Pour faire suite à un billet publié la semaine dernière…
La dictature tunisienne est tombée, celle en Égypte est sur le point de faire de même et la révolution gronde aussi au Maroc, en Algérie et au Yémen.
Selon tes tenants de l’idéologie gauchistes, les inégalités de richesses, et le sentiment d’injustice qui en découlent, seraient la source de tensions sociales. Ultimement, ces inégalités pourraient catalyser un soulèvement populaire.
Est-ce le cas pour les pays dans les pays du Moyen-Orient qui se soulèvent contre leur gouvernement ? Voyons ce que dit l’indice GINI:
- Tunisie: 40,0 (74e position)
- Égypte: 34,4 (46e position)
- Maroc: 40,9 (78e position)
- Algérie: 35,3 (50e position)
- Yémen: 37,7 (60e position)
À titre comparatif, l’indice GINI est de 54,9 au Chili, 45,0 aux États-Unis, 48,1 à Singapour et 53,3 à Hong Kong. Ces pays ne faisant pas face à un mouvement de révolte populaire, on peut douter de l’hypothèse voulant que les tensions sociales découlant des inégalités entre les riches et les pauvres soient la seule cause des manifestations. De plus, à l’échelle de la planète l’indice GINI moyen est de 40,3. Autrement dit, de manière générale, les pays du Moyen-Orient qui connaissent des tumultes sont plus égalitaires que la moyenne mondiale.
Mais si les inégalités ne peuvent être mises en cause, qu’est-ce qui explique la colère des gens ?
Quand on regarde du côté de l’indice de libertés économiques, on peut avoir un début de réponse…
- Tunésie: 58,5 (100e position)
- Égypte: 59,1 (96e position)
- Maroc: 59,6 (93e position)
- Algérie: 52,4 (132e position)
- Yémen: 54,2 (127e position)
À l’échelle de la planète, l’indice de libertés économiques moyen est de 59,7. Autrement dit, tous les pays du Moyen-Orient qui connaissent des tumultes sont moins libres économiquement que la moyenne mondiale. À titre comparatif, l’indice de libertés économiques est de 77,4 au Chili, 77,8 aux États-Unis, 87,2 à Singapour et 89,7 à Hong Kong.
À la lumière de ces chiffres, on peut supposer qu’il est plus probable que les révoltes découlent d’un manque de liberté économique plutôt que d’une mauvaise distribution de la richesse.
D’ailleurs, il est bon de rappeler que le mouvement de protestation est né en Tunisie lorsque, Mohamed Bouazizi, un petit marchand, a vu son commerce être fermé par la police parce qu’il n’avait pas les permis exigés par le gouvernement pour vendre des fruits et des légumes. Pour protester contre cette décision, Mohamed Bouazizi s’est suicidé en s’immolant.
Et pendant ce temps en Égypte, certains manifestants découvrent leur libertarien intérieur:




















Je pense qu’il vient un moment dans l’histoire de chaque peuple où les gens ont en marre de la répression et de voir qu’un petit groupe de personnes, une élite, volent leurs libertés et ignorent leurs droits impunément.
Espérons seulement que le remplaçant sera mieux que le remplacé. Autrement, ça aurait été une grosse perte de temps.
Espérons seulement que le remplaçant sera mieux que le remplacé.
Quelques facteurs sont à prendre en considération. Après 1989, les Polonais, les Tchèques et les Hongrois ont tout de suite voulu le capitalisme. En Allemagne de l’Est, des hippies barbus prétendaient pouvoir obtenir toutes leurs libertés politiques mais sans capitalisme.
Et quels pays vont mieux depuis 20 ans? mmmm….
Je pense que tu fais une obsession sur le GINI… la plupart des gens que je connais utilisent cet outil pour comparer des pays qui ont un niveau de vie (ou appelle ça indice de liberté économique si tu veux) comparable… et ce que les gens disent c’est qu’à valeur égale de niveau de vie, il fait mieux vivre dans un endroit ou le Coefficient de GINI est plus bas… THAT’S IT
C’est complètement hors champ de faire des démonstrations en comparant des pays sur la seule base du coefficient de GINI et complètement attardé de faire ton point en comparant le Cameroun aux États-Unis…
Et pour la liberté en Égypte attendons voir qui se retrouvera au pouvoir après des élections… on pourrait se retrouver avec pire sur les bras et la gang pro-israel sur ton blogue pourrait bien se sentir petit dans leurs shorts si des musulmans prenaient le pouvoir en Égypte…
Les gauchistes à la Lisée font une obsession sur le GINI. Moi je dis que le GINi est un indice sans la moindre utilité et qui ne devrait même pas exister dans le discours public tant il est ridicule.
:LOL:
Et la personne qui me dit ça (TOI) racontait sur ce blogue la semaine passé que le Bénin avait une meilleure qualité de vie que les États-Unis et que s’il avait le choix, elle préférerait vivre au Bénin.
Martin, réalises-tu à quel point tu as ridicules dans tes commentaires ?
Et c’est ridicule.
Parce que le niveau de vie ils vient d’où tu penses. Je sais que tu penses que le Bénin a un niveau de vie plus haut que les USA mais la majorité des gens réalisent qu’il n’existe aucun lien entre le niveau de vie et le GINI. Sans quoi les Américains immigreraient à Cuba (et pas l’inverse).
Je n’ai jamais dit qu’il y avait un lien entre le niveau de vie et le Gini et personne ne va te contredire là dessus même pas Jean François Lisée…
le Gini exprime un intangible, il nous informe sur les disparités économiques dans un pays, plus les disparités sont grandes, plus il y a de malaises entre les classes riches et les classes pauvres. C’est donc un outil complètement inutile pour comparer des pays qui ont des grandes disparités dans leur niveau de vie moyen (PIB/capita), mais peut aider à différencier la qualité de vie entre deux pays qui auraient des PIB semblables.
Ces malaises influencent la Qualité de vie… Il reste que le niveau de vie a une influence pas mal plus grande sur la qualité de vie que la disparté économique.
Pour le Bénin, je crois que tu saisis mal ce que je voulais dire… Je n’ai jamais dit que la qualité de vie moyenne était meilleur au Bénin, c’est pas vrai. Mais avec mon revenu actuel, j’aimerais cent fois mieux vivre au Bénin parce que je serais parmi les plus riches alors qu’aux états-unis je serais au même niveau que maintenant… C’est donc que mon niveau de vie se verrait amélioré au Bénin parce qu’en PPA j’aurais environ 3 fois plus de pouvoir d’achat là bas… et en plus les gens y sont 1000 fois plus sympathiques… –>AUCUN LIEN AVEC LE GINI<–
Commence par faire la différence entre niveau de vie et qualité de vie et on se reparlera…
Et d’où vient le niveau de vie ? Juste une chose : Trickling down economy is a myth, the rich gets richer and the poor gets poorer
Or is it : the rich gets richer until the poor gets educated…
Donc tu dit que Lisée n’a jamais dit que réduire les écarts de richesses serait bénéfique pour le Québec ?
Bravo champion, ce billet prouve justement l’inverse.
Question de te mettre le nez dedans… je vais citer ton commentaire sur le Bénin et les USA.
« donc selon toi la qualité de vie se résume à la quantité d’Argent dans nos poches et à l’espérence de vie….
Peut-on avoir d’autres statistiques comme le taux de criminalité ou des données plus soft comme l’accueil des gens dans ces pays…
Pour avoir été en Afrique de l’ouest, je te jure que j’aimerais mieux aller vivre au Bénin qu’aux États-Unis… Au moins là bas les gens ont du temps pour vivre et savent s’amuser dans la vie sans se faire chier… »
Ouch…
Bon, voilà que tu sorts maintenant des conneries communistes.
Je vais encore être obligé de faire ton éducation.
Dire qu’il y a encore des gens pour penser que l’économie est un “zero-sum game”. Incroyable… C’est comme si une personne affirmait que la création de Microsoft ou de Bombardier a appauvri la population parce que ces 2 entreprises sont devenues des multinationales très prospères; assez ridicule comme raisonnement.
L’obsession maladive de la gauche pour les écarts de richesse est légendaire, rien ne les horripile plus que de voir la richesse se concentrer chez les plus riches. Selon eux, cette situation est responsable de tous les maux de la planète. Pourtant, quand on laisse de côté la démagogie, on se rend compte que ces fameux écarts de richesses ne veulent rien dire. Prenons d’abord le cas de la Chine, voici comment ont évolué la pauvreté et les écarts de richesses en Chine depuis le début des années 80:
Le coefficient de GINI est une mesure des écarts de richesses. Ce coefficient est un nombre variant de 0 à 100, plus on se rapproche de 100, plus la société est inégalitaire.
De 1981 à 2005, la pauvreté est passée de 84,0% à 15,9%, soit une baisse spectaculaire de 81%. Par contre, durant la même période, les écarts de richesses se sont accentués, l’indice GINI passant de 29,1 à 41,5.
Si l’on demandait à un gauchiste de choisir entre la « Chine de 1981 » et la « Chine de 2005 », il porterait probablement son choix sur la « Chine de 1981 ». Ce qui prime pour les gauchistes c’est l’égalité, même si cela implique une égalité dans la misère…
Si l’on demandait à un capitaliste (où à un Chinois) de choisir entre la « Chine de 1981 » et la « Chine de 2005 », il porterait probablement son choix sur la « Chine de 2005 ». Qu’importe si la société est moins égalitaire, ce qui prime pour les capitalistes (et les Chinois) c’est la réduction du taux de pauvreté.
On peut observer la même chose aux États-Unis. En 1968, le revenu médian des Américains les plus riches était 4,33 fois supérieur au revenu médian des Américains les plus pauvres. En 2004, ce ratio est passé à 5,58 ce qui représente une augmentation de 28,9%.
Par contre, en 1968, le revenu médian (ajusté à l’inflation) des plus pauvres était de 23 100$. En 2004, ce revenu (toujours ajusté à l’inflation) se chiffrait à 27 200$, soit une progression de 17,7%.
Dites-moi, si vous étiez un pauvre à quelle époque préféreriez-vous vivre ? En 1968, les écarts de richesse sont moins marqués, mais votre revenu n’est que 23 100$. En 2004, les écarts de richesse se sont accrus, mais votre revenu est maintenant de 27 200$.
Selon les socialistes les écarts de richesse mettent en péril les fondements de la société. Encore une fois, l’exemple américain montre à quel point cette affirmation est fausse.
Voici un graphique montrant la proportion d’enfants qui, dans chaque classe de revenu, ont eu un revenu supérieur à leurs parents (au même âge).
N.B. Un « groupe cinquième » correspond à une tranche de 20% de l’échantillon: le premier groupe représente les 20% de pays les plus riches et le cinquième groupe représente les 20% de pays les plus pauvres.
Seulement 43% des enfants élevés dans les ménages les plus riches (le 1er groupe cinquième) ont un salaire supérieur à leurs parents à 36 ans.
Par contre, 82% des enfants élevés dans les ménages les plus pauvres (le 5e groupe cinquième) ont un salaire supérieur à leurs parents à 36 ans.
Les écarts de richesse peuvent bien augmenter, il n’en reste pas moins que la progression du niveau de vie est plus marquée chez les pauvres que chez les riches.
Cette évidence est aussi confirmée par la situation qui prévaut entre les États-Unis et Cuba. Durant les années 80, Cuba était l’un des endroits sur la planète avec le plus faible écart entre les riches et les pauvres (un coefficient de GINI avoisinant 0,2). Pour la même période, les inégalités aux États-Unis étaient beaucoup plus prononcées (coefficient de GINI avoisinant 0,4).
Pourtant, les gens n’immigraient pas des États-Unis vers Cuba, mais de Cuba vers les États-Unis ! Comme quoi l’inégalité dans la richesse est préférable à l’égalité dans la misère !
Jean-François Lisée fait aussi l’apologie du New Deal parce que durant cette période les écarts de richesses ont diminué. Les écarts ont peut-être diminué, mais la période de récession (i.e. de misère) a été prolongée de 7 longues années !
D’ailleurs, voici comment les écarts de richesses ont évolué depuis 1913:
Depuis 1913, la concentration du capital aux États-Unis a beaucoup fluctué, mais il y a une constante: à presque toutes les récessions, la proportion de la richesse entre les mains des plus fortunées a diminué.
Si une récession signifie une répartition plus équitable de la richesse, qui ici peut dire que ces mêmes récessions entraînent une augmentation du niveau de vie des plus pauvres ? C’est plutôt le contraire qui prévaut, qui ici serait assez bête pour prétendre que les récessions seraient bénéfiques pour les pauvres ?
Il semble bien que l’accroissement relatif des écarts de richesse soit préférable à leur réduction. Il faut savoir que le niveau de vie des pauvres peut augmenter même si l’écart entre les riches et les pauvres s’accroît. Si les riches voient leurs revenus passés de 200 000 à 300 000 dollars et si, au même moment, le revenu annuel des pauvres progresse de 15 000 à 20 000 dollars, l’écart entre les deux groupes aura grandi. Il était de 185 000 dollars (13,3 fois), il est désormais de 280 000 dollars (15,0 fois). Mais le niveau de vie des pauvres ne s’en est pas moins amélioré, ce qui est fort appréciable pour eux.
Encore une fois, on se rend compte qu’il est préférable de vivre inéquitablement dans la richesse que de vivre équitablement dans la pauvreté.
Cette situation n’est pas unique aux États-Unis, voici comment se compare le Québec à l’Ontario et l’Alberta.
Pour le Québec:
La situation au Québec est effectivement peu reluisante. De 1976 à 2007, le revenu des pauvres est resté inchangé à 12 700$. Du côté des riches, la situation n’est guère mieux: le revenu est passé de 97 000$ à 103 200$. L’écart entre les riches et les pauvres est donc resté relativement stable, il était de 85 200$ en 1976 et de 90 500$ en 2007.
En Ontario, on a fait beaucoup mieux:
En 1976, les pauvres avaient un revenu moyen de 12 700$ (comme au Québec), en 2007 ce montant est passé à 14 800$. Chez les riches, les gains ont aussi été importants, les revenus sont passés de 106 100$ à 137 900$. L’écart entre les riches et les pauvres était de 93 400$ en 1976 et de 123 100$ en 2007.
En Alberta, la situation est spectaculaire:
En 1976, les pauvres avaient un revenu moyen de 11 900$ (c’était moins qu’au Québec), en 2007 ce montant est passé à 17 100$. Chez les riches les gains ont aussi été substantiels, les revenus sont passés de 110 400$ à 152 700$. L’écart entre les riches et les pauvres était de 98 500$ en 1976 et de 135 600$ en 2007.
Voici un résumé de la situation:
C’est au Québec que l’écart entre les riches et les pauvres c’est le moins accru et c’est aussi au Québec que la situation des pauvres c’est le moins améliorée. La situation en Alberta est pour le moins intéressante. C’est dans cette province que les écarts de richesses ont le plus augmenté, mais c’est aussi dans cette province que les pauvres ce sont le plus enrichis. En fait, l’augmentation du revenu des pauvres a été supérieure à l’augmentation du revenu des riches (43,7% vs. 38,3%). Rappelons qu’en 1976, les pauvres Albertains gagnaient 800$ de moins que les pauvres Québécois.
Conclusion, quand on dénonce les écarts grandissants de richesse, on s’alarme pour pas grand-chose. Si le revenu des pauvres au Québec a stagné depuis 30 ans, ce n’est pas à cause de l’augmentation des écarts de richesses; les exemples ontarien et albertain démontrent clairement que l’augmentation des écarts de richesse ne signifie pas un appauvrissement des pauvres puisque dans ces 2 provinces leur situation s’est améliorée.
Vous savez quelle est la différence entre un socialiste et un capitaliste ?
Le socialiste, à la vue d’un homme riche habitant plusieurs maisons luxueuses se dit: « Aucun homme ne devrait posséder autant de richesse ».
Le capitaliste, à la vue d’un homme riche habitant plusieurs maisons luxueuses se dit: “Tous les hommes devraient posséder autant de richesse”.
Si Jean-François Lisée pense que chaque dollar gagné par une personne retire un dollar à une autre personne, alors je l’invite à faire sa part pour combattre la pauvreté en quittant son emploi…
Juste une question David. Quand tu montres l’indice de liberté économique des provinces, est-ce que c’est la même méthode utilisée que les classements des pays qu’on voit chaque année?
Ça serait super si le 4.1 du Québec pouvait être comparé avec d’autres pays supposément semblables, selon les dires de Lisée et Co.
David, votre réponse 6. est intéressante. J’avais lu certaines études d’après la Fed de Dallas qui tendent à prouver qu’aux USA, il y a une forte mobilité sociale malgré les fortes inégalités. J’avais même entendu dire que c’est la liberté économique (et les inégalités qui vont avec) qui renforce la mobilité sociale. Est-ce vous en savez quelque chose ?
J’aimerais beaucoup le même exercice pour le Québec
http://derteilzeitberliner.wordpress.com/2011/02/03/si-les-riches-quittaient-le-danemark/
[...] trouve cet extrait d’un article d’Antagoniste.net fort [...]