Voici l’évolution du prix de l’action de Rona depuis 1 an…

RONA

Selon vous, quand est-ce que la Caisse de dépôt a décidé d’acheter des actions de Rona parce qu’elle a réalisé que cette entreprise était un fleuron patrimonial vital à l’économie de la province ?

Cette révélation n’est pas venue quand le prix de l’action tournait autour de 10$…  Non, les dirigeants de la Caisse ont plutôt fait cette constatation le 31 juillet quand le titre a atteint presque 14$ suite à l’offre de Lowe’s d’acheter la quincaillerie québécoise, pas avant…

Et pour bloquer la vente à Lowe’s, la Caisse a fait passer sa part dans l’entreprise de 12,8% à 14,18% en achetant  2,4 millions d’actions à 13,50$, ce qui représente une somme 34,2 millions de dollars de notre argent.  Si les dirigeants de la Caisse avaient reçu leur illumination divine au sujet de l’importance de Rona quand le prix de l’action était à 10$, nous aurions pu économiser 8,4 millions de dollars…

Ce qui nous amène à une question fondamentale: l’argent de la Caisse de dépôt, c’est l’argent de nos retraites en bonne partie.  Avec l’argent que vous mettez de côté pour votre retraite, est-ce que vous auriez acheté des actions de Rona le 31 juillet ?

On pourrait répondre par l’affirmative en se disant qu’il était possible que Lowe’s fasse une nouvelle offre encore plus généreuse, l’intention étant de vendre à court ou moyen terme.  Mais comme la Caisse a acheté avec l’intention ferme de bloquer la vente, elle devait anticiper que son geste allait entraîner à court ou moyen terme une baisse du titre.

Vous connaissez beaucoup des gestionnaires de portefeuille qui achètent des actions quand le prix atteint un sommet pour ensuite souhaiter que leurs valeurs diminuent ?  Et bien c’est exactement ce que la Caisse a fait avec l’argent de nos retraites la semaine dernière…

Le pire ?  Si nous avons la possibilité de congédier notre gestionnaire de portefeuille, nous sommes obligés de subir les actions de la Caisse.

Voilà une bonne raison pour exiger que nos politiciens cessent d’utiliser la Caisse comme un joujou électoral…