Antagoniste


7 mai 2012

Charest, les étudiants et la cage à homard Économie Québec

Le piège est prêt!Ce billet a été écrit dimanche après-midi…  L’actualité évoluant tellement vite, il se peut que l’analyse présentée soit devenue complètement caduque…

Charest s’est-il montré plus malin que les associations étudiantes lors des négociations de la dernière chance qui se sont terminées par la signature d’un accord de principe ?  Il semble bien que oui, car peu importe si les étudiants acceptent ou non l’accord signé, les frais réels de scolarité vont augmenter et Charest va augmenter ses chances d’être réélu.

Rappelons que la hausse des frais de 254$ par année durant les 7 prochaines années est restée intacte, les associations étudiantes ayant plutôt consenti à la mise sur pied d’un comité de surveillance chargé d’éliminer le gaspillage dans les universités.  Le gaspillage éliminé par ce comité servira à réduire les frais afférents et en théorie à neutraliser la hausse prévue.  Il ne s’agit que de théorie, car dans la pratique, ce sera pratiquement impossible.

On compte environ 200 000 étudiants inscrits à temps plein dans les universités du Québec, une hausse de 254$ représente donc une somme de 50,8 millions de dollars. Donc, pour annuler la hausse des frais de scolarité, à chaque année durant 7 ans, le comité de surveillance devra éliminer 50,8 millions de dollars en gaspillage.  Une tâche tout simplement impossible.

Pour la première année, il sera peut-être possible de faire les coupures nécessaires, quoique j’en doute énormément, mais pour les 6 années suivantes, il faut rêver en couleur pour croire qu’on pourra en faire autant chaque année.  Tout le gaspillage sera éliminé lors de la première année de l’entente, il ne restera plus rien à couper pour les années suivantes, surtout quand on sait que la majorité des dépenses sert à payer des professeurs et du personnels.

Et pourquoi cette offre de Charest est-elle brillante ?

Le premier ministre s’est assuré que les étudiants vont payer plus.  Si l’entente est acceptée, comme on vient de le voir, l’élimination du gaspillage ne suffira pas à faire baisser les frais.  Charest pourra donc se présenter comme le grand médiateur qui a réussi à mettre fin à la plus grande crise sociale de l’histoire de la nation québécoise (le PLQ n’aura pas peur de spinner et d’en beurrer épais…), pendant que Pauline Marois n’a été bonne qu’à jeter de l’huile sur le feu en portant le carré rouge.

Et si les étudiants signent et que Pauline Marois devient quand même première ministre, on peut déjà parier qu’elle ne changera rien à cette entente.  La chef du PQ entretient une position floue sur les frais de scolarité depuis le début du conflit.  Si l’accord est signé par les trois fédérations étudiantes, on peut parier que même au pouvoir elle ne changera rien faisant valoir que l’accord ayant été entériné par les étudiants, tout le monde devra s’en accommoder.  De plus, je vois mal comment Marois pourrait faire campagne en promettant de déchirer une entente qui a déjà été acceptée par l’ensemble des étudiants, ça me parait suicidaire auprès de l’électorat qui ne voudrait probablement pas ré-ouvrir la blessure.

Et si les étudiants rejettent l’entente ?  Charest va recevoir sur un plateau d’argent un motif pour déclencher une élection référendaire à propos de cet accord de principe.  Déjà 68% de la population appuie la position du PLQ, en faisant campagne sur le fait qu’il a su faire preuve d’ouverture alors que les étudiants ont plutôt préféré la voie de la confrontation et du radicalisme, il pourrait gagner cette élection relativement facilement.  Surtout qu’il profiterait de la faiblesse du PQ qui n’a jamais eu une position claire sur la question.

Lors de l’annonce de l’entente, on a parlé d’une situation gagnant-gagnant pour tous les partis en cause.  En ce qui me concerne, c’est gagnant-gagnant pour Jean Charest, il est assuré d’avoir sa hausse et de faciliter sa réélection. Fin renard, Jean Charest, il a déployé la stratégie de la cage à homard pour piéger les étudiants, une fois entré, on ne peut plus en ressortir!

Leur seul espoir du côté étudiant est de rejeter l’offre, que le PLQ déclenche des élections et que par miracle le PQ réussisse à prendre le pouvoir.  Je ne parierais pas là-dessus.

Moi si j’étais premier ministre, je souhaiterais un refus de l’entente pour ensuite déclancher des élections.

H/T: Friviere


7 mai 2012

Lisée, prise 15: la natalité des québécois Canada Coup de gueule En Chiffres Gauchistan Québec

Dans son dernier livre, Jean-François Lisée s’est donné la difficile tâche de mettre la droite K.-O. en 15 arguments. Pour vérifier si tel est le cas, voici une série de billets qui reprend chacun des arguments avancés par Lisée pour en vérifier la validité. Attention, car la gauche est sur le point d’encaisser une droite !

Affirmation #15 de Jean-François Lisée: la droite ment quand elle affirme que le taux de natalité des Québécois est un signe de déclin.

Selon Lisée, la droite est extrêmement préoccupée par le taux de natalité au Québec…  Je l’ignorais…  Mon blogue est en ligne depuis 5 ans et je n’ai jamais vraiment traité de cette question.

M’enfin, puisque c’est le sujet, disons simplement que Lisée fait fausse route dans son livre.  En effet, il présente des chiffres relatifs au taux de natalité pour conclure que tout va bien au Québec.  Disons simplement que pour les démographes sérieux, le taux de fécondité représente une mesure bien plus sérieuse.

Voici l’indice de fécondité au Québec depuis 1951, je vous signale que selon les démographes, il faut un taux minimum de 2,1 pour assurer le renouvellement de la population:

Lisée Droite

Le Québec est sous le seuil de renouvellement depuis le début des années 70.  On peut aussi voir que le supposé baby-boom, tant discuté dans les médias depuis quelques années, n’est qu’une vue de l’esprit.

Voici comment se compare le Québec à l’internationale:

Lisée Droite

Le Québec n’est ni bon, ni mauvais, très moyen…  Ce qui constitue, j’imagine, une victoire pour une province qui est habituée à traîner dans le bas des classements.

Toujours sur le thème de la démographie, voici qu’elle est le solde migratoire interprovincial pour le Québec:

Lisée Droite

Il est négatif depuis que Statistique Canada recueille des données…

Le taux de fécondité ne permet pas de renouveler la population, le solde migratoire interprovincial est négatif, ce qui oblige donc le Québec à avoir recours à l’immigration internationale.  Et même là, les résultats sont décevants:

Lisée Droite
À partir de 2012, scénario de projection M4 de Statistique Canada

Selon les résultats du dernier recensement, pour la toute première fois de l’histoire du Canada, plus de gens vivent dans l’Ouest du pays que dans les provinces de l’Atlantique et du Québec réunies…

Si, contrairement à ce que dit Lisée, la démographie n’a jamais été un enjeu central pour la droite, n’en reste pas moins que la situation est pour le moins préoccupante.  Il sera impossible pour le Québec de pouvoir maintenir ses programmes sociaux avec une croissance démographique aussi anémique.

Il s’agissant du 15e billet consacré au livre de Jean-François Lisée « Comment mettre la droite K.-O. en 15 arguments ».  Vous l’aurez donc deviné, il s’agissait donc du dernier billet de cette série qui a débuté le 1er février !

À lire aussi:

Sources:
Institut de la statistiques du Québec
Indice synthétique de fécondité

OCDE
OECD StatExtracts

Statistique Canada
Tableau 051-0018
Tableau 102-4505
Tableau 051-0005
Tableau 052-0005


7 mai 2012

Tous des pourris France Revue de presse

Le Point

Vote blanc : un score historique
Le Point

D’après un sondage OpinionWay, près de deux millions de Français ont choisi le bulletin contestataire, qui ne sera pas comptabilisé.

C’est une victoire historique pour tous ses partisans. Pour la première fois, le vote blanc, qui n’est pas comptabilisé en France, a atteint ce dimanche 7 % des suffrages, révèle un sondage OpinionWay. Ainsi, ce serait plus de deux millions d’électeurs qui n’auraient reporté leur voix sur aucun des deux candidats finalistes. Pourtant, comme lors des précédents scrutins, ce vote contestataire est venu gonfler les chiffres de l’abstention, et renforcer la frustration des partisans du ni-ni.

En dépit des nombreuses critiques sur ce qui est considéré comme une « anomalie » de la démocratie, la France est loin d’être le seul pays à fermer les yeux sur le vote blanc. Bien au contraire. En Europe, seuls trois pays reconnaissent ce bulletin vierge. Tout d’abord la Suisse, qui comptabilise les bulletins blancs aux premiers tours des élections, au scrutin majoritaire. Ce n’est pas le cas lors des seconds tours, où la majorité relative est appliquée.

En tenant compte du « vote blanc », François Hollande aurait donc réuni sur son nom 48,6% des votants.

Le plus fort taux de bulletins blancs enregistré précédemment datait du second tour de l’élection présidentielle de 1969, qui opposait Georges Pompidou et Alain Poher. 6,42% des votants ne s’étaient pas exprimés.

En 2007, le nombre de vote non exprimé était de 4,2%.