième texte mentionnant Accurso, le 14 septembre 1993, parle d’un appel d’offres manigancé au ministère de l’Environnement.  On connaît la suite…

Dans un article daté du 28 octobre 1996, publié dans La Presse, on peut lire cet extrait très révélateur et annonciateur des événements à venir:

« Le promoteur du projet est Tony Accurso, président de la firme Louisbourg Construction, qui récolte une bonne partie des contrats de travaux publics des Villes de Laval et Montréal, ainsi que du gouvernement du Québec. »

En 1992 et 1993 Robert Bourassa était premier ministre, en 1996 c’était Lucien Bouchard qui succédait à Jacques Parizeau…

Mais pour le moment, concentrons-nous sur les liens entre Accurso et la FTQ.

En novembre 1996, le magazine L’actualité a publié un article ayant pour titre « La vérité sur le Fonds de solidarité ». Dans cet article, on apprend que Tony Accurso était « le favori des favoris » du Fonds de solidarité. « Un père pour moi » dira Accurso de Louis Laberge dans ce texte…

Voici quelques-uns des investissements du Fonds de solidarité dans les entreprises d’Accurso tiré de cet article:

  • 4,4 millions de dollars pour acheter un concurrent sur le point de fermer (1990).
  • 16 millions de dollars dans les Galeries Laval (1993).
  • 17,7 millions de dollars pour la construction du siège social de la FTQ (1993).

Dans les années 90, le Fonds de solidarité a même acheté 50% des parts du bar Le TOPS de Laval, ouvert par Tony Accurso…

Le 3 août 1999, Le Devoir nous apprend aussi que le Fonds de solidarité a aidé des entreprises appartenant à Tony Accurso à acheter… Simard-Beaudry !  De cette transaction le porte-parole de la FTQ dira:

« Le geste d’hier donne une bonne idée de la position du Fonds. Ce que l’on veut faire avec le regroupement entre Hyprescon, Louisbourg [appartenant déjà à Accurso] et Simard-Beaudry, c’est créer la troisième entreprise d’ingénierie civile en importance au Québec. »

Ainsi, avec la main de la FTQ, tous les éléments tombaient en place pour faire de Tony Accurso un homme incontournable au Québec…

Somme toute, on peut dire sans se tromper que l’empire Accurso n’aurait probablement jamais vu le jour sans l’aide de la FTQ…

Prochain billet: Qui dit FTQ dit aussi…  PQ !