Santé QuébecImaginez si pour sauver quelques dollars, un hôpital privé avait décidé de ne pas traiter ses patients avec les plus récents médicaments anti-cancers. Imaginez que pour avoir accès à ces médicaments, un patient devrait vendre sa maison pour les payer de sa poche…

Si une telle situation s’était produite au Québec, les gens seraient probablement descendus dans les rues pour dénoncer cet échec du capitalisme. Les médias auraient probablement exigé une nouvelle réglementation pour nous protéger de l’avarice des businessmen. Bref, pour tout le monde cette situation aurait été une preuve incontestable de l’échec du privé en santé.

La situation que je viens de décrire est celle qui prévaut actuellement dans le réseau de santé publique québécois. Par contre, si la population et les médias ont manifesté une certaine préoccupation, on sait tous que rien ne changera et que l’indignation ne sera que passagère. Encore plus significatif, personne n’osera dire que cette situation représente une preuve incontestable de l’échec du public en santé, parce qu’au Québec, le déni de traitement ce n’est plus une nouvelle, c’est la norme, conséquence de plusieurs décennies de pensées anti-capitalistes…

On a bien ri de Sarah Palin, mais il semble que les death panel ça existe au Québec…

Le gouvernement justifiera cette décision en disant qu’étant donné les moyens limités de l’État, il est normal que les fonctionnaires fassent des choix, il faut établir des priorités.  Si c’est une question de priorité, alors qu’on coupe dans les CPE ou les subventions aux artistes (par exemple), car soigner les gens affligés par le cancer me semble plus important que de subventionner un album d’Éric Lapointe.

Il y a quelque semaine, la gauche québécoise a été indignée lorsque dans un débat entre candidats du parti républicain, quelques têtes brûlées ont dit qu’il fallait laisser mourir un patient s’il ne pouvait payer pour ses soins de santé.   Aujourd’hui, on pourrait dire que ces têtes brûlées travaillent pour le ministère de la Santé du Québec.

En passant, l’Afinitor, l’Alimta, le Tarceva et l’Iressa (les quatre médicaments refusés au Québec) sont tous couverts par des assurances privées aux États-Unis.