Jean-François Lisée est indigné… Il est indigné parce que depuis 2010 aux États-Unis, même si les pauvres se sont enrichis, les riches se sont encore plus enrichis.  On peut se demander si Jean-François Lisée aurait trouvé la situation plus acceptable si en échange d’une stagnation des revenus des riches, les revenus des pauvres auraient eux aussi stagné…

Les augmentations des écarts de richesses sont devenus un gros épouvantail socialiste qui a été érigé sur le principe que l’économie est un jeu à somme nulle i.e. si les écarts de richesse augmentent parce que les riches s’enrichissent alors les pauvres doivent obligatoirement s’appauvrir.

Vraiment ?

Voici, depuis 1990, comment ont évolué les revenus du quintile inférieur (20% de la population le plus pauvre, dollars constants) et les écarts de richesses (mesurés par le coefficient de GINI):

Écarts De Richesse
Le coefficient de Gini est une mesure du degré d’inégalité de la distribution des revenus. Ce coefficient est un nombre variant de 0 à 1, où 0 signifie l’égalité parfaite (tout le monde a le même revenu) et 1 signifie l’inégalité parfaite (une personne a tout le revenu, les autres n’ont rien). Le revenu médian est le revenu qui partage exactement en deux la population. Le revenu médian est beaucoup moins influencé par les gens très riches que le revenu moyen.

Comme on peut le voir, même si à partir du milieu des années 90 les écarts de richesse ont beaucoup augmenté, les revenus des plus pauvres ont eux aussi crû de manière importante. Somme toute, contrairement à ce que semble vouloir dire la gauche, une augmentation des inégalités n’est pas synonyme d’une augmentation de la pauvreté.

Durant les récessions, riches et pauvres s’appauvrissent et les écarts de richesse diminuent (ici & ici).

Lors de la reprise, riches et pauvres s’enrichissent, mais il arrive les écarts de richesse augmentent parce que les riches s’enrichissent plus rapidement.

Pour la gauche, cette situation est intolérable, à les entendre, la réduction des écarts de richesse associés aux récessions serait préférable pour les moins nantis.

Ce qui scandalise Lisée c’est l’augmentation des écarts de richesse même si cela se produit au même moment où les pauvres s’enrichissent.

Voilà qui confirme que la gauche c’est l’idéologie de la jalousie.  Pour la gauche, les pauvres sont des boucliers humains qui servent à défendre leur idéologie. Voyez-vous, la gauche se fiche pas mal du sort des pauvres, ce qui compte c’est de punir les riches.

Sources:
Statistique Canada
Tableaux 202-0706 & 202-0705