La PresseDans Le Devoir cette semaine, Louis-Gilles Francoeur a publié un article dans lequel il affirme que sur un horizon de 20-30 ans, les gaz de shale ont une empreinte carbone supérieure au charbon…  D’emblée de jeu, disons qu’il est toujours pratique de faire des prévisions aussi éloignées dans le temps; dans 20-30 ans personne ne se rappellera de cet article.   De plus, qui sait de quoi le monde sera fait dans 20-30 ans; en 1980, personne n’aurait pu imaginer quelque chose comme le iPhone.

M’enfin, là n’est pas l’essentiel de mon billet…  Ce qui m’accroche surtout c’est la provenance de cette étude.  Celle-ci a été produite par le Post Carbon Institue, un lobby qui milite pour « un monde équitable et durable ».  Dans son article, Louis-Gilles Francoeur prétend que l’étude en question est scientifique, rien de moins.  Pourtant, cette fameuse étude n’a jamais été publiée dans un journal scientifique soumis au peer-review.  Il ne s’agit que d’un document, aux références plutôt minces sans réelles explications de la méthodologie, produit par un lobby.

Qu’on se comprenne bien, je n’ai rien contre le fait que l’on parle d’études produites par des lobbies, ce qui importe ce n’est pas le messager, mais la rigueur du message.  Mais si les études de lobbies écologistes peuvent être cités dans les médias, et être qualifiées de scientifique, pourquoi les études des lobbies de sceptiques ne pourraient-elles pas profiter du même traitement ?

Encore pire, pourquoi, dans ces mêmes médias, on ne mentionne jamais l’existence de véritables articles scientifiques, soumis au peer-review, qui contestent la thèse du réchauffement climatique ? À mon sens, avant de parler du Post Carbon Institue, on devrait d’abord parler des véritables articles scientifiques, comme celles produites par Richard S. Lindzen, un sceptique, qui ont été publiés dans des journaux tels que le Bulletin of the American Meteorological Society ou le Geophysical research letters.

M’enfin, on connaît déjà la réponse à ces questions.  Louis-Gilles Francoeur se fiche de la science, ce qui importe c’est l’idéologie réchauffiste anti-capitaliste.  C’est un choix parfaitement acceptable, Louis-Gilles Francoeur a le droit d’écrire ce qu’il veut et de citer les études qu’il veut, à condition bien sûr de mentionner clairement qu’il n’est pas un intervenant objectif dans le débat et qu’il a un agenda bien précis.  Et par souci d’équité, les médias comme Le Devoir devraient aussi avoir des colomnistes qui ont une vision différente de celle de Louis-Gilles Francoeur.