Journée historique pour les républicains et le Tea Party qui ont été en mesure d’aller chercher plus de 60 sièges au Congrès. Il faut remonter en 1948 pour voir une vague aussi considérable déferler sur la chambre des représentants !  Du côté du sénat, les gains républicains leur assurent d’avoir un filibuster.  Notons les victoires de Marco Rubio, l’étoile montante du GOP et de Mark Kirk qui fait ainsi basculer l’ancien siège détenu par Obama dans le camp républicain.

Ça vaut bien une danse de la victoire !

Je voudrais souligner l’excellent travail de RDI qui, pour l’occasion, avait réuni un panel très objectif constitué de 2 gauchistes, soit Jean-François Lisée et Donald Cuccioletta (malheureusement, Lénine et Castro n’étaient pas disponibles). Durant toute la soirée, Radio-Canada n’a pas eu peur de couvrir l’ensemble du spectre politique: les intervenants ont dressé un juste portrait de la situation avec une analyse balancée qui est passée de la gauche communiste à la droite sociale-démocrate.

D’ailleurs, RDI a visé juste en affirmant qu’au fond, Obama avait été battu par quoi, sinon par l’argent et le vote ethnique.

Bravo à RDI, c’est quand je vois ce genre d’analyse que je me dis que mes taxes sont crissement bien dépensées.

Sur une note plus triste, je ne peux passer sous silence un événement très malheureux survenu lors des élections de mi-mandat…

Pendant que la planète était rivée devant son petit écran pour suivre le déroulement du scrutin, la petite République populaire du Hétutistan (pays voisin de la Keynésie où Barack Obama serait né) a été secouée par un séisme pour ensuite être dévastée par un Tea-nami. J’ai essayé à quelques reprises de faire parvenir des messages de sympathies aux leaders du Hétutistan, mais aucun ne s’est rendu, probablement parce que le Tea-nami a coupé toutes les lignes de communication.

Je voudrais aussi rendre hommage à Cyberpresse qui, le 23 mars 2010, a publié cette analyse d’une incroyable justesse sur le sort qui attendait les démocrates et les républicains lors des élections de mi-mandat:

La Presse
La réforme de la santé aidera-t-elle Obama et les démocrates?

« Plusieurs facteurs militent en faveur d’Obama à cet égard. Il existe bien sûr aussi des facteurs négatifs, mais je préfère les ignorer dans l’euphorie du moment, car il s’agit d’un accomplissement sans précédent. Barack Obama a réussi ce qu’aucun président n’avait été en mesure d’accomplir dans toute l’histoire américaine, réformer le système de soins de santé, et ce, malgré l’avalanche de désinformation et les campagnes de peur véhiculées par la droite radicale et le Parti républicain et orchestrées par le lobby des compagnies d’assurance. Aux États-Unis, un tel exploit revêt une importance énorme et confère à son auteur une aura indélébile. Cet exploit pourrait marquer un point tournant de sa présidence. À moyen terme, les démocrates voudront de plus en plus être associés au prestige d’Obama et les Républicains qui ont voulu « tuer la politique » du président devront payer le prix de leur erreur stratégique et de leur coupure avec la réalité.

Les électeurs préfèrent les gagnants et fuient les extrémistes, alors si Obama projette maintenant une image de gagnant, les Républicains devront, après cet échec cuisant, mettre le chapeau d’âne des perdants qui deviendra de plus en plus lourd à porter à mesure que les citoyens constateront la présence des bénéfices immédiats de la réforme et l’absence des « comités d’euthanasie » et autres visions apocalyptiques annoncées par les Sarah Palin de ce monde. Ce facteur jouera un rôle déterminant chez les « indépendants », les électeurs qui ne sont inscrits dans aucun parti mais qui votent quand même aux élections (en 2008, ils ont fait la différence pour l’élection d’Obama). Le refus d’être associé à des perdants et les accents extrémistes de la droite radicale feront fuir ces indépendants dans le camp démocrate ou, à tout le moins, diminueront leur ardeur conservatrice.

De plus, le bassin de recrutement de la droite radicale s’appauvrit. Les jeunes, les scolarisés, les immigrants, les minorités et de nombreuses autres cohortes croissantes de la population américaine refusent de plus en plus de s’associer à ce mouvement. Ne reste qu’un profil démographique en voie d’extinction, illustré par la caricature du sectaire de banlieue pourchassant les enfants qui osent s’aventurer sur sa pelouse. On trouve de plus en plus dans ce mouvement des manifestations d’intolérance, de sexisme, d’homophobie, de racisme et même de sédition (mouvements séparatistes au Texas et en Alaska), ce qui contribuera de plus en plus à le marginaliser.

L’avenir dira si ces lignes constituent une analyse perspicace ou n’expriment que des voeux pieux.

L’auteur de ce texte, qui a fait preuve d’une extraordinaire clairvoyance, a vu juste sur toute la ligne en étant capable de démystifier les rouages complexes de la politique américaine.

Sur une note plus sérieuse, vous vous demandez sans doute quelle sera la stratégie des républicains suite à leurs gains électoraux. Comment vont-ils utiliser leur nouvelle majorité au Congrès pour mettre la table en vue des élections de 2012 ?

J’ai réussi à obtenir une vidéo exclusive, tournée au quartier général du GOP, qui permet de répondre à cette question: