Dans son dernier livre, Jean-François Lisée s’est donné la difficile tâche de mettre la droite K.-O. en 15 arguments. Pour vérifier si tel est le cas, voici une série de billets qui reprend chacun des arguments avancés par Lisée pour en vérifier la validité. Attention, car la gauche est sur le point d’encaisser une droite !

Affirmation #3 de Jean-François Lisée: la droite ment quand elle affirme que les Québécois ne sont pas travaillants.  Selon Lisée, le Québec serait l’un des endroits où les gens travaillent le plus.

Pour parvenir à cette conclusion, Jean-François Lisée fait preuve d’une mauvaise foi qui dépasse l’entendement.  Le shadowboxer de la gauche prétend « terrasser » cette affirmation en comparant le taux d’activité du Québec à celui des pays du G-7. Selon cette « analyse », le Québec se classe deuxième, uniquement devancé par le Canada.

Le problème avec cet argument ?  Jean-François Lisée utilise une mesure qui ne veut rien dire. C’est comme si l’on voulait enfoncer un clou en utilisant un téléphone…

Le taux d’activité mesure le pourcentage de la population qui fait partie de la population active et la population active comprend les personnes ayant un emploi et… les chômeurs.  Avouez que la situation est ironique, pour prouver que les Québécois sont les plus travaillants,  Jean-François Lisée inclut dans ses calculs les gens sur le chômage !

Mais ce n’est pas tout.  Avoir un emploi ne signifie pas que l’on fait preuve de zèle dans son travail.  Dans le calcul du taux d’activité, on ne fait aucune différence entre une personne qui travaille dix heures par semaine et une autre qui travaille quatre-vingts heures par semaine.  Sans compter que les très hauts taux de décrochage au Québec peuvent gonfler artificiellement le taux d’activité…

Pour avoir un portrait juste de la situation, Jean-François Lisée aurait dû regarder les statistiques sur le nombre d’heures travaillées par les gens ayant un emploi.  Il l’a probablement fait, mais puisque la conclusion était dérangeante, il a probablement décidé de ne pas en parler dans son livre…

Voici donc comment se compare le Québec aux vingt pays les plus riches de l’OCDE et aux neuf autres provinces canadiennes.  Contrairement à Jean-François Lisée, je ne limite pas mon analyse à une poignée de pays…

Lisée Droite

Malheureusement pour la gauche québécoise et leur modèle, la Québec se retrouve dans le fond du classement, loin derrière la moyenne des pays de l’OCDE…  Encore pires, toutes les provinces canadiennes se classent devant la belle province.

Par contre, les observateurs les plus jovialistes ont peut-être remarqué que le Québec se classe devant 8 pays européens.  La gauche va sans doute se satisfaire de savoir qu’on peut trouver pire…  Mais il faut savoir que les pays qui se classent derrière le Québec ont, pour la plupart, gagné le droit d’être un peu plus relaxe.  Par exemple, en Norvège on travaille 233 heures de moins qu’au Québec.   Par contre, le PIB/habitant de la Norvège, ajusté au pouvoir d’achat, est de 69 203$ alors que celui du Québec n’est que de 40 174$, une différence de 29 029$.  Cet écart s’explique par le niveau de productivité, mais je n’en dis pas plus puisque ce sera le sujet de mon prochain billet.

Mais nonobstant les quelques pays européens battus par le Québec, la comparaison la plus importante reste celle avec nos voisins immédiats, soit les autres provinces canadiennes et les États-Unis.  Ce sont ces économies qui nous compétitionnent directement et à ce chapitre nous sommes bons derniers.

Ces chiffres prouvent-ils que les Québécois sont paresseux ?  Non, car si les Québécois travaillent moins, on peut aussi blâmer le modèle québécois qui a pour conséquence de décourager le travail.  En effet, quand le gouvernement taxe quelque chose, on décourage sa consommation et/ou sa production.  Les taxes sur le tabac sont un bon exemple.  Il ne faudrait donc pas se surprendre qu’en taxant le travail via les impôts, on incite les gens à travailler moins…

Les Québécois ne sont peut-être pas paresseux, mais il ne faut pas de doute que le modèle québécois incite à la paresse.

À lire aussi:

Sources:
Statistique Canada
Tableau 383-0009

OCDE
OECD StatExtracts