Avez-vous remarqué que depuis quelque temps, on retrouve de plus en plus de topos dans les médias qui attaquent « la droite  » ?  On se demande bien pourquoi…

Le problème avec tous ces topos ?  Leurs auteurs ont tous une culture politique carencée faisant en sorte qu’ils sont incapables de débattre, tout simplement parce qu’ils ne maîtrisent pas le sujet traité.  Quand ça fait 20 ans que tu gagnes ta vie en parlant des fédéralistes et des souverainistes, tu n’es pas vraiment équipé pour débattre de liberté et d’étatisme.

Un bon exemple est venu cette semaine de la plume de Carole Beaulieu du magazine L’actualité:

L'Actualité
Les pièges du populisme

Le député conservateur Maxime Bernier a déclaré à Québec, en octobre, que « la liberté et la responsabilité individuelles sont considérées comme des valeurs rétro­grades par nos élites ». Ah, les maudites élites ! Qu’il fait bon les haïr, quand on travaille 10 heures par jour dans une usine. Mais c’est qui, l’élite ? N’est-ce pas le médecin qui a sauvé la vie de votre mère ? L’enseignant qui a réussi à faire apprendre à lire à votre fils dyslexique ? L’ingénieur qui a fondé l’entreprise où vous travaillez et qui vient de créer 50 nouveaux emplois ? Et ces gens-là ne croient pas à la responsabilité individuelle ? « Bonyenne ! »

Bernier veut faire avaler aux Québécois que tous les gens instruits de leur société (c’est la définition de l’élite, non ?) méprisent la liberté. C’est complètement faux. Maxime Bernier, qui dit défendre « le peuple », ne respecte tout simplement pas son intelligence.

L’élite ce n’est ni le médecin, ni le professeur, ni l’ingénieur…  Ça n’a rien à voir.

L’élite est constituée de personnes qui estiment avoir le devoir moral d’imposer à la population certains choix de vie, parce qu’elle serait plus intelligente et avisée que la plèbe.  Ça n’a rien à voir avec le niveau d’instruction, mais plutôt avec le désir qu’ont certaines personnes de contrôler la vie des autres.  Un intellectuel n’est pas nécessairement une « élite » (et inversement).

In a nutshell, voici pourquoi l’élitisme est une philosophie moralement répugnante:

The Problem with Elitism: the problems and dangers associated with elitism and elitist philosophy.

D’ailleurs, l’incohérence des élitistes a été merveilleusement bien résumée dans le premier discours inaugural de Ronaldus Magnus:

Ronald Reagan

« In this present crisis, government is not the solution to our problem; government is the problem.

From time to time we’ve been tempted to believe that society has become too complex to be managed by self-rule, that government by an elite group is superior to government for, by, and of the people.

Well, if no one among us is capable of governing himself, then who among us has the capacity to govern someone else? »

Autre extrait du texte de Carole Beaulieu:

L'Actualité
Les pièges du populisme

Tous les citoyens aiment la liberté. Même les sociaux-démocrates et les libéraux. Pas seulement les conservateurs ou les adéquistes ! Mais quelques-uns croient qu’il est plus plaisant d’être libres quand on ne craint pas pour sa sécurité physique et qu’on ne souffre pas de la faim.

Pour paraphraser Benjamin Franklin (probablement un autre dangereux populiste & anti-intellectuel…): un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux.

À lire aussi: la réponse de Johanne Marcotte à Carole Beaulieu

En bonus, 2 entrevues avec l’intellectuel Thomas Sowell à propos de l’élitisme: