Dans le dossier de l’exploitation des gaz de schiste, de nombreuses personnes ont affirmé que le Québec devrait s’inspirer de la Norvège, c.-à-d. qu’on devrait tout nationaliser et créer un fond qui servirait à financer l’État québécois.  En bref, selon ce qu’on a pu entendre, le modèle norvégien ferait des miracles.

Voici une entrevue avec Siv Jensen, la chef du Parti Progressiste norvégien.  Ne soyez pas rebutés par le nom de cette formation politique puisque le Framstegspartiet est un parti « libéral classique » qui a fait de la promotion des libertés individuelles sa première priorité.

Fait intéressant, le 14 septembre dernier le Framstegspartiet est devenu l’opposition officielle au parlement norvégien.  Bien que le parti travailliste soit resté au pouvoir, la formation de Siv Jensen a augmenté sa députation pour conforter sa position de deuxième parti.

Pour ceux qui pensent que le système de santé québécois serait plus efficace si on adoptait le modèle norvégien, considérez ceci.

Au Québec, le gouvernement provincial dépense 2 314$ en soins de santé par habitant (US $, PPA). La Norvège est le pays industrialisé qui dépense le plus par habitant en soins de santé. Dans ce pays la facture s’élève à 4 005$ (US $, PPA).

Malgré des dépenses qui sont presque 2 fois supérieures à celles du Québec, les hôpitaux norvégiens sont sous-financés, sous-équipés et les listes d’attente s’allongent. De plus, malgré l’injection massive de deniers publics dans le système de santé norvégien, celui-ci est toujours considéré comme inéquitable.

Bref, plus on donne d’argent aux bureaucrates, plus ils le gaspillent.

Somme toute, j’échangerais bien Pauline Marois pour Siv Jenson, mais je doute que les Norvégiens acceptent cette transaction.

À lire aussi, mes billets sur le modèle suédois: ici & ici.