Dans La Presse cette semaine, on a pu lire cette déclaration d’André Poulin, le directeur de Destination centre-ville, un regroupement de commerçants, au sujet du saccage réalisé par les manifestants contre la brutalité policière: « Les policiers doivent arrêter de protéger les manifestants et protéger nos commerces, nos immeubles, nos voitures et nos citoyens ».

On pourrait aussi parler des actes criminels dirigés contre l’IEDM qui sont restés impunis par les policiers.

Je me suis demandé si cette apparence de laxisme envers les criminels pouvait être imputée au manque d’effectifs policiers.  Voici la réponse:

Police Justice Québec

Comme on peut le voir, le Québec est l’une des provinces avec le plus de policiers…  Il faut donc trouver une autre explication…

Mais peut-être que le Québec ne finance pas adéquatement ses services de police, le cas échéant avoir un grand nombre de policiers serait peu utile.  Voici ce que les chiffres disent:

Police Justice Québec

Comme on peut le voir, le Québec est l’une des provinces qui dépensent le plus dans la sécurité…  Il faut donc trouver une autre explication…

Mais peut-être que le Québec est une province très criminalisée, le cas échéant il nous faudrait beaucoup de policiers pour contenir cette criminalité.  Voici ce que les chiffres disent:

Police Justice Québec

Comme on peut le voir, la charge de travail des policiers au Québec est très légère…  Il faut donc trouver une autre explication…

Mais peut-être que cette charge de travail plus faible se traduit dans la réalité par une plus grande efficacité dans le travail des policiers. Voici ce que les chiffres disent:

Police Justice Québec

Comme on peut le voir, le Québec est l’une des provinces où les policiers ont le moins « d’affaires classées »…

Résumons.  Le Québec est l’une des provinces avec le plus de policiers, qui dépensent le plus en sécurité, nos policiers sont parmi ceux qui ont la charge de travail la plus faible et malgré cette faible charge de travail, ils sont parmi ceux qui attrapent le moins de criminels.

Je ne crois pas que les policiers québécois soient moins intelligents ou plus paresseux que leurs homologues canadiens.  J’ai plutôt l’impression qu’ici les gouvernements ont transformé une bonne partie de nos forces policières en percepteur d’impôts.  Un policier qui fait de la patrouille routière, ce n’est pas la même chose qu’un enquêteur.

L’application du Code criminel est devenue une mission secondaire, on leur demande surtout de distribuer des contraventions.  On se retrouve donc dans une province qui peut compter sur une imposante force policière qui coûte très cher, mais qui est incapable de lutter efficacement contre la criminalité.  Soft on crime comme le dit le sénateur Boisvenu…

Pour donner un billet de vitesse, les politiciens font en sorte que les policiers sont toujours disponibles, mais s’il faut stopper une émeute ou remuer ciel et terre pour attraper des cyberprédateurs, les mêmes politiciens sont beaucoup plus réticents à donner carte blanche à leurs hommes…  Encore une fois, le gouvernement du Québec a failli à une mission essentielle.

« Police partout, justice nulle part » devrait être un slogan de la droite, pas de la gauche.

Jean-Marc Fournier, le ministre de la Justice, a déjà dit que le Québec était l’une des provinces les moins criminalisées.  Alors j’ai une question pour le ministre: si la criminalité au Québec est si faible, pourquoi dépenser autant pour une force policière aussi imposante ? On veut protéger la population ou la taxer avec des contraventions ?

Sources:
Statistique Canada
Tableau 254-0002
Tableau 252-0052
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