Je vous invite à écouter cette excellente entrevue de Maxime Bernier avec George Stroumboulopoulos de la CBC. Ensuite demandez-vous si un journaliste au Québec aurait pu faire une entrevue similaire avec le député de Beauce.

On voit que George Stroumboulopoulos est clairement quelqu’un d’articulé, intéressé par son invité et qu’il s’est suffisamment bien documenté pour aborder des questions de fond. George Stroumboulopoulos n’utilise pas sa tribune pour se mettre en valeur en faisant mal paraître son invité, il prend le temps d’écouter Maxime Bernier et il pose des questions pertinentes, le tout spontanément, sans cartons.

Au Québec, ce genre d’entrevue est quasiment impossible avec nos journalistes. De par leur manque de culture politique, ils sont incapables d’aborder les questions politiques sous un angle philosophique. Par conséquent, ils confrontent, ils sont perpétuellement à la recherche du « gotcha moment ». Il est plus facile de chercher à ridiculiser que de discuter autour du concept de liberté.

Combien de fois j’ai vu un journaliste québécois, incapable de concevoir que l’on puisse avoir un point de vue différent du sien, ne pouvant retenir un petit sourire narquois quand Maxime Bernier parle de libertés individuelles. Mais pas Stroumboulopoulos, celui-ci est assez cultivé et informé pour savoir qu’il s’agit là d’un point de vue qui mérite d’être abordé en profondeur. Notez aussi que contrairement aux journalistes québécois, Stroumboulopoulos n’utilise pas le terme « libertarien » comme une insulte, mais plutôt comme un point de vue politique légitime. Cette différence est une autre illustration d’une maîtrise beaucoup plus fine des enjeux politiques.

Voilà pourquoi il est si important de maîtriser l’anglais au Québec, pour aller s’informer ailleurs.