Méchant LibertarienLe lancement du Réseau Liberté-Québec aurait dû être une excellente nouvelle pour la droite au Québec.  Enfin un organisme avec pour missions de fédérer la droite québécoise dans le but de faciliter la diffusion d’idées allant à l’encontre de la pensée unique.  Avec des journalistes comme Patrick Lagacé, qui affirme ouvertement mépriser toute personne osant remettre en question le « consensus social » québécois, un tel organisme est essentiel pour rééquilibrer le débat.

Par contre, j’ai rapidement déchanté suite à 2 entrevues données par Joanne Marcotte.  Premièrement, sur les ondes d’une radio de Québec, elle a affiché son dédain par rapport aux Tea Parties américains en prêtant de fausses intentions à ce mouvement citoyen qui devrait pourtant nous inspirer.  Quelques jours plus tard, au micro de Benoit Dutrizac, elle a été encore plus loin en qualifiant les libertariens de « tarla » et d’extrémistes.

Dans les 2 cas, la stratégie est assez simple: pour pouvoir mieux vendre son message aux médias gauchistes, on isole un groupe particulier de gens de droite pour ensuite les diaboliser.  Une fois cela accompli, on peut se donner le beau rôle en disant qu’on est de gentils modérés puisqu’on a rejeté les idées des méchants extrémistes.  Bref, pour plaire aux médias on sacrifie un allié et avec ce sacrifice on espère devenir plus fréquentable.

Éric Caire avait utilisé la même stratégie lors de la course au leadership de l’ADQ.  Il avait diabolisé Jean-François Plante pour ensuite être en mesure de dire: « voyez comme je suis un bon gars, mes idées sont mainstream par rapport à celle de Jean-François, je suis donc un modéré et les gens aiment les modérés ».

Le Réseau Liberté-Québec dit avoir pour mission de « favoriser le réseautage de tous les Québécois qui partagent des idéaux de liberté et de responsabilité individuelles ».  Désolé, mais on ne favorise pas le réseautage en pratiquant la politique du « wedge issue ».

On dira ce qu’on veut de Québec Solidaire, mais ils n’ont jamais envoyé des alliés gauchistes à l’abattoir dans le but de devenir plus présentables, tout comme ils n’ont jamais dilué leur discours pour se présenter comme des modérés.   Le résultat ?  Avec un seul député à l’Assemblée Nationale, Québec Solidaire a réussi là où l’ADQ a échoué avec ses 41 députés, c.-à-d. qu’ils ont été capables de faire la pédagogie de leurs idées.