Alec Castonguay, correspondante parlementaire pour la feuille de chou national-socialiste, était en entrevue hier midi sur les ondes du 98,5 avec Benoît Dutrizac.  Pour l’occasion, les 2 comparses se sont foutus de la gueule de Maxime Bernier qui, dans le cadre d’une conférence de l’IEDM, a déclaré que plus l’État réglemente et intervient dans l’économie, plus il y a de corruption.

Malheureusement pour messieurs Castonguay et Dutrizac, Maxime Bernier avait raison.

La Banque Mondiale publie chaque année le classement « Doing Business » qui détermine dans quelle mesure l’intervention de l’État et la réglementation entravent le développement du secteur privé.  En 2006, la Banque Mondiale a montré que plus les gouvernements sont interventionnistes, plus la corruption augmente.  J’ai refait l’exercice pour l’année 2010, voici le résultat (l’indice de corruption provient de Transparency International):

Corruption

On obtient à peu de chose près le même résultat qu’en 2006, confirmant ainsi la relation positive qui existe entre l’étatisme et le niveau de corruption.  Chaque procédure bureaucratique imposée à une entreprise représente une opportunité de pot-de-vin. Moins il y a d’interactions avec les bureaucrates, moins il y aura de possibilités de corruption.

Ce résultat est aussi confirmé par l’indice de liberté économique de l’institut Fraser (l’indice de corruption provient de Transparency International):

Corruption

D’ailleurs, depuis le début de la récession les programmes de relance de l’économie ont entraîné une augmentation du niveau de corruption. Voici l’évolution de l’indice de corruption dans les pays du G8 depuis 2001 (l’indice de corruption provient de Transparency International):

Corruption
Plus l’indice est proche de 0, plus la corruption est importante

Le même exercice, mais avec l’OCDE, une organisation de pays développés possédant un système de gouvernement démocratique et une économie de marché (34 pays membres):

Corruption
Plus l’indice est proche de 0, plus la corruption est importante

De 2001-2007, soit pendant 6 ans, tant chez les pays du G8 que ceux de l’OCDE, la corruption a diminué de manière importante. Mais à partir de 2008, année durant laquelle les plans de relance ont débuté, la tendance s’est inversée, tous les gains ont été effacés et la corruption a augmenté de manière importante.

Dans la littérature spécialisée, on retrouve aussi des études qui démontrent qu’il existe un lien entre la corruption et la taille du gouvernement:

Regarding the primary focus of the paper, our results show that government size, in particular spending by state governments, does indeed have a strong positive influence on corruption. […]

Several other interesting results emerge from our analysis. Given the positive relationship between corruption and the size of state-local governments and a negative relationship between government salaries and corruption, it turns out that policy makers looking to reduce corruption by cutting government spending should be reducing expenditures other than those on employee salaries. Further, it appears from our analysis that corruption increases in periods of economic downturns.

Source: Corruption and government size: A disaggregated analysis (Public Choice Volume 97, Numbers 1-2)

Using a well-known index of corruption, this paper examines the determinants of corruption for a large sample of countries. Specifically, we are interested in determining whether greater economic freedom or greater political freedom contributes more to corruption abatement. The previous literature has studied some related aspects, but the present study is unique in using broad-consistent indices for economic and political freedom. Our results show that greater economic freedom, rather than greater political freedom, seems to be a more effective deterrent to corrupt activities. […]

Our findings can have useful implications for public policy. In the context of internal policy, while both greater economic freedom and greater political freedom contribute to corruption reduction, there are relatively greater benefits in terms of less corruption when economic controls are relaxed.

Source: Economic Freedom Versus Political Freedom: Cross-Country Influences On Corruption (Australian Economic Papers Volume 44, Issue 2)

En bref, Alec Castonguay et Benoît Dutrizac ont raté une belle occasion de se taire.

Sources:
Doing Business
Doing Business Ranking

Fraser Institute
Economic Freedom of the World 2010 Annual Report

Transparency International
Corruption perceptions index