Débat épique à LCN à propos des indignes entre Éric « Le Rationnel » Duhaime et Jean « L’émotif » Barbe…

Un débat qui oppose clairement dans le coin gauche l’émotion et dans le coin droit la raison.  On ne peut que se bidonner quand Éric Duhaime demande à Jean Barbe de lui donner ses chiffres et que ce dernier répond: « je ne donne pas de chiffres ».

L’argumentaire complètement farfelu de Jean Barbe se résume à un point qu’il a répété à de nombreuses reprises dans le débat: depuis trente ans, le néolibéralisme a grandi au Québec, donc le constat d’échec est imputable au néolibéralisme.

Vraiment, depuis trente ans le Québec serait devenu plus néolibéral….  Allons voir ce que disent les chiffres…

Néolibéralisme

Au tout premier coup d’oeil, on peut immédiatement constater qu’il est ridicule d’affirmer que le néolibéralisme a grandi au Québec depuis trente ans. Le Québec est l’une des provinces, avec l’Île-du-Prince-Édouard, où l’indice de liberté économique (le degré de néolibéralisme) a le plus stagné.  Ces deux provinces ont été les seules à être incapables de remonter au-dessus du niveau d’avant la récession de 1990.

À l’échelle canadienne, nous étions dans le peloton de queue en 1981 et nous étions toujours dans le peloton de queue en 2007.  Quand on étend l’analyse aux 60 provinces et états d’Amérique du Nord, le Québec occupait la 56e position en 1981 et la 59e position en 2007 ! Notre meilleur résultat fût obtenu en 1988 avec une misérable 55e position !

Dans son analyse Jean Barbe admet l’échec du modèle actuel, je suis d’accord avec cette conclusion.  Or, comme un peut le voir, le modèle actuel n’est pas néolibéral, mais bien socialiste.  Conclusion, le constat d’échec est imputable non pas au néolibéralisme, mais aux politiques socialistes qui se sont succédé depuis près de trente ans !  CQFD

Mais Jean Barbe a-t-il raison de craindre autant le néolibéralisme ?  Faisons un « zoom » sur le Québec pour voir ce qu’il en est…

Néolibéralisme

Non seulement il est impossible d’associer la libéralisation de l’économie à une augmentation significative du taux de pauvreté, mais la tendance générale semble plutôt indiquer que les réformes néolibérales s’accompagnent d’une diminution de ce taux; chaque fois que l’indice de liberté économique passe au-dessus de 4,2 la pauvreté diminue.

Le verdict est sans appel, le raisonnement de Jean Barbe est un château de cartes qui s’écroule à la première brise.

Sources:
Statistique Canada/ Fraser Institute
Tableau 202-0802 / Economic Freedom of North America