Voici comment a évolué le salaire des employés syndiqués au Québec dans le secteur privé et public depuis 1997:

Syndicat Québec
N.B.: De 1997 à 2009, l’inflation a été de 25,7%.

On me répondra qu’il est normal que les syndiqués du secteur public gagnent plus que leurs collègues du secteur privé puisque, règle générale, leur niveau de scolarité est supérieur.  Par contre, est-il normal que la croissance de leur salaire soit supérieure à celle du secteur privé ?  Après tout, si l’on considère que le salaire consenti aux employés est proportionnel à la santé financière d’une entreprise, on aurait dû, au minimum, observer une stagnation du salaire des fonctionnaires.

Devant pareil constat, j’en arrive à la même conclusion que Scott Walker, le gouverneur républicain du Wisconsin: il faut abolir les conventions collectives dans le secteur public.

Pour bien comprendre à quel point il est dangereux pour un gouvernement de négocier des conventions collectives avec ses employés, comparons le processus de négociation dans le secteur privé et public.

Dans le secteur privé, si un employeur accorde un salaire trop élevé à ses employés syndiqués, il devra en payer le prix.  Ses marges de profits vont diminuer ou s’il décide d’augmenter ses prix, ses clients pourront faire affaire avec une autre entreprise.  Somme toute, il existe un équilibre dans le rapport de force patrons/syndiqués.

Dans le secteur public, ce rapport de force n’existe pas puisque la rentabilité de l’entreprise n’est pas un facteur qui est pris en compte lors des négociations.  Si les politiciens accordent un salaire trop élevé à ses employés syndiqués, contrairement au secteur privé, il peut refiler la facture aux générations futures ou encore augmenter la tarification des services en sachant très bien les contribuables ne peuvent pas faire affaire avec une autre entreprise vu le monopole qu’exerce le gouvernement.

En bref, puisque dans le secteur privé les patrons dépensent leur argent, ils seront incités à faire la négociation la plus serrée possible.  Dans le secteur public, puisque les politiciens ne dépensent pas leur argent, mais celui des contribuables qui ne sont jamais présents à la table de négociation, ils seront plutôt incités à acheter la paix et des votes en cédant facilement aux demandes des syndicats.

Et pour ceux qui pensent que j’ai un point de vu extrémiste, sachez que Franklin Delano Roosevelt, un héros de la gauche, a toujours refusé de négocier des conventions collectives avec ses fonctionnaires puisqu’il considérait qu’une grève des fonctionnaires était une grève contre les contribuables:

Franklin D. Roosevelt

« Meticulous attention should be paid to the special relations and obligations of public servants to the public itself and to the Government. The process of collective bargaining, as usually understood, cannot be transplanted into the public service. A strike of public employees manifests nothing less than an intent on their part to obstruct the operations of government until their demands are satisfied. Such action looking toward the paralysis of government by those who have sworn to support it is unthinkable and intolerable. »

Ce point de vue a été partagé par tous les présidents qui lui ont succédé, incluant Barack Obama qui lui aussi refuse de négocier des conventions collectives avec les fonctionnaires fédéraux.  D’ailleurs lors de sa fondation, l’AFL-CIO (le plus gros syndicat aux États-Unis) avait reconnu qu’il était impensable que les fonctionnaires puissent revendiquer le droit de négocier des conventions collectives.

Sources:
Institut de la statistiques du Québec
Rémunération hebdomadaire: Travailleurs du secteur public / Travailleurs du secteur privé