C’est maintenant devenu une tradition: en début d’année le Centre Canadien Politique Alternatives, un think tank socialiste, publie une étude à propos des revenus des 100 PDG canadiens les mieux rémunérés.  Comme à chaque année, on nous dit que la situation est terrible parce que les présidents de compagnie sont plus riches que les concierges…  Désolé, mais si tous les PDG ont les qualifications requises pour faire le métier de concierges, ce n’est pas tous les concierges qui ont les qualifications requises pour être des PDG…

Mais quand on analyse les rapports produits par le Centre Canadien Politique Alternatives au fil des ans, on peut observer un phénomène qui risque de ne pas plaire à la gauche.  Voici l’évolution du salaire des 100 PDG les mieux payés et des « travailleurs ordinaires » basés sur les statistiques qui proviennent de ces rapports:

Écart de Richesses

Ce qu’on peut voir c’est que les revenus des PDG, contrairement à ceux des travailleurs, sont sujets à d’importantes variations qui sont fonction de la croissance du PIB.  Même quand la croissance du PIB est négative, les travailleurs sont quand même capables de s’en tirer avec des augmentations alors que du côté des PDG les baisses sont brutales.

En bref, contrairement à ce qu’affirme la gauche, il est faux de dire que les riches sont à l’abri des récessions.  Quand l’économie se plante, les PDG sont sévèrement punis; quand l’économie prend du mieux, ils sont généreusement récompensés.  Une belle démonstration de l’action de la main invisible.

On pourrait dire que les travailleurs, en retour d’un revenu moins élevé, ont une plus grande sécurité de leur revenu alors que les PDG ont sacrifié cette sécurité en échange de plus gros salaires.  C’est comme investir dans un placement risqué: si ça réussit alors le rendement sera bon, mais on court aussi plus de risque de perdre son investissement.

Autre élément très important, la récession a permis une meilleure répartition de la richesse, comme en fait foi le différentiel PDG/travailleur.  Mais si la récession permet de répartir plus équitablement la richesse, je connais bien peu de gens pour dire que cette répartition permet d’améliorer le sort des gens.  Qui ici est assez bête pour dire que les récessions améliorent le sort des travailleurs ? Voilà qui prouve qu’il est préférable de vivre inéquitablement dans la richesse que de vivre équitablement dans la pauvreté.

Pour terminer, adoptons le point de vue des marxistes et supposons que le gouvernement décide de prendre des mesures extrêmes pour redistribuer la richesse en confisquant la totalité des revenus des cents PDG les mieux rémunérés pour ensuite redistribuer cet argent vivant sous le seuil de faible revenu.  En 2010, avec cette mesure, le gouvernement pourrait mettre la main sur 838,4 millions de dollars pour ensuite envoyer des chèques de 240$ aux plus pauvres, ce qui représente 65¢/jour.  En bref, en détruisant tout un pan de l’économie canadienne, on pourrait augmenter pendant un an le salaire des plus pauvres d’environ…  1,7% !

Extrait d’un texte d’Ayn Rand, à propos des businessmen, qui est en lien avec la diabolisation que fait le Centre Canadien Politique Alternatives des riches:

Capitalism: The Unknown Ideal

« The legal treatment accorded to actual criminals is much superior to that accorded to businessmen. The criminal’s rights are protected by objective laws, objective procedures, objective rules of evidence. A criminal is presumed to be innocent until he is proved guilty. Only businessmen—the producers, the providers, the supporters, the Atlases who carry our whole economy on their shoulders—are regarded as guilty by nature and are required to prove their innocence, without any definable criteria of innocence or proof, and are left at the mercy of the whim, the favor, or the malice of any publicity-seeking politician, any scheming statist, any envious mediocrity who might chance to work his way into a bureaucratic job. »

Sources:
Canadian Centre for Policy Alternatives
BANNER YEAR FOR CANADA’S CEOs Record High Pay Increase (2007)
A Soft Landing Recession and Canada’s 100 Highest Paid CEOs (2008)
RECESSION-PROOF Canada’s 100 best paid CEOs (2009)
Canada’s CEO Elite 100 The 0.01% (2010)