PropagandisteLa tribu des journaleux québécois n’est pas contente…  La raison, Stephen Harper a osé nommer Angelo Persichilli au poste de directeur des communications.

Alec Castonguay est particulièrement furieux parce qu’Angelo Persichilli a déjà écrit que le Québec était une province de quêteux qui se paye de généreux programmes sociaux grâce à la péréquation.  « C’est un mythe » s’est écrié à plusieurs reprises Alec Castonguay, le nouveau chef de bureau politique du magazine L’actualité.

Vraiment ?

Si le journaliste professionnel sait compter (on peut en douter), il devrait savoir que sans les 8,5 milliards de dollars de péréquation, ce qui représente 12,3% du budget, jamais nous ne pourrions nous offrir nos multiples programmes sociaux.  D’ailleurs, même avec la péréquation, nous n’avons pas les moyens de payer pour ces programmes comme en fait foi le déficit.

En passant, si l’on tient compte de l’assiette fiscale de l’Alberta, cette province envoie tous les ans 1,4 milliard de dollars au Québec.  Autrement dit, chaque année, tous les Albertains (hommes, femmes & enfants) font un chèque de 372 dollars au gouvernement du Québec.  Pour une famille de 4 personnes (2 adultes, 2 enfants), c’est 1 490 dollars !

Il est aussi bon de se rappeler qu’au Québec, chaque citoyen envoie à Ottawa l’équivalent de 5 373$ alors que le gouvernement fédéral transfère l’équivalent de 6 062$.  Au Québec, il y a donc un surplus de +689$/personne.  Si l’on se livre au même exercice avec le reste du Canada, le bilan final est négatif: -1 315$/personne.  Basé sur ces chiffres, il est parfaitement légitime de conclure que le Québec est une province de quêteux.  Une manière différente de voir les choses, 17,8% des revenus du gouvernement fédéral proviennent de la province de Québec alors que le fédéral dépense 22,9% de son argent au Québec.

Mais ce n’est pas tout. Selon Alec Castonguay la péréquation ne vient pas des provinces riches…  Hô que non, la péréquation vient d’Ottawa !  Un raisonnement franchement pathétique.  C’est comme si j’affirmais que le système de santé au Québec n’est pas financé par les contribuables, mais par le gouvernement puisque c’est le gouvernement signe les chèques.  Dans le cas de la péréquation, d’où vient l’argent qui est redistribué par le fédéral sinon des provinces riches ? Alec Castonguay n’a pas jugé bon se poser cette question.

Si, comme le prétend Alec Castonguay, la péréquation vient d’Ottawa et non pas de l’Alberta, comment peut-il expliquer qu’en 2005, la formule de péréquation canadienne a été modifiée pour inclure 50% des revenus pétroliers ? En 2003-2004, le Québec a reçu 3,8 milliards de dollars en péréquation. En 2006-2007, à la suite des ententes de 2005, le Québec a reçu un paiement de péréquation de 5,5 milliards de dollars. Aujourd’hui, cette nouvelle formule combinée à la hausse du prix du pétrole fait en sorte que les paiements de péréquation du Québec sont de 8,5 milliards de dollars.

Pour terminer, Alec Castonguay s’enfonce un peu plus dans le ridicule en affirmant que si l’Alberta taxait autant que le Québec, la province pourrait aussi se payer des programmes sociaux généreux.  Si l’Alberta taxait autant que le Québec, l’activité économique serait ralentie.  Parce que l’activité économique serait ralentie, l’Alberta serait une province pauvre.  Parce que l’Alberta serait une province pauvre, elle devrait recevoir de la péréquation.  Mais qui paierait pour la péréquation albertaine ?  Le Québec ?

Bref, parce que l’Alberta taxe moins ces citoyens que le Québec, cette province est plus riche.  Et parce que cette province est plus riche, elle doit envoyer son argent dans les provinces pauvres comme le Québec.

Le programme de péréquation c’est un peu comme si une personne de la classe moyenne coupait dans son budget d’épicerie pour faire un don de charité à une personne qui désire s’acheter une Ferrari.

Jugez par vous-même:

Péréquation Canada

In short, the grave truth about equalization in Canada is this: the more productive and responsible your province, the lousier your access to medicine, nursing homes, schools, the justice system, day cares, and dozens of other services will be. On the other hand, the more a province proves itself fiscally careless and economically stagnant, the likelier its citizens are to enjoy the most well padded public programs on offer.

Mais j’imagine que je dois avoir tort puisque contrairement à Alec Castonguay, je ne suis pas un journaliste professionnel.