Depuis quelques jours on peut lire/entendre dans les médias que la dévaluation d’une devise peut-être une bonne chose, car cela permet de stimuler l’économie en favorisant les exportations. On devrait donc s’attendre à ce que l’augmentation de la valeur d’une devise ait des effets négatifs, entraînant ainsi un ralentissement de l’économie.

Vraiment ?

L’exemple canadien est très instructif à cet égard.

Guerre des Devises

Guerre des Devises

Le dollar canadien a été à son niveau le plus bas en 2002.  Depuis, il connaît une progression fulgurante. Cette hausse spectaculaire du dollar entre 2002 et 2006 s’est accompagnée… d’une hausse du PIB et d’une baisse du taux de chômage !

Même avec une devise forte, il est possible d’avoir une économie en santé.  En fait, la valeur d’une devise est généralement proportionnelle à la force de économie.

Quand on tente de stimuler l’économie en dévaluant une devise, on s’expose du même coup à l’inflation qui est, ne l’oublions pas, une forme de taxation.  De plus, dans une économie où les exportations dépendent d’une devise faible, les entreprises ont tendance à devenir paresseuses, car elle mise uniquement sur la faiblesse du dollar et non pas sur leur productivité pour gagner un avantage concurrentiel (un problème majeur au Québec).

Stimuler l’économie en dévaluant sa devise c’est un peu comme si une personne voulait chauffer sa maison en brûlant ses meubles.  À court terme, on peut effectivement générer de la chaleur, mais tôt où tard on se retrouve dans un bâtiment froid et…  sans meuble !

Complément d’information utile pour ceux qui pensent que l’augmentation du PIB observable sur le premier graphique est imputable à l’exploitation des hydrocarbures:

Guerre des Devises

Sources:
Statistique Canada
Tableaux 282-0002, 380-0056 & 379-0027

Banque du Canada
Moyennes annuelles des taux de change