Merde JournalistiqueQuand le « journaliste » et « l’analyste » parlementaire Pierre Duchesne est passé à l’Est pour rejoindre le Parti Québécois,  une plainte a été faite à l’ombudsman de Radio-Canada pour dénoncer le grave conflit d’intérêts de leur journaliste qui aurait utilisé sa tribune radio-canadienne pour faire la promotion de son idéologie.

Cette plainte reposait sur des faits rapportés par deux journalistes différents, Denis Lessard (La Presse) et Martin Ouellet (La Presse Canadienne) qui ont rapporté chacun de leur côté qu’une source anonyme leur avait confié que Pierre Duchesne préparait son passage au PQ au même moment où il exerçait son métier de « journaliste » et « d’analyste » .

L’ombudsman de Radio-Canada a rejeté ces infirmations du revers de la main, voici son explication:

Cela dit, seuls MM. Lessard et Ouellet connaissent ces sources qui ont par ailleurs choisi de demeurer anonymes. M. Duchesne et Mme Marois ont tous les deux nié les affirmations de ces sources. Le plaignant estime que leurs propos étaient confus. J’ai donc vérifié moi-même auprès de M. Duchesne. Celui-ci m’a assuré qu’il n’avait eu aucun contact ou discussion avant le 15 juin, date de son départ de Radio-Canada, avec quelque représentant que ce soit du PQ portant sur son éventuelle candidature. J’ai obtenu la même réponse des représentants du PQ avec lesquels je me suis entretenu.

L’ombudsman précise aussi que le « ouï-dire » d’une source anonyme ne peut aucunement constituer une preuve.

Je résume: des sources anonymes ont dit que Pierre Duchesne a menti et l’ombudsman a choisi de croire Pierre Duchesne parce que des sources anonymes ne sont pas de preuves recevables à cause de leur manque de crédibilité.

Fort bien, si Radio-Canada considère que les sources anonymes sont indignes de confiance, c’est leur choix.

Par contre, la semaine dernière Alain Gravel et Marie-Maude Denis, de Radio-Canada, ont révélé qu’un syndicaliste proche de la mafia avait pu rencontrer le premier ministre Charest et que dans les minutes qui ont suivi cette rencontre, la SQ a décidé de mettre un terme à une opération de filature dirigé contre le syndicaliste.

Comment Alain Gravel et Marie-Maude Denis ont-ils pu mettre la main sur ces informations compromettantes ?  En citant des sources…  anonymes !!!

Donc j’imagine que si jamais l’ombudsman de Radio-Canada doit se prononcer sur le reportage d’Alain Gravel et Marie-Maude Denis, il utilisera la même grille d’analyse: il conclura que les sources anonymes ne sont pas crédibles et qu’il faut accepter la version de Jean Charest…

À moins que la crédibilité des sources anonymes à Radio-Canada soit jugée en fonction de la personne qui est attaquée…