Gouver-MamanAu Québec quand le gouvernement sort de l’argent de ses coffres, ce n’est jamais une dépense, c’est toujours un investissement. On ne dépense pas en santé, on investit. On ne dépense pas en éducation, on investit. On ne dépense pas en culture, on investit. On ne dépense pas pour refaire les routes, on investit. On ne dépense pas pour un nouveau Colisée, on investit. On ne dépense pas dans les garderies à 7$, on investit. On ne dépense pas dans les régions, on investit.

Et allez savoir pourquoi, malgré tous ses investissements, le Québec accumule les déficits… Si l’on accepte la prémisse que le gouvernement ne dépense jamais, mais qu’il investit tout le temps, alors force est de constater que les talents d’investisseurs de nos politiciens sont comparables à ceux de Vincent Lacroix…

Le dernier exemple de cette dangereuse mentalité ? Les ineffables « économistes » Pierre Fortin, Luc Godbout et Suzie St-Cerny qui affirment dans une étude qu’en 2008, les garderies étatiques ont permis à 70 000 femmes de gagner le marché du travail ce qui se traduit par des gains de 1,04$ pour chaque dollar investi par le gouvernement.  Donc, selon cette étude, le gouvernement pourrait équilibrer son budget en « investissant » 1,4 milliard de dollars supplémentaires dans les garderies !

Depuis que les CPE ont été créés, le nombre de places disponibles est passé de 96 344 à 214 804 ce qui représente une augmentation de 123%.  Par contre, les budgets des CPE sont passés de 526 millions à 2 087 millions de dollars, soit une augmentation de… 297% (dollars constants).  Vous avez bien lu, pour augmenter le nombre de places de 123%, les budgets ont été augmentés de 297%.  Et on voudrait nous faire croire que les garderies sont un investissement intelligent.

Qu’en est-il des 70 000 femmes qui se seraient trouvé un travail en 2008 grâce aux garderies ?  Faites le calcul, dépenser 1 800 millions de dollars pour créer 70 000 jobs revient à dépenser 25 713$ par emploi ainsi créé.  Il sera moins compliqué et probablement plus efficace de leur faire directement un chèque.

Et pour ceux qui pensent que les garderies sont absolument essentielles pour retourner les femmes sur le marché du travail:

Garderies

Le Québec est la seule province avec des garderies étatiques et pourtant on ne réussit qu’à battre les provinces maritimes, probablement parce que le marché de l’emploi est déjà plus précaire dans ces provinces.  Chose certaine, la belle province est loin derrière l’Alberta, cette province de sois-disant « rednecks »…

On est très loin des réalisations spectaculaires vantées dans l’étude de Pierre Fortin, Luc Godbout et Suzie St-Cerny…

Source:
Ministère de la Famille et des Aînés et de la Condition féminine
Rapports annuels de gestion

Statistique Canada
Tableau 282-0002