Selon Léo-Paul Lauzon, la formidable croissance économique du Brésil sous le règne de Luiz Inácio Lula da Silva est une preuve béton démontrant que le socialisme est un système économique non seulement viable, mais capable de sortir un pays de la misère.

Bien évidemment, le seul moyen pour arriver à cette conclusion consiste à utiliser une bonne dose de cherry-picking

Voici l’argument central du texte de Léo-Paul Lauzon:

Journal Métro
Le brésil socialiste

Le Brésil, pays de 192 millions d’habitants, a frôlé la faillite durant les années 1990 avec ses gouvernements de droite appliquant le catéchisme néolibéral. Puis, en 2002, les Brésiliens ont élu comme président le socialiste Lula, du parti des travailleurs.

Durant les années 90, le Brésil a-t-il vraiment appliqué le catéchisme néolibéral ?  Malheureusement pour Léo-Paul Lauzon, l’argument central de son texte ne passe pas l’épreuve des faits:

Brésil
Source: Economic Freedom of the World 2010 Annual Report

Premièrement, Léo-Paul Lauzon affirme que durant les années 90, le Brésil a frôlé la faillite à cause du « catéchisme néolibéral ».  Je me demande bien à quel néolibéralisme il fait référence puisque les années 90, l’indice de liberté économique était à l’un de ces niveaux les plus bas.

Deuxièmement, Léo-Paul Lauzon attribue la renaissance économique du Brésil à l’élection de Luiz Inácio Lula da Silva, un président socialiste, en 2002.  Pourtant, c’est sous le règne de ce président que le niveau de liberté économique a atteint ces plus hauts sommets.  De 2002 à 2008, l’indice de liberté économique moyen du Brésil a été de 6,04 ce qui fait de Luiz Inácio Lula da Silva le président le plus néolibéral du Brésil depuis 1970.

L’argument central du texte de Léo-Paul Lauzon s’avère donc complètement erroné.  Si le comptable de l’UQAM avait voulu être juste, il aurait plutôt dû écrire:

Le Brésil, pays de 192 millions d’habitants, a frôlé la faillite durant les années 1990 avec ses gouvernements étatistes appliquant le catéchisme interventionniste. Puis, en 2002, les Brésiliens ont élu comme président le néolibéral Lula, du parti des travailleurs.

Autre fait intéressant, le taux de taxation au Brésil en pourcentage du PIB est de 23,8%.  Le taux de taxation aux États-Unis en pourcentage du PIB est de 26,9%. Bref, au niveau de la fiscalité, le gouvernement américain est plus socialiste que le parti socialiste brésilien !