Texte de Francis Dupuis-Déri, professeur de sciences politiques à l’UQAM, à propos des tactiques « black bloc » des mouvements anarchistes, une lecture qui devrait vous donner la nausée…

Le Devoir
Black Bloc et carré rouge

On affirme souvent que les Black Blocs « infiltrent » les manifestations. Les Black Blocs ont même été identifiés comme le « cancer » du mouvement Occupy. Par de telles condamnations, des porte-parole de mouvements sociaux s’affirment respectables aux yeux des élites, au risque de miner la solidarité et de légitimer la répression policière et la criminalisation de la dissidence. Mais de telles affirmations sont curieuses, car sur quelle base peut-on affirmer que les activistes du Black Bloc ne participent pas à un mouvement social ? Il faudrait pouvoir déterminer à qui appartient un mouvement, et de quel droit. [...]

Cela dit, en certaines occasions, il leur semble utile et juste de perturber l’ordre social et d’exprimer une colère légitime, sans compter que la « paix sociale » libérale implique elle-même son lot de violence : guerres et brutalités policières, inégalités diverses, exclusion et pauvreté. Qui sait au Québec qu’entre Westmount et Hochelaga-Maisonneuve, la différence d’espérance de vie est d’environ 10 ans ? Fracasser une vitrine ? Ce n’est pas de la violence, dit-on alors, ou ce n’est rien en comparaison de la violence du système. [...]

Au-delà des communiqués plutôt rares, c’est par leurs graffitis et leurs cibles que l’on peut saisir la pensée politique des Black Blocs. Il ne s’agit jamais – ou presque – de « violence aveugle ». Les cibles sont associées au capitalisme (banques, firmes multinationales), aux grands médias privés ou publics, à l’État (surtout la police) et, parfois, au patriarcat (lors du Sommet du G20 à Toronto, une boutique d’American Apparel et un club de danseuses nues ont été la cible d’un Black Bloc qui comptait de nombreuses femmes).[...]

Selon le politologue Nicolas Tavaglione, « les Black Blocs sont les meilleurs philosophes politiques du moment », car ils demandent à la société de choisir entre la protection de biens matériels et la brutalité policière, ou encore entre le maintien de l’ordre social et la liberté et l’égalité.[...]

Je ne prétends pas ici avoir dit toute la vérité sur les Black Blocs, ni bien sûr tout connaître à leur sujet, et encore moins être leur porte-parole. Par ailleurs, on peut critiquer les Black Blocs selon des principes moraux : « On reste pacifiques ! » (mais qui détermine le bien et le mal ?), en référence à des normes juridiques : « C’est criminel ! » (mais qui juge du bon droit ?), en raison de calculs politiques : « Ils nuisent au mouvement ! » (mais qui décide de ce qui est « efficace » ou non ?).

Il faut savoir, cela dit, que des centaines ou des milliers de manifestantes et manifestants sont aussi favorables aux Black Blocs. De plus, la « violence » en manifestation n’est pas seulement le fait des Black Blocs, tandis que celle des policiers est toujours plus brutale.

Gardez ce texte en tête et regardez ce vidéo diffusé par un groupe anarchiste de San Francisco dans lequel on peut voir les petits lutins de l’anarchopanda au travail (particulièrement violent à partir de 5 minutes 30 secondes)…

J’espère que vous aurez aussi remarqué la présence de drapeau rouge et noir anarcho-communiste, qui est décrit par Normand Baillargeon, un autre professeur à l’UQAM, comme était un « bien beau drapeau »

Après avoir lu le texte de Francis Dupuis-Déri, professeur de sciences politiques à l’UQAM, et vu un vidéo de tactiques « black bloc » des mouvements anarchistes, je vous laisse tirer vos propres conclusions…