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Dans son dernier livre, Jean-François Lisée s’est donné la difficile tâche de mettre la droite K.-O. en 15 arguments. Pour vérifier si tel est le cas, voici une série de billets qui reprend chacun des arguments avancés par Lisée pour en vérifier la validité. Attention, car la gauche est sur le point d’encaisser une droite !
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Affirmation #5 de Jean-François Lisée: la droite ment quand elle affirme que le Québec est pauvre. Selon Lisée, le Québec est l’un des endroits dans le monde avec le moins de pauvreté.
Pour parvenir à cette conclusion, comme à son habitude, Jean-François Lisée analyse un segment bien précis de la population au lieu de regarder la situation dans son ensemble. Le problème avec ce genre d’analyse ? Les arbres finissent par cacher la forêt…
Lisée analyse donc les taux de pauvreté au Québec pour les comparer à ceux des autres provinces canadiennes et à divers pays industrialisés. Il en conclut que puisque ces taux sont favorables au Québec, la droite ment quand elle affirme que le Québec est pauvre. Le problème avec cet argument ? On y caricature les arguments de la droite. La droite affirme que le Québec est une province pauvre dans son ensemble; pas que les taux de pauvretés sont plus haut, la nuance est importante. Après tout, personne à droite ne nie que les pauvres bénéficient d’un parachute doré au Québec, c’est même un des problèmes que la droite dénonce
Voici dans quelle proportion le revenu des 20% les plus pauvres au Canada provient de transferts gouvernementaux:

Comme on peut le voir, le Québec est l’une des provinces où les pauvres sont les plus dépendants du gouvernement. En distribuant autant d’argent, il est normal que l’on puisse faire baisser les taux de pauvreté. Mais si on revient au point de Jean-François Lisée, on peut se poser la question suivante: si le Québec n’est pas pauvre, pourquoi faut-il redistribuer autant ? Je vois dans cette addiction à la redistribution un signe indéniable de pauvreté.
Mais qu’en est-il du 80% restant i.e. ceux qui payent des impôts pour améliorer le sort du 20% le plus pauvre ? Après tout, sans eux toute cette redistribution est impossible. Voici comment ont évolué leurs revenus depuis 2000:

Méthode de calculs: Coiteux, M., Le point sur les écarts de revenu entre les Québécois et les Canadiens des autres provinces, février 2012.
Ce qu’on peut voir sur ce graphique, c’est le vrai visage de la pauvreté au Québec, une province qui stagne depuis 2000 alors que dans le reste du Canada la croissance des revenus est relativement importante. Les provinces qui étaient plus riches que le Québec sont devenues encore plus riches et celles qui étaient plus pauvres sont en train de combler l’écart. On peut parler de catastrophe.
Depuis 2000, le Québec a été dépassé par la Saskatchewan, le Manitoba et la Colombie-Britannique…
Voici comment ont augmenté les revenus du marché dans les dix provinces canadiennes depuis 2000:

Seul l’Ontario, une province sur le déclin, a fait pire que le Québec, mais malgré tout cette province nous devance largement. En 2009, le revenu du marché ajusté au coût de la vie du 80% de la population le plus riche était de 52 959$ en Ontario contre 45 275$ pour le Québec.
D’ailleurs, voici ce que dit l’économiste Martin Coiteux dans le cadre d’une étude réalisée pour le « Centre sur la productivité et la prospérité du Québec » des HEC à propos de la pauvreté relative des Québécois:
Le Québec, bientôt la province la plus pauvre ?La pauvreté relative du Québec implique donc que ses citoyens paient moins d’impôts fédéraux et reçoivent plus de transferts personnels que les provinces plus riches, ce qui permet de réduire les écarts de richesse avec les Ontariens, les Albertains et les citoyens de Colombie-Britannique de 32 %, 31 % et 21 % respectivement. Il n’en reste pas moins que cela correspond à une certaine forme de dépendance.
En ajoutant à cela la redistribution provinciale, le Québec parvient presque à renverser la tendance pour les 20 % de ses ménages les plus pauvres par rapport aux 20 % correspondants des autres provinces. À mesure que l’on progresse sur l’échelle des revenus, en revanche, les déficits réapparaissent et s’accentuent. Cela signifie que par rapport aux provinces plus riches, le Québec manque cruellement de revenus taxables au milieu et en haut de la distribution. Cette situation n’est pas étrangère à la dépendance du gouvernement provincial à l’égard des subventions fédérales, ni à son niveau élevé de taux d’imposition, ou encore à son problème d’endettement chronique.
Lisée a raison sur un point, le Québec fait relativement bien au niveau des taux de pauvreté. Mais si les pauvres ne sont pas trop pauvres, c’est parce que l’on taxe énormément les gens qui sont plus riches qu’eux. Et quand les riches en question sont incapables de s’enrichir et commencent même à s’appauvrir par rapport aux autres Canadiens, ce qui se traduit par une baisse des revenus taxables, qui pourra-t-on taxer pour que les pauvres puissent maintenir leur train de vie ? Le système qui rend possible la situation décrite Jean-François Lisée est tout simplement insoutenable parce que dans son ensemble, le Québec est… pauvre.
Pour maintenir à flot une petite partie de la population, on tire vers le bas un grand nombre de gens. Quand on aura tiré trop de gens vers le bas pendant trop longtemps, tout le monde finira par se noyer, plus personne, pauvres y compris, ne pourra se maintenir à flot…
Pour terminer, voici les statistiques les plus récentes sur l’aide sociale au Canada:

À lire aussi:
- Lisée, prise 1: la croissance économique québécoise
- Lisée, prise 2: le niveau de vie des québécois
- Lisée, prise 3: le travail des Québécois
- Lisée, prise 4: la productivité des Québécois
Sources:

Tableaux 202-0301, 202-0706, 051-0001, 202-0809, Population urbaine et rurale





















À quand un cours de statistique obligatoire pour tous pour que les politiciens, les journalistes et 25% du peuple puissent comprendre ce que tu démontres? À quand la lecture de ce blogue obligatoire pour tous en première année d’Université?
Mais attention certaines provinces comme l’alberta donnent des coupons d’épicerie, ça incite au travail en cibole. Même en situation de plein d’emplois il y a toujours et aura toujours un 5% de gens qui ne veulent pas travailler. Pourquoi? Sont pas faites pour ça. Même gratuit on les veut pas. Même subventionnés par l’état les entreprises n’en veulent pas. Je crois que c’est normal que dans une société un certain % de gens ne soit pas fait pour le travail. Une genre de pathologie. Je sais pas. Ils sont aptes mais, tsé, paquet de troubles. Mieux vaut les laisser à la maison. La gauche dit que c’est 575$ par mois. C’est pas si pire pour avoir la paix. Les voir traîner dans la rue pas certain que c’est une bonne idée.
Saviez vous que le plein d’emploi c’est 5%. Ça n’existe pas un taux de chômage à 0. Y’a toujours du monde qui cherche pis cherche pis cherche sont pas contents ect. C’ets une roue qui tourne. Lorsqu’on en embarque un, un autre débarque ect c’est normal ça. Faut pas être trop dur non plus. On part pas tous égaux dans la course à la vie. Y’a des gens de 50 ans qui ont un âge mental de 8 ans. On fait quoi avec ça? C’est quand même pas de leur faute. Il y a une limite à utiliser le terme responsabilité avec certains profils de gens.
On m’envoyait du monde gratuit. Pis, non! Non! Non! dehors j’appelais l’agente regarde oublie ça. Sont pas faites pour ça. Ben louable ce que vous faites mais ici c’est pas une entreprise social communautaire. Tu donnes à la société pis au lieu de te remercier on t’envoie un projet de cotisation. Non non non. Oubliez ça. Déjà été ben philanthrope humain, mais là je fais des chèques à la place. C’est déductible etc pis j’ai la conscience tranquille.
On attend toujours la possibilité de t’offrir une participation monétaire via bouton Paypal pour t’aider à supporter ton site David
Encore une fois, un excellent billet. Félicitation.
Il faudrait bien que je trouve le temps de faire ça un de ces 4.
les transferts gouvernementaux et la proportion de bs est plus élevé à terre neuve, mais ils s’enrichissent assez rapidement, donc dans quelques années, on sera réellement la province la plus pauvre. le seul point positif que je vois est que le québec dispose de ressource pétrolière, une source de richesse qui pourrait nous sortir de la merde si l’exploitation est bien planifié.
Si c’est le gouvernement qui fait la planification…
@david
je crois que la meilleure option serait de privatiser partiellement, car je crois que pour ce qui fait de l’argent comme le pétrole ou hydro, il faut que l’état puisse en bénéficier un peu, question de diminuer nos dettes. peut être qu’une fois l’équilibre budgétaire retrouvé, nous pourrions privatiser à 100%.
Pourquoi on ferait pas comme l’Alberta. ça marche bien leur système.
Le problem au Québec, ce n’est pas le 600$/mois des BS, mais les 125,000$ par année des BS de luxe qui travaille au gouvernement, et 125,000$/ans c’est la moyenne gagner par un fonctionnaire de l’etat si on ajoute leur regime de retraite a leur salaire et autre avantage. La majorite de c’est fonctionnaire ne produise rien qui pourrait meme approcher la valeur qu’on les payes, et ca c’est le vrai problem du quebec.
Coupé moi dans le vrai gros gras sale des BS de luxe qui travaille au gouvernement et arreté dont d’eceurer les BS a 600$/mois. C’est tellement lâche de s’attaquer au monde qui sont a terre et j’ai honte quand j’attend des gens qui se dise de droite et qui attaque comme ca les vrai pauvres au Quebecois. Au Etat-Unis tu as plein d’oeuvre de charite/religieuse qui s’occupe d’eux, ici on a pas ca, il faut bien que la societe leur donne un minimum pour vivre et je met au defi n’importe qui de vivre avec 600$/mois et bonne chance.
Sauf quand ils sont aptes au travail…
@Maxhubert : Excellent commentaire. Les assistés sociaux c’est le dernier de nos problèmes. Y’a 75 000 fonctionnaires de trop, plus les jobs subventionnés qui finissent par nous coûter plus cher que les impôts et taxes perçus, la surfacturation d’entreprises etc.
Lorsqu’on aura réglé ça, on pourra voir ce qu’on fait avec les « BS » aptes. Pour l’instant nous ne sommes pas en position de leur faire la morale. Ils vont nous dire de faire le ménage dans nos affaires avant et avec raison.
Et comme je le disais y’a des aptes qui ne sont pas capables. Je connais des médecins qui en remplissent souvent des feuilles de BS pis la stupidité ect n’est pas considéré comme une inaptitude.
Selon la définition de l’État faut pas que le type soit pas capable de bouger physiquement ou maladie mentale. Quand les médecins ne savent pas quoi écrire, (certains méritent un break dans vie 3 mois 6 mois) peu importe ils inscrivent « Border line » les médecins du BS comprennent ce que ça veut dire. Ils ont des codes entre eux. Ça veut dire apte au travail mais oublie ça pour l’instant. Fait trop pitié.
Le médecin prends bien la peine de dire au PT c’est le dernier que tu vas avoir. Ainsi le type a 3 mois pour retomber sur ses pattes. Sinon il n’a que le 600. Je sais pas c’est combien un inapte. Genre 850 probablement. Bonne différence.
je connais peu l’alberta (merci à nos médias de nous tenir dans l’ignorance), est-ce que l’industrie pétrolière est 100% privé?
100% privé. Zéro nationalisation. Là bas on se souvient que la nationalisation de Trudeau (Pétro-Canada) a détruit l’industrie pétrolière.
Encore mieux lors de la dernière campagne l’enjeu n’était pas de savoir s’il fallait augmenter les redevances mais plutôt s’il fallait les diminuer.
@ respectable
+1, c’est une chasse aux sorcières cette histoire de BS à 600$, il y a tellement de BS de luxe à couper bien avant. Ceux qui se focalisent sur les petits se tirent dans le pied.
Y,a des BS qui sont comiques par exemple. Ça appelle pour savoir qui est le médecin de Garde. C’est une urgence. Peu importe qui! Sont tous membres en règle du collège des médecins. Sont pas membre du collège du Congo.
C’est parce que y’a des médecins qui sont connus pour avoir la signature plus lousse que d’autres. Les BS se parlent entre eux. Nous on le dit pu qui. « Présentez vous vous allez voir ça sera une surprise » « Ha! Ben laissez faire d’abord. Tsé Ils n’ont pas de médecin de famille faque ils s’essaient à l’urgence des cliniques sans RV ça c’est sans compter tous ceux qui veulent des médicaments contrôlés. Ils ont déjà leur bateau toute montée d’avance. Ça fait des menaces aux médecins. Heille! C’est une clinique privée ici. La bâtisse n’appartient pas gouvernement. Essaye-toi ailleurs pis scram. Y,a des gens qui sont convaincus que leur carte soleil leur donne toutes sortes de droits étranges.
« Vous avez passé ma carte » Ouin pis? tu l’as vu le médecin. Oui mais j’ai pas eu ce que je voulais. Lol Une clinique médicale n’est pas un bar de puscher. Tant qu’à moi certains ont moins besoin de Supeudol qu’un bon coup de pied au cul.
J’évalue à 5% le nombre de BS fraudeurs. Ce qui est un taux normal considérant cette catégorie de gens.
Il y a des fraudeur partout et d’utiliser ca comme excuse vouloir leur couper leur petit cheque de 600$ par mois c’est ridicule, c’est comme de dire, il y a des gens qui vole dans les magazins, fermont tout les magazins pour empecher les voles, c’est vraiment pas fort comme raisonnement.
Pour ce qui est des »aptes » au travail, en generale, c’est qu’il ne sont pas necessairemen t »aptes » au marché du travail au Quebecois. Ce que je veux dire par la, c’est qu’au Quebec, avec un salaire minimum de 10$/heur, n’importe qui qui n’a pas la capacité de produire des biens ou des services valent 10$/heur est automatiquement incapable de se trouver un emploi au privé a moins d’etre subventionner ou de travailler pour l’etat.
Malheureusement, tant que l’etat s’entêtera a reglementer le marché de l’emploi en imposant des regles comme le salaire minimun, de retirer le seule revenu que les vrais pauvres ont pour se loger/nourrire serais une grande injustice.
Depuis l’an 2000, les fraudes au régime d’aide sociale du Québec frôlent le milliard de dollars.
Et il faut ajouter 400 millions supplémentaires versés en trop à la suite d’erreurs de bonne foi des prestataires.
http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/201001/12/01-938496-la-fraude-a-laide-sociale-frole-le-milliard.php
«Lisée a raison sur un point, le Québec fait relativement bien au niveau des taux de pauvreté.»
Si on en croit les données de Statistique Canada, Lisée a tort là-dessus. C’est un problème, car on se retrouve avec des données contradictoires provenant de deux sources différentes. (Lisée semble comparer avantageusement le Québec avec les siennes.)
Mais disons qu’on se fie sur les données de StatCan, si on regarde le taux de pauvreté dans chaque province selon le revenu avant et après impôt, voici ce que ça donne :
http://mbernard.ca/can_taux_pauvrete.png
Que remarque-t-on ?
Même après les transferts gouvernementaux (inclus dans le calcul du revenu après impôt), le Québec a le 3e plus haut taux de pauvreté. Pire, si on observe le revenu avant impôt, le Québec atteint la prestigieuse 2e place à l’échelle canadienne !
Si on observe bien l’écart entre les revenus avant et après impôts, on remarque que cet écart est plus élevé au Québec (si on fait abstraction de la Nouvelle-Écosse). Cela signifie que l’État parvient bel et bien à réduire les inégalités, bien plus qu’ailleurs. Cependant, puisque le revenu du marché des Québécois est bien plus bas, il est difficile d’amener le taux de pauvreté à un niveau plus bas.