Quelques graphiques qui, je crois, vont vous intéresser au plus haut point…

Question de m’amuser un peu, j’ai décidé de comparer l’évolution des taux de chômage des fonctionnaires et de l’ensemble des travailleurs au Québec;  un petit exercice qui s’est avéré fort instructif.  Jugez par vous-même:

Fonctionnaire Québec

Premièrement, le taux de chômage des fonctionnaires est une donnée intéressante, car elle permet de mesurer dans quelle mesure le gouvernement dégraisse la fonction publique.  On peut constater que le taux de chômage des fonctionnaires a augmenté lors des récessions du début des années 80 et 90, mais depuis 1996, on a plutôt assisté à une baisse marquée. Une autre preuve attestant de l’échec de la réingénierie de l’État promise par Jean Charest.

Ce graphique est aussi intéressant, car il jette un immense pavé dans la mare de tous ces gauchistes qui affirment que le modèle québécois a permis de limiter l’augmentation du taux de chômage lors de la dernière récession.  En fait, si le Québec semble avoir mieux fait que les autres, c’est probablement parce que le Québec est l’une des provinces avec le plus de fonctionnaires et que ceux-ci ont été mis à l’abri d’un licenciement par le gouvernement i.e. au lieu d’avoir des travailleurs qui se cherchent une vrai job dans un secteur productif de l’économie, le gouvernement a plutôt créé de fausses jobs dans un secteur non productif de l’économie. Créer de l’emploi est une tâche fort simple, quand on peut miser sur un État obèse. Si tous les travailleurs devenaient des fonctionnaires, il n’y aurait plus de chômage, mais… nous n’aurions plus rien à manger.  Somme toute, le bas taux de chômage observé au Québec lors de la dernière récession semble être une illusion.

Autre point très important sur lequel je veux attirer votre attention, la comparaison entre le taux de chômage des fonctionnaires et celui de l’ensemble des travailleurs.  Si l’on peut constater que la fonction publique profite d’une plus grande sécurité d’emploi que les travailleurs ordinaires, on doit tout de même admettre que lors des récessions du début des années 80 et 90, les taux de chômage pour les fonctionnaires et pour l’ensemble des travailleurs ont augmenté de manière équivalente. Par contre, ce phénomène n’est pas observable pour la présente récession.  Si les travailleurs ordinaires ont perdu leurs emplois, ce ne fut pas le cas des fonctionnaires.

Pour bien illustrer ce phénomène, voici un graphique montrant l’écart entre le taux de chômage dans la fonction publique et dans l’ensemble de l’économie (un facteur 2, par exemple, indique que le taux de chômage dans l’ensemble de l’économie est 2 fois plus élevé que celui dans la fonction publique).

Fonctionnaire Québec

De 1976 à 2007, l’écart relatif a été relativement stable, mais à partir de 2008, année qui a marqué le début de la récession, cet écart a augmenté de manière importante.  Lors des décennies précédentes, le taux de chômage de l’ensemble des travailleurs était 2 fois plus élevé que celui des fonctionnaires, depuis 2008 il est presque 4 fois plus élevé !

Il semble bien que pour les syndicats de la fonction publique, la solidarité n’implique pas de faire les mêmes sacrifices que les travailleurs, qui même au chômage, doivent continuer à payer des taxes pour protéger l’emploi des fonctionnaires.

Sources:
Statistique Canada
Tableau 282-0008