"L’indignation outrancièrement sélective des organisateurs de la conférence et leur choix d’invité ne devraient leurrer personne quant à leurs motivations réelles."

Comité Québec-Israël
Pourquoi la CSQ et les co-organisateurs de la Conférence de boycott d’Israël invitent-ils un antisémite notoire ?

Pourquoi les organisateurs et groupes de soutien de la Conférence montréalaise pour le boycott d’Israël s’associent-ils à Bongani Masuku, jugé par la Commission sud-africaine des droits de l’homme coupable de discours antisémite< ? Serait-ce parce que les propos haineux de Masuku concordent avec la nature même du mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) ?

La Coalition pour la Justice et la Paix en Palestine, qui réunit notamment la CSQ, la CSN, Alternatives, Québec Solidaire et l’AQOCI, est membre du comité organisateur de la Conférence BDS qui aura lieu à Montréal du 22 au 24 octobre prochains.

Il y a un an, au dernier Forum social québécois, le président de la CSQ Réjean Parent avait affirmé à propos de l’engagement de son syndicat en faveur du boycott d’Israël qu’il ne se laisserait pas intimider par des accusations d’antisémitisme. Lorsque Québec Solidaire a adopté en congrès une résolution de soutien à la campagne de boycott, Françoise David prétendu que la campagne ne visait pas « les juifs en tant que juifs ».

Soit, mais alors, pourquoi M. Parent et Mme David prêtent-ils eux-mêmes le flanc à des accusations d’agitation antisémite en associant leurs organisations respectives à un antisémite militant ?

Masuku est le secrétaire des Affaires internationales du syndicat sud-africain COSATU allié au Parti communiste d’Afrique du Sud. Le 28 septembre 2009, la Commission sud-africaine des droits de l’homme a statué que “les commentaires et les déclarations (de Masuku lors de manifestations et sur internet) sont de nature extrême, préconisent et impliquent que les communautés juive et israélienne méritent d’être méprisées, honnies, ridiculisées, les exposant ainsi à de mauvais traitements sur la base de leur appartenance religieuse”.

De plus, la Commission a jugé que Masuku « avait certainement l’intention d’inciter à la violence et à la haine » et que d’autres déclarations de Masuku étaient à caractère « intimidant et menaçant ». La Commission estime aussi que les propos de Masuku incitent « à la violence en vertu de la religion », qu’il est clair que « les expressions reviennent à la promotion de la haine » et que « les déclarations et commentaires de M. Masuku sont injurieux et répugnants aux yeux de la société ».

Il n’y a pas de campagne BDS contre les régimes qui se maintiennent au pouvoir par le viol systématique des droits de l’homme comme en Corée du Nord, en Birmanie, en Syrie, en Iran ou dans la bande de Gaza dominée par le Hamas. L’indignation outrancièrement sélective des organisateurs de la conférence et leur choix d’invité ne devraient leurrer personne quant à leurs motivations réelles.

Les membres de la CSQ, de Québec Solidaire et des autres syndicats impliqués dans cette conférence savent-ils seulement qu’on offre en leur nom une tribune à un raciste ? Il est encore temps pour la CSQ, ses co-organisateurs et les groupes de soutien de la conférence qui se réclament de la défense des droits de la personne et de la justice sociale de non seulement se dissocier de la conférence, mais de condamner les responsables de l’invitation à Masuku. M. Parent et ses coalisés pour la justice et la paix en Palestine pourront toujours se consoler en criant à l’intimidation s’ils le préfèrent, reste qu’il sera désormais clair pour tout esprit honnête de voir qui use d’intimidation et de haine.

Lire les propos haineux de M. Masuku et le jugement de la Commission sud-africaine des droits de l’homme

Les organisateurs et les groupes de soutien de la Conférence BDS incluent :

  • le Syndicat des travailleurs et travailleuses des Postes (STTP)
  • la Fédération des Femmes du Québec

la Coalition pour la justice et la paix en Palestine qui comprend :

  • la Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
  • la Confédération des syndicats nationaux (CSN)
  • Québec Solidaire
  • l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) qui compte l’ACDI et le ministère des Relations internationales du Québec parmi ses partenaires gouvernementaux.
  • la Fédération nationale des enseignants et des enseignantes du Québec (FNEEQ)
  • l’organisation islamiste Présence Musulmane
  • Tadamon, les militants pour la réhabilitation du Hezbollah au Canada L’Association al-Hidaya qui commémore chaque année « les martyrs de la résistance libanaise »
  • Alternatives

Vidéo bonus: Qu’est-ce que la campagne BDS ?