Virage à gaucheQuelle est la dernière trouvaille de l’ineffable Jean-François Lisée pour diaboliser la droite québécoise ?

Imaginez-vous que selon ce péquiste, sympathique aux idées de Québec Solidaire, la droite déteste le Québec !

N’en déplaise à Lisée, si la droite détestait le Québec, elle se satisferait du statu quo, elle ne demanderait pas que l’on fasse les changements nécessaires pour que la province puisse briller parmi les meilleurs.  Si la droite détestait le Québec, elle se gargariserait avec le sacro-saint modèle québécois, un modèle qui n’a jamais été exporté à l’extérieur de nos frontières. Si la droite n’aimait pas le Québec, elle n’y consacrerait pas autant d’effort pour le rendre plus fort.

Ce que Jean-François Lisée tente de faire, c’est de rattacher l’identité québécoise à une idéologie politique.  Autrement dit, pour être un vrai Québécois il faut être de gauche.  Désolé, mais vouloir mettre en place un régime politique à idéologie unique ce n’est pas une preuve d’amour, c’est au contraire, un signe de mépris envers l’intelligence des citoyens. Ai-je besoin de rappeler à Lisée que les pays qui ont fait de l’identité nationale une idéologie politique se sont tous retrouvés du mauvais côté du rideau de fer ?

Dire que la droite déteste le Québec, c’est un peu comme dire qu’un médecin déteste son patient parce qu’il lui annonce qu’il est atteint d’un cancer et qu’il devra radicalement revoir ses habitudes de vie.  Ce n’est pas agréable de dire à une personne qu’elle a un cancer, prescrire des traitements de chimiothérapie ce n’est pas amusant non plus, on sait que le patient devra passer au travers une période difficile; mais le médecin ne déteste pas son patient pour autant, il veut lui sauver la vie !

La droite aime le Québec, mais elle aime surtout les Québécois.  La droite aime tellement les Québécois qu’elle désire qu’ils soient libres au lieu d’être inféodé à un quelconque gouvernement, qu’il soit provincial ou fédéral.  La droite veut quelque chose de beaucoup plus profond, significatif et constructif qu’un Québec libre, elle veut des Québécois libres !

Margaret Thatcher ne détestait pas la Grande-Bretagne et Ronald Reagan ne détestait pas les États-Unis… Bien au contraire…

L'élection présidentielle française de 1974 a opposé la droite de Valéry Giscard d'Estaing à la gauche de François Mitterrand. Lors du débat présidentiel, d'Estaing lance à Mitterrand une phrase qui passera à l'histoire et que je voudrais rappeler à la mémoire de Jean-François Lisée: "Vous n'avez pas, monsieur Mitterrand, le monopole du coeur, vous ne l'avez pas".

Cette élection fut remportée par Valéry Giscard d'Estaing (qui, à mon grand regret, ne semble pas être capable de faire un noeud de cravate Windsor…).