Un spin souvent répété depuis le début des violences étudiantes à Montréal veut que la CLASSÉ n’ait rien à voir avec les nombreux méfaits qui ont été commis.  Qu’on pense au métro saboté avec des sacs de briques, au complexe Desjardins attaqué avec bombes fumigènes, aux nombreux actes de vandalisme contre des institutions financières, au saccage de l’Université de Montréal ou encore les situations d’émeute au centre-ville.

Pour les médias, ces gestes sont le fruit du hasard, imputable à de simples casseurs qui…  cassent parce qu’ils n’ont rien de mieux à faire.

Pourtant, ces gestes sont tout sauf des gestes de violence aveugle, il s’agit de violence politique, organisée et planifiée. À plusieurs reprises, lors de ces démonstrations de violence, nous avons pu voir le drapeau rouge et noir, symbole des groupes anarcho-communistes:

Anarcho-Communiste

L’Union Communiste Libertaire est un groupe anarcho-communiste présent à Montréal. Voici ce qu’on peut lire sur leur site:

Des anars s’organisent à l’école: entrevue avec 4 militantEs du RAME

C’est surtout lors de la grève générale de 2005 que j’ai pris conscience de certains faits. Par exemple, de quelle façon et comment avait pris forme la grève. Il fallait se poser la question : comment cela a-t-il pu arriver? En tant que gréviste, la réponse était assez simple : c’est grâce à notre organisation avec l’ASSÉ, en privilégiant le syndicalisme de combat, la démocratie directe et l’action directe. En tant qu’anarchiste, il fallait, à mon sens, faire un grand retour en arrière et regarder l’histoire de l’anarchisme et ses luttes passées afin de se rendre compte de certaines similitudes, bien évidemment dans des contextes et des situations différentes, avec ce que nous venions de vivre.

Pour ceux qui se pose la question, l’ASSÉ c’est l’ancien nom de la CLASSÉ.

D’ailleurs, Gabriel Nadeau-Dubois a déjà participé à une conférence organisée par l’Union Communiste Libertaire.

Voici qu’elle est la position de l’Union Communiste Libertaire au sujet de la violence…

Autodéfense : la domestication de la violence comme stratégie d’émancipation

À moyen terme, développer des tactiques de défense pourrait aider à renforcer considérablement une ligne de piquetage, empêcher la déportation de sans-papiers, défendre un squat contre une éviction, diminuer le nombre d’arrestations dans une manifestation et repousser des policiers anti-émeute. […]

Selon le cas, la violence peut être légitime ou non. On s’entend généralement pour dire qu’une personne ou une communauté a le droit moral d’employer la force nécessaire à la défense de son « intégrité physique ». Plusieurs qualifient aussi comme un droit, voire un devoir, le fait de défendre les libertés de chacun, telles que définies par la pensée libérale. L’idéologie communiste libertaire renchérit en déclarant légitime le combat contre le vol organisé et l’oppression caractéristiques d’un système où les moyens de production sont contrôlés par une classe minoritaire.

Ainsi, l’attaque peut parfois être une défense légitime. Dans un contexte d’oppression systématique, l’autodéfense ne se conçoit pas uniquement à court terme : une tactique de guérilla contre une armée d’occupation, par exemple, si elle est efficace, est légitime. Évidemment, tuer des innocents ne peut jamais être justifiable : la question est de savoir qui est innocent et qui ne l’est pas… […]

Nous avons tous et toutes la capacité d’identifier les situations d’agressions où l’autodéfense est légitime, mais cette capacité est souvent étouffée par des réflexes de déni. Particulièrement en ce qui a trait à la sexualité, tant les hommes que les femmes apprennent à nier les situations d’agression. Se dire : « Je ne suis pas en train d’agresser. » ou « Je ne suis pas en train d’être agressé-e. », alors que c’est précisément le cas, est une attitude à combattre lorsqu’on veut se libérer des schèmes d’oppression patriarcale et d’agressivité en général.

Une fois une situation d’agression admise, il faut être capable de composer avec. La grande majorité d’entre nous éprouvons de la difficulté à frapper quelqu’un d’autre, ce qui est évidemment une bonne chose. Cependant, pour toute personne désirant domestiquer la violence, s’en approprier les outils et la légitimité, frapper et être frappé doivent devenir des gestes connus, pour ne pas dire « normaux ».

Ainsi, un des objectifs d’un entraînement d’autodéfense est d’abaisser les barrières psychologiques associées au fait de causer de la douleur. Alors qu’un camp militaire s’occupe de cette tâche de façon mécanique et cruelle, un entraînement anarchiste peut très bien s’en occuper de façon mutuellement respectueuse et progressive.

Intéressant n’est-ce pas…  Une organisation très proche de la CLASSÉ qui tient un discours, qui non seulement excuse, mais justifie la violence.  Sans compter, vous l’aurez sans doute déjà remarqué, que le concept de légitime défense défendu par Gabriel Nadeau-Dubois se rapproche beaucoup du discours de l’Union Communiste Libertaire…

Les nombreux actes de violence qui se sont produits à Montréal ne sont pas le fruit des gestes aléatoires de la part de casseurs en manque de sensations fortes.  Il s’agit d’actions directes planifiées par des groupes anarcho-communistes qui sont idéologiquement très proches de la CLASSÉ.

MISE-À-JOUR

L’émeute de Victoriaville, durant laquelle on a pu voir un policier se faire battre par des manifestants, a été organisée par la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics. La Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics a déjà participé à un événement organisé par les anarcho-communistes de l’Union Communiste Libertaire.