Suite au passage de Joanne Marcotte et d’Éric Duhaime sur le plateau de Tout Le Monde En Parle, Marc Cassivi s’est exclamé sur Twitter (en réaction à un commentaire de Guy Bolduc):

La vérité? Le parti libéral de Jean Charest est un gouvernement de gauche? Come on Guy.

Les chroniqueurs économiques au Québec étant de parfaits illettrés économiques, il ne faut pas s’attendre à ce que la presse artistique fasse preuve de plus de bon sens.

Voici le bilan de Jean Charest depuis qu’il a pris le pouvoir (en 2003):

Les années Charest

Depuis qu’il a pris le pouvoir au Québec, la taille de l’État (exprimée en proportion du PIB) a augmenté de 12,7% alors que dans le reste du Canada cette augmentation a été limitée à 11,9%.  Durant la même période, la Saskatchewan a réduit la taille du gouvernement provincial de 14,7% !

Si l’on exprime les dépenses des gouvernements provinciaux par habitant, voici ce qu’on obtient:

Les années Charest

De 2003 à 2009, une augmentation moyenne de 430$/habitant par année.  Somme toute, l’État a continué de grossir.

En 2009, le gouvernement du Québec a dépensé 11 627$/habitant (46 504$ pour une famille de 4).  Si le gouvernement ramenait ses dépenses au niveau de la moyenne canadienne, on pourrait économiser 13,5 milliards de dollars !

Les années Charest

Depuis qu’il a pris le pouvoir au Québec, les subventions (exprimés en dépense par habitant) ont augmenté de 16,2% alors que dans le reste du Canada il y a eu une réduction de 33,5%.

En 2007, le gouvernement du Québec a dépensé 741$/habitant (2 964$ pour une famille de 4).  Si le gouvernement ramenait ses subventions au niveau de la moyenne canadienne, on pourrait économiser 4,2 milliards de dollars !

Autre démonstration de l’omniprésence de l’État dans l’économie lors du règne de Jean Charest:

Les années Charest

À titre indicatif, pour l’année 2010, 34,9% des investissements en immobilisation au Québec étaient publics.  En Alberta et en Ontario, cette proportion n’était que de 17,0% et 29,8% respectivement.

Si, de 2003 à 2010, le Québec avait eu la même proportion d’investissements publics que le reste du Canada, la province aurait pu économiser 37,8 milliards de dollars.  Quand l’État distribue autant d’argent, il ne faut pas se surprendre de voir autant de corruption.  Chacun est prêt à faire n’importe quoi pour avoir le droit de piger dans le proverbial plat de bonbons.

Le bilan de Jean Charest au niveau de la fonction publique:

Les années Charest

Malgré les promesses de dégraissage et de réingénierie, la taille de la fonction publique a augmenté, la moyenne québécoise est restée nettement au-dessus de la moyenne des 9 autres provinces.

Si le Québec ramenait son nombre de fonctionnaires au même niveau que le reste du Canada, c’est 86 369 fonctionnaires de moins qui seraient sur les listes de payes du gouvernement, soit une diminution de 11,3%.

Une réduction de 86 369 fonctionnaires représente une économie d’environ 3,5 milliards de dollars pour le gouvernement.

Et voici le portrait sur le plan fiscal:

Les années Charest

Les années Charest

Sous le règne de Jean Charest, entre 2003 et 2009, la dette par habitant a cru de 15,5% alors que dans le reste du Canada on a pu observer une réduction de 21,0%.

Jean Charest à droite ? Où, quand et comment !!!

Sources:
Statistique Canada
Tableau 385-0001; Tableau 384-0002; Tableau 384-0010; Tableau 051-0001; Tableau 032-0002; Tableau 183-0002

Institut de la statistique du Québec
Comparaisons interprovinciales: Les finances publiques