Sur son blogue, Patrick Lagacé a décidé de se foutre de la gueule de Denis Gravel. Malheureusement pour ce membre de la nomenklatura du Plateau, l’exercice s’est retourné contre lui…

Voici donc ce que Patrick Lagacé a déclaré sur son blogue:

Cyberpresse
La « Clique de Limoilou » : la bêtise des étiquettes

Le bout de plus drôle de la discussion entre Gravel et son coanimateur ? Celui où ils entrent dans la gang des conspirationnistes qui croient au règne des Reptiliens. Extrait, dans la discussion des périls qui nous guettent, si on écoute les écologistes :

Gravel : Ce raisonnement-là, ultimement, amène au contrôle des naissances, parce que l’humain pollue. Tsé, si vous voulez vous rendre là, tsé, allez-y mais moi, je vais rester icitte.

Le coanimateur : On va interdire aux gens de se reproduire. Rendu là, c’est la prochaine étape. Tu vas entendre ça dans la bouche des artistes québécois prochainement.

Ainsi donc, selon Patrick Lagacé,  prétendre que les éco-fascistes seraient favorables aux contrôles des naissances est tout aussi ridicule que de croire à une conspiration reptilienne…

Really…

L’organisation écologiste britannique « Optimum Population Trust » a proposé il y a 3 ans que les pays industrialisés réduisent leur population de moitié pour contrer les effets des changements climatiques.  Mais Lagacé va sans doute me répondre que cet exemple ne compte pas, parce que le Royaume-Uni c’est loin du Québec…

Alors, on pourrait parler de John Holdren, le directeur du comité pour la science et la technologie de la Maison-Blanche, qui a déjà envisagé de sauver la planète en ajoutant dans l’eau potable un produit pour rendre les gens infertiles.  Mais Lagacé va sans doute me répondre que cet exemple ne compte pas, parce que les États-Unis c’est loin du Québec…

Alors, on pourrait parler de David Suzuki qui, de passage à Montréal, a déclaré à une journaliste de La Presse que pour protéger l’environnement, il fallait limiter la croissance démographique:

Mettons que Patrick Lagacé a raté une belle occasion de se taire (et dans son cas, ce ne sont pas les occasions qui manquent).

Dans son billet, Patrick Lagacé écrit aussi la chose suivante:

Cyberpresse
La « Clique de Limoilou » : la bêtise des étiquettes

La Clique [du Plateau] n’existe pas, c’est une forme d’homme de paille. Selon eux, la Clique du Plateau force la « gang de Montréal » à adopter, dans les chroniques et commentaires médiatiques, une ligne de parti gauchisante, souverainiste, écolo, pro-syndicale, anti-américaine.

Donc la Clique du Plateau ça n’existe pas… Selon Lagacé, on ne peut pas retrouver dans nos médias une ligne de parti gauchisante, souverainiste, écolo, pro-syndicale, anti-américaine. Le tout serait une pure invention de la radio de Québec.

Malheureusement pour Lagacé, il n’y a pas que la radio de Québec qui parle de la Clique du Plateau. Citons simplement Julie Miville-Dechêne, l’ombudsman de Radio-Canada, au sujet des médias québécois:

Il n’y a pas assez de diversité d’opinions et de diversité culturelle dans les grands médias québécois. Le Québec, avec ses 7,6 millions d’habitants, est une petite société. Cette réalité démographique nuit à la diversité. Parlons d’abord des journalistes. Les plus influents appartiennent souvent à la génération des baby-boomers. Et la grande majorité d’entre eux – jeunes ou vieux – partagent la même idéologie. Ces Québécois « de souche » ont surtout étudié les sciences humaines et ont été contestataires dans la mouvance nationaliste et/ou de gauche. Souvent, leur façon de voir le monde comporte, par exemple, les éléments suivants : préjugés favorables envers les syndicats, antiaméricanisme, anticléricalisme, etc. Cela ne les empêche pas de s’être embourgeoisés au fil des ans, grâce notamment à des conventions collectives de plus en plus généreuses.

Remarquez que ce phénomène du « trop petit nombre » ne touche pas la classe journalistique plus que les autres. La preuve nous en est donnée chaque jour par les médias lorsque nous écoutons les experts sollicités pour nous éclairer. Les mêmes têtes reviennent. Un exemple : à lui seul, Steven Guilbeault, ex-directeur de Greenpeace au Québec, a été entendu 120 fois à la radio et à la télévision de Radio-Canada en 2007. Autre réalité : les commentateurs qui filtrent les nouvelles politiques et les interprètes pour notre bénéfice, sauf exception, tous dans le même bouillon. On a souvent l’impression, par exemple, que nos chroniqueurs vedettes se parlent ou s’échangent des textos chaque jour sur leurs BlackBerry, car leurs points de vue se ressemblent. Le nombre de chroniqueurs et de columnists augmente. Est-ce un gage de diversité ? Pas vraiment.

J’ai laissé 2 commentaires sur le blogue de Patrick Lagacé qui reprenaient les informations présentées dans ce billet. Il va sans dire que le Politburo de La Presse a décidé de censurer le tout.