PropagandisteCette semaine dans l’émission de Paul Arcand, Mario Dumont et Marie-France Bazzo ont débattu de la question des impôts aux États-Unis et de la guerre que Barack Obama entend livrer aux riches.

Il va de soi que Marie-France Bazzo nous a sorti son prêchi-prêcha gauchiste.  Un discours rempli de clichés, d’idées reçues et d’inexactitudes.   Ce débat est donc un excellent prétexte pour démolir quelques mythes économiques propagés par la gauche.

Premièrement, Marie-France Bazzo affirme que les riches paient moins d’impôt que la classe moyenne.  Or j’ai montré dans un billet publié plus tôt cette semaine que c’est faux.  Aux États-Unis, même quand on tient compte de toutes les échappatoires fiscales, le taux d’imposition des riches est presque 5 fois plus grand que celui de la classe moyenne. Depuis 2005, le 1% des Américains les plus riches verse autant d’argent au trésor américain que 95% de la population et l’on voudrait nous faire croire que les riches ne font pas leur part ?

Ensuite, une bonne partie de l’argumentaire de Marie-France Bazzo repose sur le fait que si la pauvreté et les inégalités augmentent, le crime va augmenter.  Encore une fois, c’est faux.  À titre d’exemple, on a appris cette semaine que pour l’année 2010, le taux de pauvreté aux États-Unis avait grimpé à son plus haut niveau à 30 ans.  La criminalité a-t-elle augmenté ?  Pas du tout ! Non seulement elle est en diminution constante depuis le début de la récession, mais en 2010 la chute a été spectaculaire; une baisse de 12% alors que la moyenne annuelle depuis 2001 est de -3%.

Et cet état de fait est aussi observable à l’extérieur des États-Unis. Les niveaux d’inégalités sociales dans les pays du printemps arabes étaient inférieurs au niveau observable sur l’ensemble de la planète. Des pays beaucoup plus inégalitaires (Chili, États-Unis, Singapour et Hong Kong pour n’en nommer que quelques-uns) n’ayant pas eu à composer avec un mouvement de révolte populaire, on peut douter de l’hypothèse voulant que les tensions sociales découlant des inégalités entre les riches et les pauvres soient la seule cause des manifestations.

Marie-France Bazzo critique aussi le mécénat parce que les riches ont la possibilité de décider à quels organismes ils donnent.  Un réflexe typiquement gauchiste, la gauche déteste quand les gens sont libres.  Assez paradoxal pour des gens qui se disent pro-choix… Quand un riche donne à un organisme, il a la possibilité de choisir de bons gestionnaires qui vont gérer honnêtement et efficacement l’argent reçu.  Si un organisme gaspille, le riche pourra retirer son don.  Avec le gouvernement, même quand il gaspille et qu’il est corrompu jusqu’à la moelle, il est impossible de ne pas donner.  En fait, c’est peut-être cette situation de monopole qui explique l’incompétence des gouvernements.  Contrairement aux organismes de charité qui compétitionnent les uns avec les autres, les gouvernements n’ont pas besoin de faire la démonstration de leurs compétences pour recevoir de l’argent.

Pour terminer, à la fin du débat Marie-France Bazzo fait valoir qu’elle est une capitaliste puisqu’elle veut s’enrichir avec son entreprise.  Corrigez-moi si je me trompe, mais l’entreprise de Marie-France Bazzo produit surtout des émissions pour des diffuseurs publics.  Marie-France Bazzo n’est pas une capitaliste, c’est une crony-capitaliste i.e. une capitaliste qui s’accroche aux mamelles de l’État.