La semaine dernière, Gérald Fillion, le chroniqueur économique de Radio-Canada, a réagi à une déclaration de Jim Flaherty.  Selon le ministre des Finances, il est ridicule de penser que l’on pourrait régler les problèmes financiers du monde en taxant les plus riches.

Gérald Fillion n’a pas apprécié cette déclaration et il a montré sa désapprobation en citant une étude du Centre canadien de politiques alternatives qui montre qu’entre 1997 et 2007, les 1% les plus riches au Canada ont bénéficié de 32% des hausses de revenu.

Un peu d’analyse pour déterminer si les récriminations de Gérald Fillion sont justifiées…

Selon les chiffres du Centre canadien de politiques alternatives, le 1% des Canadiens les plus riches a un revenu moyen de 405 000$ et on compte 246 000 personnes dans ce groupe sélect. Autrement dit, les revenus totaux du 1% totalisent 99,6 milliards de dollars. Que peut-on faire avec cette somme colossale ?  Elle suffirait à peine à faire fonctionner le gouvernement canadien pendant…  130 jours !  On réalise assez rapidement que taxer les riches n’est pas la solution à tous nos problèmes.

Mais revenons sur l’affirmation que ce sont les plus riches qui bénéficient des hausses de revenu.  Selon Gérald Fillion, cette situation est problématique, puisque les riches seraient les seuls bénéficiaires de la croissance économique; une manière de dire les riches s’enrichissent en appauvrissant le reste de la population…

Le problème avec cette hypothèse typiquement socialiste ?  Elle se base sur la prémisse complètement fausse que l’économie est un zero-sum game i.e. chaque dollar gagné par Paul prive Pierre d’un dollar.  C’est difficile à croire, mais il existe encore des gens pour croire que la création de Microsoft ou de Apple a appauvri la population parce que ces deux entreprises sont devenues des multinationales très prospères.

Voici comment a évolué le revenu total des plus riches et des plus pauvres au Canada depuis 1976.

Riches Et Pauvres

À partir de 1997, le revenu des plus riches a augmenté de manière importante, une progression de 28,1%. La part des revenus totaux des plus riches a aussi augmenté durant cette période, elle est passée de 42,2% à 47,2%.  Par contre, comme on peut le voir sur le graphique, l’enrichissement des plus fortunés ne s’est pas fait aux dépens des plus pauvres, leurs revenus passant de 12 400$ à 14 900$, une progression de 17,3%.

Comment cela peut-il être possible ? Simplement parce que la fortune de l’un ne crée pas la pauvreté de l’autre.   Pour paraphraser P.J. O’Rourke, la richesse n’est pas une pizza. Si nous partageons une pizza et que mon voisin obtient une plus grosse pointe, cela ne signifie pas nécessairement que ma portion sera plus petite. Tout dépend de ce qui arrive à la taille de la pizza. Dix pour cent d’une énorme pizza peuvent être plus rassasiants que la totalité d’une petite pizza.

En 1997, le revenu des Canadiens les plus riches était 10,8 fois supérieur au revenu des Canadiens les plus pauvres.  En 2009, ce ratio est passé à 11,2.  Mais dites-moi, si vous étiez un pauvre à quelle époque préféreriez-vous vivre ? En 1997 ou en 2009 ?  En 1997, les écarts de richesse sont moins marqués, mais votre revenu n’est que 12 400$.  En 2009, les écarts de richesse se sont accrus, mais votre revenu est maintenant de 14 900$.

L’idéal des socialistes, c’est de vivre équitablement, dans une société pauvre.  L’idéal des capitalistes c’est de vivre inéquitable dans une société prospère. La seule chose pouvant être redistribuée efficacement par un régime socialiste, c’est la misère.  Voyez-vous, l’idéologie des socialistes c’est l’idéologie de la jalousie. Par conséquent, la gauche se fiche pas mal du sort des pauvres, ce qui compte c’est de punir les riches.

Source:
Statistique Canada
Tableau 202-0701