Attention, politicien au travail !La semaine dernière, une histoire a fait beaucoup de bruit au Hétutistan.

Dans le comté d’Obion, au Tennessee, les résidents doivent payer un tarif annuel de 75$ pour obtenir la protection d’un service d’incendie.  Un type n’a pas payé, les pompiers ont laissé sa maison brûlée.  Les étatistes ont sauté sur l’occasion pour clamer haut et fort que c’était une preuve que les idées libertariennes sont dangereuses.

Vraiment ?  Contrairement au gauchiste, tentons d’analyser la situation sous un angle rationnel plutôt qu’émotionnel.

Tout d’abord, précisions que cette situation ne reflète pas vraiment ce qui se passerait dans une société libertarienne.  Le service d’incendie concerné était public, il ne s’agissait pas d’une privatisation. De plus, le libertarianisme va bien au-delà de la mise en place d’un système utilisateur/payeur par un gouvernement, puisque les libertariens considèrent que c’est au marché, pas aux politiciens, de faire la gestion d’un tel système.

Mais jouons quand même le jeu des étatistes, car même en acceptant leurs fausses prémisses, leur raisonnement demeure tout aussi erroné.

D’abord une mise en contexte.  Dans le comté d’Obion, une région très rurale, il n’y avait aucun service d’incendie.  À deux reprises les années précédentes, des maisons ont brûlé sans que des pompiers puissent avoir la chance d’intervenir.  Pour corriger cette situation, les gens d’Obion ont demandé à la municipalité voisine de South Fulton, qui possède une caserne de pompier, de couvrir leur territoire.   Le maire de South Fulton a accepté de couvrir tous les résidants d’Obion qui accepteraient de payer un tarif de 75$.  Un résident a décidé de ne pas payer, sa maison a brûlé et la gauche est en émois.

Mais que serait-il arrivé si les pompiers avaient accepté de sauver la maison d’une personne qui avait décidé de ne pas payer le tarif ?  La réponse est simple, plus personne n’aurait payé le 75$ puisque tous les gens se seraient dit: « si ma maison brûle, les pompiers vont intervenir même si je n’ai pas payé ma cotisation ».   Conséquence: si personne ne paye sa cotisation, les services d’incendie seront sous-financés, l’équipement ne sera pas entretenu, il y aura moins de pompiers et on peut facilement envisager la disparition  de ce service.  Toute personne rationnelle peut ainsi comprendre qu’un service à 75$/an est hautement plus préférable à ne pas avoir de service du tout.

Autre élément d’information capitale dans cette histoire: quand l’incendie a menacé de se propager à une maison dont le propriétaire avait payé sa cotisation, les pompiers sont intervenus pour protéger cette dernière.  En bref, le système de cotisation a permis de sauver une des deux maisons des flammes.  Par contre, si l’on avait mis en place le système réclamé par les gauchistes du Hétutistan, ce n’est pas une, mais bien deux maisons qui auraient brûlé cette journée-là, tout simplement parce qu’il n’y aurait pas eu de service d’incendie pour répondre à l’appel.

Comme le disait Bastiat: « Dans la sphère économique, un acte, une habitude, une institution, une loi n’engendrent pas seulement un effet, mais une série d’effets. De ces effets, le premier seul est immédiat; il se manifeste simultanément avec sa cause, on le voit. Les autres ne se déroulent que successivement, on ne les voit pas. Entre un mauvais et un bon Économiste, voici toute la différence: l’un s’en tient à l’effet visible; l’autre tient compte et de l’effet qu’on voit et de ceux qu’il faut prévoir. »

Ce qu’on voit c’est la maison qui a brûlé, ce qu’on ne voit pas, ce sont les maisons qui ont été sauvées.