Avant de publier un billet, je m’informe, je fouille le sujet.  Jamais je n’oserais publier quelque chose qui n’est pas soigneusement documenté par des sources crédibles et vérifiables.

C’est pourquoi les bras me tombent toujours quand je vois que des journalistes ou des chroniqueurs, qui sont payés pour s’informer, ne s’imposent pas la même rigueur que je m’impose.  Surtout que dans mon cas, personne ne me paye pour tenir mon blogue !

Cette semaine, les bras me sont tombés quand j’ai lu ce billet de Richard Martineau.

Richard Martineau parle d’une de ses amies qui s’est rendue à Savannah en Géorgie et qui a vu des gens pauvres.  Sur la base de cette observation anecdotique, Richard Martineau conclut que les États-Unis sont un pays du tiers-monde.  Pourtant, selon l’Institut de la Statistique du Québec, le revenu personnel des Américains, ajusté au pouvoir d’achat (US$, PPA), est de 39 601$.  Celui des Québécois est de 28 084$. Si l’on peut qualifier les États-Unis de tiers-mondes, comment qualifier le Québec ?

Ensuite, Richard Martineau nous parle du nombre d’Américains vivant sous le seuil de la pauvreté.  Ici, il faut savoir que le seuil de pauvreté est un indicateur qui n’indique rien puisqu’il est relatif et non pas absolu

Richard Martineau en rajoute en affirmant que cette pauvreté a été créée par les guerres en Irak et Afghanistan qui ont coûté au trésor américain des « gonzilliards » de dollars. Je n’ai pas de chiffres pour la guerre en Afghanistan, mais selon le CBO, la guerre en Irak a contribué à peine à 15% du déficit accumulé depuis 2003.

Et le billet devient véritablement tordu lorsque Richard Martineau affirme que la pauvreté, créée par la récession, force les pauvres à s’enrôler dans l’armée.

Voici les chiffres de recrutement depuis 2005 (je n’ai pu trouver de stats plus anciennes sur le site du Département de la défense):

Soldats USA

Depuis le début de la récession, le nombre de nouvelles recrues n’a pas augmenté, il a diminué.  Mais il y a plus, voici quel était le profit économique des recrues en 2010:

Soldats USA

Les pauvres constituent seulement 31,7% des nouvelles recrues contre 47,3% pour les plus riches.  Nous sommes à des « gonzilliards » d’années lumières de la situation décrite par Richard Martineau !

On ne le répétera jamais assez, ce n’est pas parce que c’est dans le journal que c’est vrai !